‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 112 sur 630 · AU KELLY · texte numérisé non relu

AU KELLY

Elle en a mis beaucoup.

SAI^T-ALBAN

A-t-on trouvé les fonds?

ATJRELLY.

J'en fais bon pour Mélac.

SAI?iT-ALBAN.

Vous payez les cinq cent mille francs?

AURELLY.

Cent mille écus que j'emprunte, le reste à moi; le tout en un mandat sur mon correspondant de Paris , payable à votre arrivée.

SAI^T-ALBA^ , à part.

Le mariage est certain , on ne fait pas de tels sacrifices... {Haut.) J'admire votre générosité. .Te recevrai la somme que vous offrez; mais... je ne puis me dispenser de rendre compte. . .

Quelle nécessité?...

SAI>T-ALBA^

Ce que vous faites pour Mélac ne le lave pas de l'abus de confiance dont il s'est rendu coupable.

AUBELLY.

Lorsqu'on ne vous fait rien perdre ?. . .

SAI^T-ALBAN

La même chose peut arriver encore , et vous ne serez pas toujours d'humeur...

AUBELLY.

Eu ce cas, monsieur... je reprends ma parole : c'est son honneur seid qui me touche ; et, si je ne le sauve pas en acquittant sa dette , il est inutile que je me dépouille gratuitement.

SAIIN'T-ALBAX.

Vous désapprouvez ma conduite ?

AUBELLY.

Je n'entends rien à votTC politique. Que iNIélac soit coupable de mauvaise foi , ou seulement d'imprudence, en rejetant mes conditions vous risquez...

SAIM-ALBA??.

Je ne les rejette pas ; mais il faut m'expliquer.

AUBELLY.

récouttj.

SAINT-ALBA>

\'ous voulez sa grâce entière ?

Sans restriction.

SAIJST-ALBAN.

.Tirai, pour vous obliger, jusqu'au dernier terme df mon pouvoir.

AUBELLY.

Quelle étendue y donnez-vous ?

SAÎ?iT-ALBA!N'.

n'exigez pas que je sauve sa réputation aux dépens de mon honneur?

AUBELLY.

Il y aurait encore plus d'absurdité que d'injustice à le proposer.

SAINT-ALBAN

Les intérêts de la compagnie à couvert par vos offres , on peut faire grâce à votre homme de l'opprobre qu'il a mérité ; mais je deviendrais coupable , si je lui confiais plus longtemps une recette...

AUBELLY.

Vous lui ôtez sa place !

SAINT-ALBAN

La lui laisseriez-vous ?

AUBELLY.

Ah ! monsieur, je vous prie...

Faites un pas de plus.

AUBELLY.

Comment?

SAIM-ALBAN.

Vous avez de l'honneur : osez me le conseiller. {Jurellij baisse la tête sans répondre.) J'espère que vous distinguerez ce que je puis accorder, et ce que le devoir m'interdit; j'accepte l'argent: je me tairai : mais j'exige qu'il se défasse à l'instant de son emploi , sous le prétexte qu'il voudra.

AUBELLY.

J'avoue qu'il n'est pas digne de le garder ; mais son fils ? cette survivance ? tant de démarches pour l'obtenir?...

SAINT-.ALBAN

Son fils ! qui nous en répondrait ?

AUBELLY.

Moi.

SAi:VT-ALB\N.

C'est beaucoup faire pour eux.

AUBELLY.

J'ai vingt moyens de m'assurer de lui.

SAINT-ALBAN , rêvaut.

J'avoue que... je... je n'ai point d'objection personnelle contre le jeune homme : et, dans le dessein où je suis de vous demander une grâce pour moi-même...

Je pourrais vous obliger ?

SATNT-ALBAN.

Sur un point de la plus haute importance.

AUBELLY , vivement.

Tenez-moi pour déshonoré , si je vous refuse.

SAIIVT-ALBAN.

Puisque vous m'encom'agez , je vais parler. Vous connaissez ma fortune , mes mœurs ; vous avez une nièce adorable; elle m'a charmé; je l'aime, et je vous demande sa main . comme la plus précieuse fa-

Cdle que vous y donneriez vous-même, ^'ous i veur.

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