Bonjour, camarade
2. La plupart des maisons de Séville ont une cour intérieure entourée de portiques. On s'y tient en été. Cette cour est couverte d'une toile qu'on arrose pendant le jour et qu'on retire le soir. La porte de la rue est presque toujours ouverte, et le passage qui conduit à la cour, zaguan, est fermé par une grille en fer très élégamment ouvragée.
OITANA DANSANT (ENVIRONS DE SËVILLE) (Deamin de GUSTAVE DORÉ)
Légère comme un cabri, elle s'élança dans la voiture, le cocher fouetta ses mules, et toute la bande joyeuse s'en fut* je ne sais où.
Vous devinez bien qu'en descendant ma garde, j'allai à Triana; mais d'abord je me fis raser et je me brossai comme pour un jour de parade. Elle était chez Lillas Pastia, un vieux marchand de friture, bohémien, noir comme un Maure, chez qui beaucoup de bourgeois venaient manger du poisson frit, surtout, je crois, depuis que Carmen y avait pris ses quartiers.
— Lillas, dit-elle sitôt qu'elle me vit, je ne fais plus rien de la journée. Demain il fera jour' ! Allons, pays, allons nous promener.
Elle mit sa mantille devant son nez, et nous voilà dans la rue, sans savoir où j'allais.
— Mademoiselle, lui dis-je, je crois que j'ai à vous remercier d'un présent que vous m'avez envoyé quand j'étais en prison. J'ai mangé le pain, la lime me servira pour affiler ma lance, et je la garde comme souvenir de vous; mais l'argent, le voilà.
— Tiens ! 11 a gardé l'argent, s'écria-t-elle en éclatant de rire. Au reste, tant mieux, car je ne suis guère en foïids; mais qu'importe? chien qui chemine ne meurt pas de famine-. Allons, mangeons tout. Tu me régales.