‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 272 sur 630 · LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE IV, SCÈNE X · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE IV, SCÈNE X

Préférant au plaisir la plus noble victoire ,

H vous rend chaste et pure aux mains de votre époux.

Suzanne est à genoux , et , pendant les deux derniers vers du duo , elle tire le comte par son manteau , et lui montre le billet qu'elle tient ; puis elle porte la main qu'elle a du côté des spectateurs à sa tète, où le comte a l'air d'ajuster sa toque ; elle lui donne le billet.

Le comte le met furtivement dans son sein ; on aciiève de chanter le duo; la fiancée se relève, et lui fait une grande révérence.

Figaro \ient la recevoir des mains du comte, et se retire avec elle de l'autre côté du salon, près de Marceline.

{On danse une autre reprise du fandango pendant ce temps.)

Le comte , pressé de lire ce qu'il a reçu , s'avance au bord du théfttre, et tire le papier de son sein; mais, en le sortant, il fait le geste d'un homme qui s'est cruellement piqué le doigt : il le secoue, le presse, le suce, et, regardant le papier cacheté d'une épingle, il dit :

(Pendant qu'il parle, ainsi que Figaro, l'orchestre joue pianissimo.)

Diantre soit des femmes , qui fourent des épingles partout!

(Il la jette à terre, puis il lit le billet et le baise.) FIGARO, qtd a tout vu, dit à sa mère et à Suzanne :

C'est un billet doux qu'une fillette aura glissé

dans sa main en passant. Il était cacheté d'une

épingle , qui Ta outrageusement piqué.

(La danse reprend. Le comte, qui a lu le billet le retourne; il y voit l'invilation de renvoyer le cachet pour réponse. Il cherche à terre , et retrouve enlin l'épingle ^ qu'il attache à sa manche.)

FIGARO , à Suzanne et à Marceline.

D'un objet aimé tout est cher. Le voilà qui ramasse l'épingle. Ah ! c'est une drôle de tête !

(Pendant ce temps, Suzanne a des signes d'Intelligence avec la comtesse. La danse finit; la ritournelle du duo recommence.)

(Figaro conduit Marceline au comte, ainsi qu'on a conduit Suzanne; à l'instant où le comte prend la toque, et où l'on va chanter le duo , on est interrompu par les cris suivants :)

l'huissier , criant à la porte.

Arrêtez donc , messieurs vous ne pouvez entrer tous... Ici les gardes, les gardes !

(Les gardes vont vite à cette porte.) LE COMTE se levant.

Qu'est-ce qu'il y a ?

l'huissier.

]\ïonscigneur, c'est monsieur Basile entouré d'un village entier, parce qu'il chante en marchant. le comte.

Qu'il entre seul.

LA comtesse.

Ordonnez moi de me retirer.

LA comte.

.Te n'oublie pas votre complaisance.

LE comtesse.

Suzanne!... elle reviendra. {A part, à Suzanne.) A lions changer d'habits.

(File sort avec Suzanne.)

MARCELINE

Il n'arrive jamais que pour nuire.

FIGARO

Ah ! je m'en vais vous le faire déchanter

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