AU KELLY
Elle en a mis beaucoup.
SAI^T-ALBAN
A-t-on trouvé les fonds?
ATJRELLY.
J'en fais bon pour Mélac.
SAI?iT-ALBAN.
Vous payez les cinq cent mille francs?
AURELLY.
Cent mille écus que j'emprunte, le reste à moi; le tout en un mandat sur mon correspondant de Paris , payable à votre arrivée.
SAI^T-ALBA^ , à part.
Le mariage est certain , on ne fait pas de tels sacrifices... {Haut.) J'admire votre générosité. .Te recevrai la somme que vous offrez; mais... je ne puis me dispenser de rendre compte. . .
Quelle nécessité?...
SAI>T-ALBA^
Ce que vous faites pour Mélac ne le lave pas de l'abus de confiance dont il s'est rendu coupable.
AUBELLY.
Lorsqu'on ne vous fait rien perdre ?. . .
SAI^T-ALBAN
La même chose peut arriver encore , et vous ne serez pas toujours d'humeur...
AUBELLY.
Eu ce cas, monsieur... je reprends ma parole : c'est son honneur seid qui me touche ; et, si je ne le sauve pas en acquittant sa dette , il est inutile que je me dépouille gratuitement.
SAIIN'T-ALBAX.
Vous désapprouvez ma conduite ?
AUBELLY.
Je n'entends rien à votTC politique. Que iNIélac soit coupable de mauvaise foi , ou seulement d'imprudence, en rejetant mes conditions vous risquez...
SAIM-ALBA??.
Je ne les rejette pas ; mais il faut m'expliquer.
AUBELLY.
récouttj.
SAINT-ALBA>
\'ous voulez sa grâce entière ?
Sans restriction.
SAIJST-ALBAN.
.Tirai, pour vous obliger, jusqu'au dernier terme df mon pouvoir.
AUBELLY.
Quelle étendue y donnez-vous ?
SAÎ?iT-ALBA!N'.
n'exigez pas que je sauve sa réputation aux dépens de mon honneur?
AUBELLY.
Il y aurait encore plus d'absurdité que d'injustice à le proposer.
SAINT-ALBAN
Les intérêts de la compagnie à couvert par vos offres , on peut faire grâce à votre homme de l'opprobre qu'il a mérité ; mais je deviendrais coupable , si je lui confiais plus longtemps une recette...
AUBELLY.
Vous lui ôtez sa place !
SAINT-ALBAN
La lui laisseriez-vous ?
AUBELLY.
Ah ! monsieur, je vous prie...
Faites un pas de plus.
AUBELLY.
Comment?
SAIM-ALBAN.
Vous avez de l'honneur : osez me le conseiller. {Jurellij baisse la tête sans répondre.) J'espère que vous distinguerez ce que je puis accorder, et ce que le devoir m'interdit; j'accepte l'argent: je me tairai : mais j'exige qu'il se défasse à l'instant de son emploi , sous le prétexte qu'il voudra.
AUBELLY.
J'avoue qu'il n'est pas digne de le garder ; mais son fils ? cette survivance ? tant de démarches pour l'obtenir?...
SAINT-.ALBAN
Son fils ! qui nous en répondrait ?
AUBELLY.
Moi.
SAi:VT-ALB\N.
C'est beaucoup faire pour eux.
AUBELLY.
J'ai vingt moyens de m'assurer de lui.
SAINT-ALBAN , rêvaut.
J'avoue que... je... je n'ai point d'objection personnelle contre le jeune homme : et, dans le dessein où je suis de vous demander une grâce pour moi-même...
Je pourrais vous obliger ?
SATNT-ALBAN.
Sur un point de la plus haute importance.
AUBELLY , vivement.
Tenez-moi pour déshonoré , si je vous refuse.
SAIIVT-ALBAN.
Puisque vous m'encom'agez , je vais parler. Vous connaissez ma fortune , mes mœurs ; vous avez une nièce adorable; elle m'a charmé; je l'aime, et je vous demande sa main . comme la plus précieuse fa-
Cdle que vous y donneriez vous-même, ^'ous i veur.