SCÈNE VI
SAINT ALBA^, MÉLAC fils, AURELLY, PAULINE.
AURELLY, accoutrait.
On se querelle ici! Mélac ?
sAiNT-ALBAN , ap7'és un pcu (le siknce. Non, monsieur, on est d'accord. Vous m'avez assuré que vous laissiez mademoiselle absolument libre sur le choix d'un époux : ce choix est fait. ( ./ Pauline.) Non , je n'établirai point mon bonlieur sur d'aussi douloureux sacrifices. Il n'en serait plus un pour moi , s'il vous cotîtait le vôtre. MÉLAC FILS , pénétré.
Qu'entend s-je? Ah monsieur!
Faisons la paix, mon heureux rival .Te pouvais épouser une femme adorable , dont l'honneur et la géùérosité eussent assuré mon repos; mais son cœur est à vous.
Combien je suis coupable !
SAINT-ALBAN
Amoureux : et les plus ardents sont ceux qui offensent le moins. J'étais moi-même injuste. AUBELLY, à Pauline.
Tu l'aimais donc?
PAULINE, baisant la main de son père.
Ce jour m'a éclairée sur tous mes sentiments.
AURELLY.
Mes enfants , vous êtes bien sûrs de moi : mais abuserons-nous du service que nous rendons à son père, pour lui arracher un consentement que sa fierté désavouera peut-être ?
PAULINE
Ah ! quelle triste lumière ! ai-je pu m'aveugler b w point ?
Pauline, vous savez s'il vous chérit!
SAINT-ALBAN, ClMélac.
Priez-le de passer ici ; n'armez pas son âme , en le prévenant , contre les coups qu'on va lui porter. Ne lui dites rien...
Monsieur, vous tenez ma vie en vos mains
Tu perds im temps précieux.
( Mélac sort. /