‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 486 sur 630 · SUITE DE LA CONSULTATIOIN · texte numérisé non relu

SUITE DE LA CONSULTATIOIN

«Considérant que le sieur de Beaumarchais, injurié, calomnié, diffamé de la manière la plus outrageante, par un mémoire rendu public à la veille du jugement, s'est vu dans la nécessité de se justifier de.s incuipations graves qui lui ont été faites , et qui exigeaient une réponse énergique , et capable de détruire l'impression que laisse toujours la calomnie dans l'esprit de ceux qui ne jugent que par le ton d'assurance ou la hardiesse des assertions ;

« Que sa réponse est une défense de droit naturel , qui ne peut jamais être interdite à un citoyen aussi grièvement offensé; qu'en l'examinant avec attention on voit qu'aucun des faits qu'elle contient n'est étranger à la question débattue ;

« Que cette justification est la plus claire et la plus forte qu'un homme attaqué dans son honneur puisse donner de sa conduite; qu'elle contient une analyse de l'acte du f' avril 1770, et un historique ues anléf(^dents, tellement

propres au sieur de Beaumarcliais, qu'aucun autre que lui n'eût pu les mettre dans un jour si lumineux ;

«■ Que si cette défense eût dil gagner quelque cliose à être refondue dans le slyle de M" Duparc,plle eût pu y perdre ce caractère de vérité qui prévient et qui touclie en faveur d'un homme offensé qui se défend lui-même;

« Nous estimons qu'elle aurait dû être adnptiie par le défenseur du sieur de Beaumarchais ; puisqu'il doit être convaincu de la pureté de la conduite de son client , et pénétié de la justice de sa demande en cassation de l'arrêt du 6 avril 1773; que l'adoption que M*^ Duparc en aurait faite eût autant honoré la sensibilité de l'avocat, que la justification honore les lumières et la probité du client.

« 11 est donc Irès-malheureux pour le sieur de Beauniarchais qu'une pareille défense ne puisse être produite sous la forme «l'un mémoiie signi/ié; mais ne pouvant lui en fournir les moyens contre le vœu i)rétendu de tant de règlements intérieurs du corps des avocats aux conseils, nous nous bornons à l'inviter de moins s'occuper du ressentiment que lui causent les refus de son défenseur, que d'instruire ses juges et le public de la nature des obstacles qu'il trouve à publier une justification aussi intéres&ajite pour lui.

" Nous estimons enfin que le sieur de Beauniarcliais peut et doit produire la présente considiation , non comme pièce d'une instance au conseil du roi , mais comme l'avis d'un jurisconsidte sur la question qui lui est proposée par le sieur de Beaumarchais, dont les malheuis, le courage et la position pressante doivent intéresser tous les honnêtes gens '.

» Délibéré à Paris, le 12 janvier 177.), par nous avocvat au parlement.

'< S/jrJie a«i;h. «

' Cette courte consultation, que nous laissons subsister lorsque nous supprimons toutes les autres, sert à faire connaître avec quelle activité et quel acharnement le comte (!e La Blache cherchait à empêcher Beaumarchais de produire ses défenses, et l'intelligence non moins active que Beaumarchais opposait aux ruses de ce comte.

Nous venons de voir ce dernier f;iire enlever de chez l'imprimeur, par des ordres Invisibles, c'est-a dire supposés, le mémoire de son adverse partie, et lui faire alléguer les règlements intérieurs les plus étranges , afin qu'aucun avocat au conseil ne signât un mémoire qui le foudroyait ; en sorte que Beaumarchais ne put faire paraître son mémoire qu'en l'enclavant en quelque sorte dans cette consultation d'un avocat au parlement, comme si elle en eut été le sujet ou la partie intégrante.

Mais quand Beaumarchais , muni de cette consultation , eut obtenu la cassation de l'arrêt qui lui avait fait perdre au parlement de 1771 le procès qu'il avait gagné en première instance aux requêtes de l'hôtel, et que le conseil eut renvoyé l'affaire au parlement d'.'Ux, le comte se hâta de s'y rendre , répandit un nouveau mémoire , et tenta de le faire signer à tous les avocats de cette ville, afin que Beau marchais ne pût produire aucune défense, taule d'une signature.

Les avocats d'Aix devinèrent cette manceuvrc , et plusieurs eurent l'honnêteté de refuser leur signature au comte , en lui disant qu'il était juste que son adverse partie, en arrivant à Aix, y put trouver quelque défenseur.

Il arriva bientôt, et publia. les deux mémoires qui vont suivre, intitulés Réponse ingénue, et le Tartare à la Légion. Ces deux mémoires lui tirent gagner sa cause tout d'une voix .

B6A.l.M\r.CH.\[S.

MEMOIRES. 3s-

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