ARTICLE PREMIER
« Les comptes respectifs que nous avons à régler «ensemble depuis longtemps, bien examinés, « débattus et constatés , moi Duverney , je reconnais « que toutes les pièces justificatives de l'emploi de « divers fonds à moi , qui ont passé par les mains de « mondit sieur de Beaumarchais , sont claires et « bonnes. »
Arrêtons-nous un peu sur ces mots : << de l'em- « ploi de divers fonds à moi, qui ont passé parles "■ mains de mondit sieur de Beaumarchais ; » parce qu'ils exposent clairement que les fonds dont il s'agit ici ne m'ont jamais été prêtés ; qu'ils me sont absolumentétrangers, etqu'ils n'ont pas dûentrerdans l'état des sommes pour lesquelles il va exister un compte entre M. Duverney et moi; que je ne suis qu'un tiers , un ami qui rend service , et par les mains duquel ces fonds ont passé pour ses affaires ; et qu'il suffit, pour l'apurement de cet article, que M. Duverney s'explique aussi nettement qu'il le fait dans les phrases qui suivent :
« Je reconnais qu'il (M. de Beaumarchais) m'a « remis aujourd'hui tous les titres, papiers, reçus , " comptes et missives relatifs à ces fonds ; et je " le tiens quitte de fout à cet égard envers moi : « à l'exception des pièces importantes sous les « no^ 5 , 9 et 62 , qui manquent à la liasse , et qu'il « s'oblige de me rendre en mains propres ( c'est-à- « dire à moi-même et non à d'autres), le plus tôt «qu'il pourra; et en cas d'impossibilité, de les « brûler sitôt qu'il les aura recouvrées. »
L'ordre exprès de brûler les trois pièces importantes, qui manquent à la liasse sous les n"' 5 , 9 et 62, eu cas de mort, indique assez qu'elles
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n'étaient point de nature à faire jamais rentrer d'argent a M. Duverney, comme sou légataire universel voudrait le faire entendre. Loin que IM. Duverney eût alors exigé qu'on les brûlât, en cas d'impossibilité de les recouvrer de son vivant, il les aurait au contraire spécifiées ; il en aurait ordonné l'emploi à sa fantaisie.
Le mol,rendre en mains propres ou brûler, démontre tout seul que ces pièces n'étaient que des papiers dont l'importance consistait à rester à jamais inconnus , et je les aurais aujourd'hui , que je ne croirais pouvoir , sans manquera la parole exigée, à la religion du secret , les montrer à personne. Je devrais les brûler comme je m'y suis engagé. Personne au monde ne peut représenter M. Duverney à cet égard.
Ainsi, lorsque lui , que cet article intéresse tout seul ; lui qui a reconnu , daté, signé cetacte , lui qui savait bien de quelles affaires secrètes et personnelles à lui il s'agissait dans cet article premier , vous dit que les pièces justificatives qu'on lui remet sont claires et bonnes , et qu'il me tient quitte de tout a cet égard; toutes les clameurs du monde ne pourront jamais faire naître sur son contenu le plus léger soupçon d'infidélité , de dol , de fraude ou de lésion.
Et c'est ce que le texte prouve aussi clairement que le commentaire.