‹ [Œuvres complètes] (volume 3)Chapitre 1 sur 25 · PARIS LIBRAIRIE ANCIENNE HONORÉ CHAMPION · texte numérisé non relu

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5 et 7, Quai Malaquais, Vl^

I )9a7 INTRODUCTION

Les lettres adressées par Mérimée à Francisque Michel entre 1848 et 1870 ont une histoire, que voici :

Le 24 février 1874, M. Paul Bonnaud écrivait dans la Liberté : « Nous avons entre les mains... une correspondance inédite, adressée à un ami masculin^ et où l'auteur, délivré des réserves que sa situation de prétendant^ et le sexe de son interlocutrice lui imposaient dans les Lettres à une Inconnue, se montre dans un abandon parfois familier et brutal, qui fait tomber bien des illusions, mais qui nous met le personnage mieux à nu que ne le pourraient faire des lettres musquées ou académiques. C'est une charge réaliste de Gallot ou de Téniers, à côté d'un fin portrait d'Holbein ou d'Albert Dûrer^. »

Sous le titre Lettres à un Inconnu, la Liberté publiait, à la suite de cette courte et vague annonce, quelques fragments de la correspondance en question,

1. Mérimée n'a jamais été le « prétendant » de Jenny Dacquin, et il ne fut pas question de mariage entre eux, du moins ù ma connaissance.

2. On verra combien cet éloge est excessif; rien, dans les lettres de Mérimée, ne permet d'évoquer, même de loin, le génie d'un Dui'er ou le talent d'un Téniers. A quoi bon forcer la note?

Francisque Michel. a

Il INTROnrCTIoN

qui n était autre que 1rs l<>ttn's adressées par Mérimée à Francisque Michel'. \.o miniéio du 2^ février contenait des extraits des lettr(>s du 20 jativier. du 17 juillet et du 2'i août \H\*.), et du .'> décembre 1850; le tmméro du 2') février des extraits des lettres du 22 mars 18')]. du Ki novembre et du 10 juin 18r»2, du 12 mars 1853, du 21 novembre 185")', et cinq autres passagj-s tirés de lettres non datées. Os extraits, fort courts-', contiennent des erreurs de date et le texte n'en est j)as toujours sur ; ils ne donnent de la corrcspondanie intéj^rale (ju une idée superficielle et approximative.

Quatorzt- ans plus tard, la liasse nianiiscrite des lettres fut né<j;ociée par le fils de Francisque Michel, qui en était possesseur depuis la mort de son père. A cet eU'et. il écrivait les deux lettres suivantes, que je reproduis in e.rtcnso, parce qu'elles garantissent l'authenticité de la correspondance *.

26 juillet 1888. 10 heures.

.Mon cher Benda.

Kn rentrant chez moi , je trouve votre carle-lélé- ^ramme. Entre nous, vous devriez tii-cr un peu plus de

1. Cf. M. Tourninix, /« Correspoiulance générale de l'rospcr Mérimée [Rcfiie d Histoire littérnire de la France, ISW;), p. .">7.

P. Jos.sernnd, Ilefue d Hisinhe liliéraiie de la France. :i vril-jtiiii 1924, p. 228).

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