‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 227 sur 630 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

LE COMTE, LA C03ITESSE; SUZANNE entre avec des hardes et pousse la porte du fond.

Ils en seront plus aisés à détruire. ( // crie en regardant du côté du cabinet :) Sortez , Suzon ; je vous l'ordonne.

(Suzanne s'arrête auprès de l'alcôve dans le fond.) LA COMTESSE.

Elle est presque nue , monsieur : vient-on troubler ainsi des femmes dans leur retraite? Elle essayait des hardes que je lui donne en la mariant; elle s'est enfuie , quand elle vous a entendu.

Si elle craint tant de se montrer, au moins elle peut parler. (// se tourne vers la porte du cabinet. ) Répondez-moi, Suzanne; êtes-vous dans ce cabinet?

tSuzanne, restée au fond, se jette dans l'alcôve et s'y cache.) LA COMTESSE, vivement , tournée vers le cabinet.

Suzon , je vous défends de répondre. [Au comte.) On n'a jamais poussé si loin la tyrannie !

LE COMTE s'avance vers le cabinet.

Oh ! bien, puisqu'elle ne parle pas, vêtue ou non , jf la verrai.

LA COMTESSE sc met au-devant.

Partout ailleurs je ne puis l'empêcher; mais j'espère aussi que chez moi...

Et moi j'espère savoir dans un moment quelle est cette Suzanne mystérieuse. Vous demander la clef serait , je le vois , inutile : mais il est un moyen sûr de jeter en dedans cette légère porte. Holà , quelqu'un !

Attirer vos gens , et faire un scandale public d'un soupçon qui nous rendrait la fable du château !

Fort bien , madame. En effet , j'y suffirai ; je vais à l'instant prendre chez moi ce qu'il faut... (// marche pour sortir, et revient.) Mais, pour que tout reste au même état , voudrez-vous bien m'accompagner sans scandale et sans bruit , puisqu'il vous déplaît tant ?. . . Une chose aussi simple , apparemment , ne me sera pas refusée.

LA COMTESSE, troubléc.

Eh! monsieur, qui songe à vous contrarier ?

Ah ! j'oubliais la porte qui va chez vos femmes ; il faut que je la ferme [aussi, pour que vous soyez pleinement j ustifiée .

(Il va fermer la porte du fond et en ôte la clef.) LA COMTESSE , à part.

O ciel ! étourderie funeste !

LE COMTE , revena7it à elle.

Maintenant que cette chambre est close , acceptez mon bras , je vous prie ; ( il élève la voix ) et quant à la Suzanne du cabinet, il faudra qu'elle ait la bonté de m' attendre ; et le moindre mal qui puisse lui arriver à mon retour...

En vérité , monsieur, voilà bien la plus odieuse aventure...

(Le comte l'emmène, et ferme la porte, à la clef.)

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