‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 399 sur 630 · TARARE, ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

TARARE, ACTE I, SCÈNE VII

Doit régner sur le plus puissant.

(On la dévoUe.) ATAB.

Que tout s'abaisse devant elle.

(Ou se prosterne.) ASTASIE.

O sort affreux, dont l'horreur me poursuit! Du sein d'une profonde nuit.

Quelle clarté triste et nouvelle... Où suis-je ? Tout mon corps chancelle.

SPINETTE

Dans le palais d'Atar.

ATAR

Calpigi, qu'elle est belle !

ASTASIE , 56 levaiit.

Dans le palais d'Atar ! Ah! quelle indignité!

ATAR s'approche.

D'Atar qui vous adore.

ASTASIE.

Et c'est la récompense , O mon époux ! de ta fidélité !

ATAR

Mes bienfaits laveront cette légère offense.

ASTASIE.

Quoi , cruel ! par cet attentat

Vous payez la foi d'un soldat

Qui vous a consen'é la vie !

Vous lui ravissez Astasie !

(Levant les yeux au ciel.

Grand dieu ! ton pouvoir infini ,

Laissera -t-il donc impuni

Ce crime atroce d'un parjure ,

Et la plus odieuse injure !

O Brama! dieu vengeur !...

(Elle s'évanouit. Des femmes la soutiennent. On l'assied.) CALPIGI.

Quel effrayant transport !

UN ESCLAVE , accourant.

Le voile de la mort a couvert sa paupière.

ATAR tire son poignard.

Quoi ! malheureux ! tu'm'annonces sa mort ! Meurs toi-même.

(Il le poignarde '. Courant vers Astasie.)

Et vous tous , rendez à la lumière L'objet de mon funeste amour.

A sa douleur tremblez qu'il ne succombe ; Répondez-moi de son retour.

Ou je lui fais de tous une horrible hécatombe. ASTASIE, revenant à elle, aperçoit l'esclave renversé

qu'on enlève.

Dieux ! quel spectacle a glacé mes esprits !

ATAR

Je suis heureux, vous êtes ranimée.

Un lâche esclave, par ses cris , - Lisez Chardin et les autres voyageurs.

M'alarmait sur ma bien-aimée ; De son vil sang la terre est arrosée : Un coup de poignard est le prix De la frayeur qu'il m'a causée.

ASTXsiB, joignant les mains.

O Tarare ! ô Brama ! Brama !

(Elle retombe; on l'assied.) ATAR.

Dans le sérail qu'on la transporte :

Que cent ennuques , à sa porte ,

Attendent les ordres d'Irza ^ C'est le doux nom qu'à ma belle j'impose ; C'est mon Irza , plus fraîche que la rose Que je tenais lorsqu'elle m'embrasa.

(Les esclaves noirs portent Astasie dans le sérail ; tous la suivent.)

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