LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE II, SCÈNE XXII
avouer ma bêlise , j'ai sauté sans réflexion sur les
couches , où je nie suis même un peu foulé le pied
droit.
(Il frotte son pied.)
ANTONIO
Puisque c'est vous , il est juste de vous rendre ce brimborion de papier qui a coulé de votre veste en tombant.
LE COMTE se jette dessus.
Donne-le-moi.
(11 ouvre le papier et le referme.)
FIGABO , à part.
Je suis pris.
LE COMTE , à Figaro.
La frayeur ne vous aura pas fait oublier ce que contient ce papier, ni comment il se trouvait dans votre poche ?
FIGARO , embarrassé, fouille dans ses poches et en tire des papiers.
Non sûrement... Mais c'est que j'en ai tant! Il faut répondre à tout... {Il regarde un des papiers.) Ceci? ah ! c'est une lettre de Marceline, en quatre pages ; elle est belle !... Ne serait-ce pas la requête de ce pauvre braconnier en prison h . . Non, la voici. . . J'avais l'état des meubles du petit château , dans l'autre poche...
(Le comte rouvre le papier qu'il tient.) LA COMTESSE, bas à Suzanne.
Ah dieux ! Suzon , c'est le brevet d'ofûcier.
SUZANNE, bas à Figaro.
Tout est perdu , c'est le brevet.
LE COMTE replie le papier.
Eh bien ! l'homme aux expédients , vous ne devinez pas ?
ANTONIO , s' approchant de Figaro *.
Monseigneur dit , si vous ne devinez pas ?
FIGARO le repousse.
Fi donc ! vilain , qui me parle dans le nez !
Vous ne vous rappelez pas ce que ce peut être ?
FIGARO
A, a, a, ahl jjovero! ce sera le brevet de ce malheureux enfant , qu'il m'avait remis , et que j'ai oublié de lui rendre. O , o, o, oh! étourdi que je suis ! que fera-t-il sans son brevet ? Il faut courir. . .
Pourquoi vous l'aurait-il remis ?
FIGARO , embarrassé.