‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 47 sur 630 · LE COIMTE , SIR CHARLES · texte numérisé non relu

LE COIMTE , SIR CHARLES

Le comte est en frac, le chapeau sur la tête et l'épée au fourreau dan.s une main ; de l'autre , il conduit sir Charles, qui a son épde nue sous le bras. Le salon est obscur.

Vous êtes ici eu sûreté , monsieur ; cette maison est à moi , quoique j'aie usé de mystère en y entrant. . . N'êtes-vous pas blessé ?

SIR CHARLES

Je n'ai qu'un coup à mon habit ; mais apprenezmoi de grâce , monsieur, à qui j'ai l'obligation de la vie. Sans votre heureuse rencontre, sans votre généreux courage, j'aurais infaillil^lement succombé : ces quatre coquins en voulaient à mes jours.

Ce service n'est rien , vous eussiez siîrement fait la même chose en pareil cas. On m'appelle le comte de Clarendon.

SIR CHARLES , vivemenf.

Quoi, c'est le comte de Clarendon!... J'étais destiné à vous tout devoir, railord , et à tenir de vous l'honneur et la vie.

Comment serais-je assez heureux...

SIR CHARLES

Je vous suis adressé de Dublin.

Vous êtes le chevalier Campley , pour qui ma sœur et ma cousine nfont écrit d'Irlande des lettres

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si pressantes, et que j'ai trouvé sur la liste des visit<?s à ma porte ?

SIR CHARLES

• C'est moi-même. Depuis cinq jours je m'y suis présenté tous les soirs ; aujourd'hui vous veniez de sortir à pied ; l'on m'a indiqué votre route , j'ai couru, et j'étais prêt à vous rejoindre lorsqu'ils m'ont attaqué : c'est la deuxième fois depuis mon arrivée ; mais ce soir, sans vous, milord...

Je suis enchanté de cette rencontre : le bien que ces dames m'écrivent de vous...

STR CHARLES

Je mesuis annoncé sous le nom de Campley, quoique ce ne soit pas le mien.

Ma sœur me mande qu'une affaire d'iionneur vous force à le déguiser ici.

SIR CHARLES

Contre mou colonel. Il me poursuil; mais vous jugez, à ce qui m'arrive , quel liomme est cet adversaire.

Cela est horrible ! nous en parlerons demain. Vous ne me quitterez pas de la nuit, crainte d'accident : je vous ferai donner un lit chez moi. J'éprouve cependant un singulier embarras à votre sujet.

SIR CHARLES

Ordonnez de moi , je vous prie.

La circonstance m'oblige à vous faire un aveu. Je suis attendu dans celte maison pour une explication secrète : j'y venais à pied , lorsque j'ai eu le bonheur de vous être utile.

SIR CHARLES , souriaiit.

Ne perdez pas avec moi un temps précieux.

Non : ce n'est pas ce que vous pensez sûrement. Mais vous savez que les mariages d'intérêt rompent souvent des liaisons agréables : c'est précisément mon histoire. Une fille charmante qui s'est donnée à moi , et que j'aime à la folie , loge ici depuis quelques jours avec sa famille ; elle a eu vent de mon mariage , on m'a écrit ce soir : je Wens... assez embarrassé , je l'avoue.

SIR CHARLES

C'est une grisette , sans doute?

Ah! rien moins! Voilà ce qui m'afflige et qui

m'embarrasse. J'ai même un soupçon quececi pourra

bien avoir un jour des suites... Il y a un frère...

Mais je crois entendre le signal convenu. Souffrez

que je vous laisse un moment au jardin : vous voyez

jusqu'où va d(\jà ma confiance en votre amitié.

(l.e comte le incnc au jardin, revient, et ferme la porte après lui. )

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