‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 191 sur 630 · PRÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

PRÉCÉDENTS

BARTHOLO voitlecomte baiser la main de Rosine, et Figaro qui embrasse grotesguement don Basile; il crie, en prenant le notaire à la gorge : Rosine avec ces fripons ! Arrêtez tout le monde.

J'en tiens un au collet.

LE NOTAIRE

C'est votre notaire.

BASILE

C'est votre notaire. Vous moquez-vous:*

BARTHOLO

Ah ! don BasUe! eh ! comment êtes-vous ici.?

BASILE

Mais plutôt vous, comment n'y êtes-vous pas?

l'alcade, montrant Figaro.

Un moment; je connais celui-ci. Que viens-tu faire eu cette maison à des heures indues?

FIGARO

Heure indue ? INIonsieur voit bien qu'il est aussi près du matin que du soir. D'ailleurs je suis de la compagnie de son excellence monseigneur le comte Almaviva.

Almaviva !

l'alcade.

Ce ne sont donc pas des voleurs ?

BARTHOLO

Laissons cela. — Partout ailleurs , monsieur le comte, je suis le serviteur de votre excellence ; mais vous sentez que la supériorité du rang est ici sans force. Ayez , s'il vous plaît , la bonté de vous retirer.

Oui, le rang doit être ici sans force; mais ce qui en a beaucoup est la préférence que mademoiselle vient de m'accorder sur vous , en se donnant à moi volontairement.

BARTHOLO

Que dit-il, Rosine?

ROSÎNB-

II dit vrai. D'où naît votre étonnement? N'e devais-je pas cette nuit même être vengée d'un trompeur? Je le suis.

BASILE

Quand je vous disais que c'était le comte lui-même, docteur ?

BARTHOLO

Que m'importe à moi ? Plaisant mariage! Où sont les témoins ?

LE NOTAIRE

11 n'y manque rien. Je suis assisté de ces deux messieurs.

BARTHOLO

Comment, Basile! vous avez signé?

BASILE

Que voulez-vous? ce diable d'hom.me a toujours ses poches pleines d'arguments irrésistibles.

BARTHOLO

.Te me moque de ses arguments. J'userai de mon autorité.

Vous l'avez perdue en en abusant.

BARTHOLO

La demoiselle est mineure.

FIGARO

Elle vient de s'émanciper.

BARTHOLO

Qui te parle à toi , maître fripon ?

Mademoiselle est noble et belle ; je suis homme de qualité, jeune et riche ; elle est ma femme : à ce titre , qui nous honore également , prétend-on me la disputer ?

BARTHOLO

Jamais on ne l'ôtera de mes mains.

Elle n'est plus en votre pouvoir. Je la mets sous l'autorité des lois ; et monsieur, que vous avez amené vous-même, la protégera contre la violence que vous voulez lui faire. Les vrais magistrats sont les soutiens de tous ceux qu'on opprime.

l'alcade.

Certainement. Et cette inutile résistance au plus honorable mariage indique assez sa frayeur sur la mauvaise administration des biens de sa pupille , dont Q faudra qu'il rende compte

le COMTE.

Ah ! qu'il consente à tout , et je ne lui demande rien.

FIGARO

Que la quittance de mes cent écus : ne perdons pas la tête.

BARTHOLO, irrité.

Ils étaient tous contre moi; je me suis fourré la tête dans un guêpier.

Page 1