‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 300 sur 630 · TOUS LES ACTEUBS PRÉCÉDENTS, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

TOUS LES ACTEUBS PRÉCÉDENTS, LA COMTESSE

sort de Vautre pavillon.

LA COMTESSE se jette à genoux.

Au moins je ferai nombre.

LE COMTE , regardant la comtesse et Suz-amie. Ah ! qu'est-ce que je vois !

brid'oison, riant.

Et pardi , c'è-est madame.

LE COMTE veut relever la comtesse. Quoi ! c'était vous, comtesse ? {D'un ton suppliant.) Il n'y a qu'un pardon généreux...

LA COMTESSE, en riant.

Vous diriez Non, non, à ma place ; et moi , pour la troisième fois d'aujourd'hui, je l'accorde sans condition.

(Elle se relève.)

SUZANNE se relève.

Moi aussi.

MARCELINE se relèvc.

Moi aussi.

FIGARO se relève.

Moi aussi. Il y a de l'écho ici!

(Tous se relèvent.)

De l'écho ! — J'ai voulu ruser avec eux; ils m'ont traité comme un enfant !

LA COMTESSE , cu riant.

Ne le regrettez pas, monsieur le comte. FIGARO , s* essuyant les genoux avec son chapeau. Une petite journée comme celle-ci forme bien im ambassadeur !

LE COMTE , à Suzanne.

Ce billet fermé d'ime épingle. . .

SUZANNE

C'est madame qui l'avait dicté.

La réponse lui en est bien due.

(Il baise la main de la comtesse.)

Chacun aura ce qui lui appartient.

(Clic donne la bourse à Figaro, et le diamant a Suzanne.)

SUZANNE , à Figaro.

Encore une dot.

FIGARO , frappant la bourse dans sa main. Et de trois. Celle-ci fut rude à arracher !

SUZANNE

Comme notre mariage.

GRIPE-SOLEIL

Et la jarretière de la mariée , l'aurons-je ? LA COMTESSE arrachc le ruban qu'elle a tant gardé dans son sein , et le jette à ferre.

La jarretière? Elle était avec ses habits : la voilà. (Les garçons de la noce veulent la ramasser.) CHÉRUBIN, phis alerte, court lapreiidre, et dit : Que celui qui la veut \ienne me la disputer.

LE COMTE , en riant, au page.

Pour un monsieur si chatouilleux, qu'avez- vous trouvé de gai à certain soufflet de tantôt.' CHÉRUBIN recule , en tirant à moitié son épée. A moi , mon colonel ?

FIGARO, avec une colère comique.

C'est sur ma joue qu'il l'a reçu : voilà comme les grands font justice !

LE COMTE , riant.

C'est sur ta joue? Ah! ah! ah! qu'en dites-vous donc, ma chère comtesse ?

LA COMTESSE absorbée revient à elle , et dit avec sensibilité.

Ah ! oui , cher comte, et pour la vie, sans distraction, je vous le jure.

LE COMTE , frappant sur l'épaule du juge. Et vous , don Brid'oison , votre avis maintenant ?

brid'oison.

Sur-ur tout ce que je vois, monsieur le comte... Ma-a foi , pour moi je-e ne sais que vous dire : voilà ma façon de penser.

TOUS ENSEMBLE

Bien jugé!

FIGARO-

J' étais pauvre, on me méprisait. J'ai montré quelque esprit , la haine est accourue. Une jolie femme et de la fortune...

BARTHOLO , en riant.

Les cœurs vont te revenir en foule.

FIGARO

Est-il possible ?

BARTHOLO

Je les connais.

FIGARO , saluant les spectateurs.

]Ma femme et mon bien mis à part , tous me feront honneur et plaisir.

(On joue la ritournelle du vaudeville.)

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