ROMANCE
Comme j'aimais mon ingrate maîtresse, Quoiqu'elle fût sans amour ni pitié; Quoiqu'elle crilt trop payer ma tendresse , Eu m'accablant de sa froide amitié !
Je lui disais: Cette beauté si rare ,
Pour mon tourment , tu la reçus des dieux ;
Et je mourrai, si ton cœur ne répare
Les maux cruels que m'ont faits tes beaux yeux.
Donne au plaisir le printemps de ta vie: Un âge vient où l'on se sent vieillir ;
MELANGES
La fleur d'amour alors peut faire euvie, Les sens glacés ne peuvent la cueillir.
Je vois d'amants une troupe légère Lui prodiguer son encens et ses vœux ; C'est vainement , la cruelle aime à faire Mille rivaux , et pas un seul heureiix.
Elle soutient qu'Amour est un délire , Fils du Désir et de la Vanité. L'ingrate ainsi veut renverser l'empire Qui seul élève un trône à sa beauté !
J'allais mourir; mais la jeune Silvie Offre à mon cœur jouissance et beauté.
Pardonne, Amour! mon retour à la vie Sera le prix d'une infidélité.
Quoi ! je la fuis , et je soupire encore ; Pour l'oublier mes soins sont superflus : A ma douleur je sens que je l'adore, Même en jurant que je ne l'aime plus.