SCÈNE If
FIGARO, LE COMTE cache
FIGARO , une guitare sur le dos attachée en bandoulière avec un large ruban; il chantonne gaiement, un papier et un crayon à la main.
Bannissons le chagrin ,
II nous consume :
Sans le feu du bon vin
Qui nous rallume, Réduit à languir, L'homme sans plaisir Vivrait comme un sot, Et mourrait bientôt...
Ju.sque-là ceci ne va pas mal , hein , hein.
Et mourrait bientôt.
Le vin et la paresse Se disputent mon cœur...
Eh non ! ils ne se le disputent pas , ils y régnent paisiblement ensemble...
Se partagent... mon cœur...
Dit-on se partagent?... Eh mon Dieu! nos faiseurs d'opéras-comiques n'y regardent pas de si près. Aujourd'hui , ce qui ne vaut pas la peine d'être dit , on le chante.
( Il chante. )
Le vin et la paresse
Se partagent mon cœur...
Je voudrais finir par quelque chose de beau , de brillant, de scintillant, qui eût l'air d'une pensée. ( Il met un genou en terre et écrit en chantant. )
Se partagent mon cœur :
Si l'une a ma tendresse...
L'autre fait mon bonheur
Fi donc ! c'est plat. Ce n'est pas ça. . . II me faut une opposition , une antithèse :
.Si l'une... est ma maîtresse, L'autre...
Eh^parbleujj'y suis...
L'autre est mon serviteur.