‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 137 sur 630 · SCÈNE If · texte numérisé non relu

SCÈNE If

FIGARO, LE COMTE cache

FIGARO , une guitare sur le dos attachée en bandoulière avec un large ruban; il chantonne gaiement, un papier et un crayon à la main.

Bannissons le chagrin ,

II nous consume :

Sans le feu du bon vin

Qui nous rallume, Réduit à languir, L'homme sans plaisir Vivrait comme un sot, Et mourrait bientôt...

Ju.sque-là ceci ne va pas mal , hein , hein.

Et mourrait bientôt.

Le vin et la paresse Se disputent mon cœur...

Eh non ! ils ne se le disputent pas , ils y régnent paisiblement ensemble...

Se partagent... mon cœur...

Dit-on se partagent?... Eh mon Dieu! nos faiseurs d'opéras-comiques n'y regardent pas de si près. Aujourd'hui , ce qui ne vaut pas la peine d'être dit , on le chante.

( Il chante. )

Le vin et la paresse

Se partagent mon cœur...

Je voudrais finir par quelque chose de beau , de brillant, de scintillant, qui eût l'air d'une pensée. ( Il met un genou en terre et écrit en chantant. )

Se partagent mon cœur :

Si l'une a ma tendresse...

L'autre fait mon bonheur

Fi donc ! c'est plat. Ce n'est pas ça. . . II me faut une opposition , une antithèse :

.Si l'une... est ma maîtresse, L'autre...

Eh^parbleujj'y suis...

L'autre est mon serviteur.

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