‹ Œuvres complètes. Précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 612 sur 630 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

Comme j'aimais mon ingrate maîtresse, Quoiqu'elle fût sans amour ni pitié; Quoiqu'elle crilt trop payer ma tendresse , Eu m'accablant de sa froide amitié !

Je lui disais: Cette beauté si rare ,

Pour mon tourment , tu la reçus des dieux ;

Et je mourrai, si ton cœur ne répare

Les maux cruels que m'ont faits tes beaux yeux.

Donne au plaisir le printemps de ta vie: Un âge vient où l'on se sent vieillir ;

MELANGES

La fleur d'amour alors peut faire euvie, Les sens glacés ne peuvent la cueillir.

Je vois d'amants une troupe légère Lui prodiguer son encens et ses vœux ; C'est vainement , la cruelle aime à faire Mille rivaux , et pas un seul heureiix.

Elle soutient qu'Amour est un délire , Fils du Désir et de la Vanité. L'ingrate ainsi veut renverser l'empire Qui seul élève un trône à sa beauté !

J'allais mourir; mais la jeune Silvie Offre à mon cœur jouissance et beauté.

Pardonne, Amour! mon retour à la vie Sera le prix d'une infidélité.

Quoi ! je la fuis , et je soupire encore ; Pour l'oublier mes soins sont superflus : A ma douleur je sens que je l'adore, Même en jurant que je ne l'aime plus.

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