‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 41 sur 630 · SCÈNE VÎIf · texte numérisé non relu

SCÈNE VÎIf

LE BARON , MADAME MURER , EUGÉNIE

MADAME MURER , avec horreuT.

Il nous a trompés indignement! IMa nièce n'est [las sa femme.

EUGÉNIE , les bras levés.

Dieu tout-puissant!

(Elle tombe dans un fauteuil.) MADAME MURER.

Son intendant a servi de ministre , et toute la race infernale, de complices.

LE BARON , frappant du pied.

Rage! fureur! ô femmes, qu'avez-vousfait?

MADAME MURER, effrayée.

Mon frère, par pitié, suspendez vos reproches. Ne voyez- vous pas l'état où elle est ? EUGÉNIE, se relevant.

Non , ne l'arrêtez pas , Je n'ai plus rien à craindre que de vivre... Mon père, j'implore votre colère... LE BARON , hors dc lui.

Et tu l'as méritée... Sexe perfide! femmes, à jamais le trouble et le déshonneur des familles ! Noyez-vous maintenant dans des larmes inutiles... Avez-vous cru vous soustraire à mon obéissance ? avez-vous cru violer impunément le plus saint des devoirs?... Tu l'as osé; toutes tes démarches se sont trouvées fausses ; tu as été séduite , trompée , déshonorée ; et le ciel t'en punit par l'abandon de ton père et sa malédiction.

EUGÉNIE , s'élançant vers le baron, et le retenant à bras le-corps , Ah ! mon père , ayez pitié de mon désespoir ; révoquez l'épouvantable arrêt que vous venez de prononcer !

LE BARON , attendri, la repousse douceinent. Otez-vous de mes yeux : vous m'avez rendu le plus misérable des hommes.

' Il sort. )

m, SCÈNE X. 25

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