LES DEUX AMIS, ACTE III, SCÈNE V
PAULINE , avec effroi.
Il va se perdre.
MÉLAC PÈBE saisit te bras de son fils. Qu'avez-vous dit ?
MÉLAC FILS , hors de lui.
J'ai dit. . . ( // se retient pour cacher son projet. ) que je ne vis jamais tant de cruauté.
f 11 sort. )
SCÈlNE IV.
AURELLY, PAULINE, MÉLAC pÈbe.
PAULiiNE , /e regardant aller avec effroi. Ciel ! détournez les malheurs qui nous menacent aujourd'hui !
AURELLY.
Il s'obstine au silence , et je ne puis rien découvrir.
PAULINE , à Mélac père.
Ah ! mon bon ami , pourquoi craignez-vous de déposer votre secret dans le sein de mon oncle ? 11 vous aime de si bonne foi !
AURELLY, indigné.
INIoi! je l'aime?
PAULINE, avec ardeur.
Oui, vous l'aimez : ne vous en défendez pas.
AURELLY , douloureusement.
Eh bien ! oui , je Taime, et c'est ma honte; mais je ne l'estime plus; voilà mon malheur. 11 m'est affreux de renoncer à l'opinion que j'avais de lui. La perte entière de ma fortune m'eût été moins sensible.
MÉLAC PÈRE , attendri.
Aurelly , attends quelques jours avant de juger ton ami. Ta généreuse colère me pénètre de respect. Crois que, sans les plus fortes raisons...
AURELLY.
En est-il contre mes instances ? Parle , malheureux ! Coupable ou non , si je puis te servir ! . . .
PAULINE
Voyez la douleur où vous nous plongez.
MÉLAC PÈRE , pénétré.
Mes chers amis , l'honneur me défend de parler. Je ne suis pas encore coupable ; je le deviendrais , si je restais ici plus longtemps. La moindre indiscrétion... Ce moment difficile ne peut-il être justifié par ma constante amitié pour vous ? Croyez que , pour se plaire avec d'aussi honnêtes gens , il faut l'ctro soi-même.
( Il sort. )