‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 173 sur 630 · LK BARBIER DE SËVILLE, ACTE ITI, SCÈNE V · texte numérisé non relu

LK BARBIER DE SËVILLE, ACTE ITI, SCÈNE V

de me i)ajer mes cent écus et les intérêts sans lanterner ; je vous en avertis.

FIGABO.

Doutez-vous de ma probité , monsieur ? Vos cent écus ! j'aimerais mieux vous les devoir toute ma vie, que de les nier un seul instant.

BARTHOLO

Et dites-moi un peu comment la petite Figaro a tr(juvé les bonbons que vous lui avez portés ?

FIGARO

Quels bonbons ? que voulez-vous dire ?

BARTHOLO

Oui , ces bonbons, dans ce cornet fait avec cette feuille de papier à lettre , ce matin.

Diable emporte si...

ROSINE , l'interrompant.

Avez-vous eu soin au moins de les lui donner de ma part , monsieur Figaro? Je vous l'avais recommandé.

FIGARO

Ah, ah! les bonbons de ce matin? Que je suis béte, moi! j'avais perdu tout cela de vue... Oh! excellents, madame, admirables.

BARTHOLO

Excellents ! admirables ! Oui , sans doute , monsieur le barbier, revenez sur vos pas ! Vous faites là un joli métier, monsieur !

FIGARO

Qu'est-ce qu'il a donc , monsieur?

BARTHOLO

Et qui vous fera une belle réputation , monsieur !

FIGARO

Je la soutiendrai, monsieur.

BARTHOLO

Dites que vous la supporterez , monsieur.

FIGARO

Comme il vous plaira , monsieur.

BARTHOLO

Vous le prenez bien haut, monsieur! Sachez que quand je dispute avec un fat, je ne lui cède jamais. FIGARO lui toxirne le dos.

ÎVous différons en cela , monsieur ; moi , je lui cède toujorm-s.

BARTHOLO

tlein, qu'est-ce qu'il dit donc , bachelier?

FIGARO

C'est que vous croyez avoir affaire à quelque barbier de village , et qui ne sait manier que le rasoir? Apprenez , monsieur, que j'ai travaillé de la plume à Madrid , et que, sans les envieux...

BARTHOLO

Et ! que n'y restiez-vous , sans venir ici changer de profession?

FIGARO

On fait comme on peut : mettez-vous à ma place.

BARTHOLO

Me mettre à votre place! Ah! parbleu,, je dirais de belles sottises !

FIGARO

Monsieur, vous ne commencez pas trop mal; je m'en rapporte à votre confrère qui est là rêvassant...

LE COMTE , revenant à lui.

Je... je ne suis pas le confrère de monsieur.

FIGARO

Non ! Vous voyant ici à consulter, j'ai pensé que vous poursuiviez le même objet.

BARTHOLO , €71 COlère.

Enfin , quel sujet vous amène ? Y a-t-il quelque lettre à remettre encore ce soir à madame? Parlez, faut-il que je me retire?

FIGARO

Comme vous rudoyez le pauvre monde ! Eh ! parbleu , monsieur, je viens vous raser, voilà tout : n'est-ce pas aujourd'hui votre jour?

BARTHOLO

Vous reviendrez tantôt.

FIGARO

Ah ! oui , revenir! toute la garnison prend médecine demain matin , j'en ai obtenu l'entreprise par mes protections. Jugez donc comme j'ai du temps à perdre ! Monsieur passe-t-il chez lui?

BARTHOLO

Non, monsieur ne passe point chez lui. Eh mais. . . qui empêche qu'on ne me rase ici ?

ROSINE, avec dédain.

Vous êtes honnête! Et pourquoi pas dans mon .appartement ?

BARTHOLO

Tu te fâches? Pardon , mon enfant, tu vas achever de prendre ta leçon , c'est pour ne pas perdre un instant le plaisir de l'entendre.

FIGARO, bas au comte.

On ne le tirera pas d'ici! {Haut .) kWons ., l'Éveillé, la Jeunesse, le bassin, de l'eau, tout ce qu'il faut à monsieur !

Sans doute, appelez-les! Fatigués, harassés, moulus de votre façon , n'a-t-ii pas fallu les faire coucher ?

FIGARO

Eh bien ! j'irai tout chercher. N'est-ce pas dans votre chambre? {Bas au comte.) Je vais l'attirer dehors.

BARTHOLO dêtache son trousseau fie clejs, et dit par 7'fJîe.rio?i :

Non, non, j'y vais moi-même. {Sas au comte, en s'en allant.) Ayez les yeux sur eux , je vous prie.

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