‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 431 sur 630 · SCÈNE UT · texte numérisé non relu

SCÈNE UT

ATAR, ARTHENÉE, TARARE enchaîné, soldas, ESCLAVES, SUITE, PRETRES DE LA ME ET DE LA MORT.

ATAR

Approche, malheureux! vieus subir le supplice Qu'un crime irrémissible arrache à ma justice.

TARARE

Qu'elle soit juste ou non, je demande la inoiî.

De tes plaisirs j'ai violé l'asile, Sans y trouver l'objet d'une audace inutile, Mon Astasie !... O ce fourbe Altamort ! Il l'a ravie à mon séjour diampètre , Sans la présenter à son maître !

Trahissant tout , bonucur, devoir. . . Il a payé sa double perfidie ; Riais ton Irza n'est point mon Astasie. ATAR, avec fureur.

EUle n'est pas en mon pouvoir:' Aux eunuques.

Que l'on m'amène Irza. Si ta bouche en impose , .Te la poignarde devant toi.

TARARE

La voir mourir est peu de chose ; Tu te puniras , non pas moi.

ATAR

De sa mort la tienne suivie...

TARARE, fièrement.

.le ne puis mourir qu'une fois.

Quand je m'engageai sous tes lois , Atar, je te donnai ma vie , Elle est tout entière à mon roi ; Au lieu de la perdre pour toi , C'est par toi qu'elle m'est ravie, .l'ai rempli mon sort, suis ton choix ; .le ne puis mourir qu'une fois.

Jlais souliaite qu'un jour ton peuple te pardonne.

ATAR

Une menace ^

TARARE

Il s'en étonne !

Roi féroce! a.s-lu doue compté , Parmi les droits de ta couronne , Celui du crime et de l'impunité .^ Ta fureur ne peut se contraindre , Et tu veux n'être pas liai !

Tremble d'ordomier...

Qu'ai je a craindre?

TARARE-

De te voir toujours obéi , Jusqu'à l'instant où l'effrayante somme De tes forfaits déchaînant leur courroux.. .

Tu pouvais tout contre un seul honnne :

Tu ne pourras rien contre tous.

ATAR

Qu'on l'entoure!

(Los esclaves l'(Mil(»ureii(. )

(Tarare va s'asseoir sur le billot, au pied du liùclier, la IpIs appuyée sur ses mains , et ne regarde plus rien.

SCÈiNE IV.

ASIASIE, voilée; ATAR, ARTHENEE, TAKARI,, SPINE'ITE, ESCLAVES des deux sexes, soldats.

ATAR , à Astasie.

Ainsi donc , abusant de vos {•baiiiirs, Fausse Irza, par de feintes larmes , Vous triomphiez de me tromper?

Je prétends , avant de frapper, Savoir comment ma puissance jouéf. . .

SPINETTE

Une ejsclave lidèle , hélas ! substituée , Inncceinment causa le désordre et l'erreur. TARARE, à part, tenant sa tête dans ses mains. A\\ ! cette voix me fait horreur !

Il est donc vrai, cet échange funeste!

.'l'adorais sous le nom d'Irza...

(A Aslasie.)

Va malheureuse, je déteste L'indigne amour qui pour toi m'embrasa.

A la rigueur des lois , avec lui , sois livrée ! (Au grand prêtre.) Pontife, décidez leur sort.

ARTHENÉE.

Ils sont jugés : levez l'étendard de la mort. De leurs jours criminels la trame est déchirée.

(Le grand prêtre déchire la bannière de la vie. Le prêtre en deuil élève la bannière de la mort. On entend un bruit funèbre d'instruments déguisés.)

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