‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 206 sur 630 · LE MARIAGE DE FTGARO, ACTE I, SCÈNE TX · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DE FTGARO, ACTE I, SCÈNE TX

BASILE la contrefait .

Cherubino di amore , qui tourne autour de vous sans cesse, et qui ce matin encore rôdait ici pour y entrer, quand je voas ai quittée. Dites que cela n'est pas \Tai ?

SUZANNE

Quelle imposture: Allez-vous-en , méchant homme!

BASILE

On est un mécliant homme , parce qu'on y voit clair. N'est-ce pas pour vous aussi cette romance dont il fait mystère.^

SUZANNE , en colère.

Ah ! oui , pour moi !

BASILE

A moins qu'il ne l'ait composée pour madame ! En effet, quand il sert à table on dit qu'il la regarde avec des yeux !.. Mais peste, qu'il ne s'y joue pas ; monseigneur est brutal sur l'article.

SUZANNE, outrée.

Et vous bien scélérat , d'aller semant de pareils bruits pour perdre un malheureux enfant tombé dans la disgrâce de son maître.

L'ai-je inventé? Je le dis, parce que tout le monde en parle.

LE COMTE se lève.

Comment, tout le monde en parle!

SUZANNE *

Ah ciel !

BASILE

Ha , ha !

Courez , Basile , et qu'on le chasse.

BASILE

Ah ! que je suis fâché d'être entré ! SUZANNE , troublée.

Mon dieu ! mon dieu !

LE COMTE , à Basile.

Elle est saisie. Asseyons-là dans ce fauteuil.

SUZANNE le repousse virement.

Je ne veux pas m'asseoir. Entrer ainsi librement , c'est indigne !

Nous sommes deux avec toi , ma chère. Il n'y a plus le moindre danger !

BASILE

Moi je suis désolé de m'être égayé sur le page , puisque vous l'entendiez ; je n'en usais ainsi que pour pénétrer ses sentiments; car au fond...

Cinquante pistoles , un cheval , et qu'on le renvoie â ses parents.

BASILE

ftlonseigneur, pour un badinage.^

* Chéri-.liin dans: h- fdvteiiil , |p mmtc, Suzanne, Basile.

Un petit libertin que j'ai surpris encore hier avec la fd le du jardinier.

BASILE

Avec Fanchette ?

Et dans sa chambre.

SUZANNE, outrée.

Où monseigneur avait sans doute affaire aussi .'

LE COMTE , gaiement.

J'en aime assez la remarque.

BASILE

Elle est d'un bon augure.

LE COMTE, gaiement.

Mais non ; j'allais chercher ton oncle Antonio , mon ivrogne de jardinier, pour lui donner des ordres. Je frappe , on est longtemps à m'ouvrir ; ta cousine a l'air empêtré, je prends un soupçon, je lui parle , et, tout en causant , j'examine. Il y avait derrière la porte une espèce de rideau, de portemanteau, de je ne sais pas quoi, qui couvTait des bardes : sans faire semblant de rien, je vais doucement, doucement lever ce rideau, [pour imiter le geste il lève la robe du fauteuil. ) et je vois... (// aperçoit le page.) Ah!...

BASILE *

Ha, ha!

Ce tour-ci vaut l'autre.

BASILE

Encore mieux.

LE COMTE , à Suza?i7ie.

A merveille , mademoiselle : à peine fiancée , vous faites de ces apprêts ? C'était pour recevoir mon page que vous désiriez d'être seule.' Et vous, monsieur, qui ne changez point de conduite , il vous manquait de vous adresser, sans respect pour votre marraine, à sa première camériste , à la femme de votre ami ! Mais je ne souffrirai pas que Figaro , qu'un homme que j'estime et que j'aime, soit victime d'une pareille tromperie. Était-il avec vous, Basile .' SUZANNE , outrée.

Il n'y a tromperie ni victime ; il était là lorsque vous me parliez.

LE COMTE , emporté.

Puisses-tu mentir en le disant! son plus cruel ennemi n'oserait lui souhaiter ce malheur.

SUZANNE

Il me priait d'engager madame à vous demander sa grâce. Votre arrivée l'a si fort troublé, qii'il s'est masqué de ce fauteuil.

LE COMTE , en colère.

Ruse d'enfer! je m'y suis assis en entrant.

Hélas , uionseigneur, j'étais tremblant derrière.

^ Siunnnc, r.ti(Tu!)in diDis h- fittitfuil , le Comte, Basile.

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