‹ [Œuvres complètes] (volume 3)Chapitre 24 sur 25 · EDWARD LEE CHILDE · texte numérisé non relu

EDWARD LEE CHILDE

Tocqucville a pris son style à Montesquieu, un des hommes qui ont le plus fait pour amener la décadence actuelle de la lançrue.

Lamennais s'est formé sur le modèle de cette canaille de J.-J. Rousseau, citoyen de Genève, Dieu merci! Cousin et Georges Sand sont les meilleurs écrivains d'aujourd'hui; certaines pages des Lettres d! un Vo]jai>eiii- sont admirables. Cela tient à ce que Georges Sand a fréquenté le peuple et étudié son idiome.

Pouchkine avait du sang nègre; il descendait par les femmes d'Annibal, noir favori que Pierre le Grand avait amené avec lui, et qu'il fit général.

Pour bien apprendre le français, prenez Rabelais, lisez-en quelques chapitres, les préfaces, étudiez la façon dont il forme sa phrase; puis Montaigne, et quelques auteurs de cette époque; puis Bossuet; puis ne lisez plus rien du tout, mais écrivez sur ces modèles.

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Peuples et individus, nous eoniniençons Ions par la poésie et nous finissons par la prose.

(-es Allemands ont lail ce([n"il y a de pire: ils ont mis de l'imagination dans un sujet qui n'en comporlail pas, l'hisloire. J'ai connu à Athènes un Allemand, nommé Koss, très savant assurément, l'homme que j'ai vu connaissant le plus intimement la Grèce, qui n'hésitait jamais un momciil à vous expli([uer tout (il> oi'o, comme s'il avait assisté au développement de l'histoire grec([uc. Ainsi, voyez Niebuhr, homme d'un grand mérite: à côté d'un fait (ju il a prouvé, presque avec toutes les chances de probabilité — la coii([uète de Home par Porsenna (s'appuyant sur le champ de Porsenna, au-delà du Tibre, et sur le fait que les Romains, et non les Etruscpies, avaient écrit l'histoire de celte époque et(|u"ils n auraient pas été se vanter de la prise de leur capitale par l'ennemij, il va chercher le berceau des Etrusques en Rhétie, parce que Tacite a ilit ([uc les premiers habitants s'appelaient Raséna. Or, les inscriptions rapportées de l-ydie par M. Fellows offrent la même langue, presque, ([ue les monuments étrusques, et divers autres témoignages confirment cette probabilité (pic les Etrusques venaient de Lydie. De même

Lepsius a supposé que les Pélasges avaient débarqué aux bouches du Pô.

On se rappelle l'orateur dominicain en Espagne, prêchant sur la tentation de X.-S., lorsque le démon, du haut d'une montagne élevée, lui ofFrit tous les royaumes de la terre, et finit par lui dire de se jeter en bas parce qu'il était sur que les anges le soutiendraient : « Y el Senor responde : Beso a usted los manos, Senor Satanas que tengo otra arrera para bayar. »

J'étais près de Magnésie avec Ampère. Nous avions envoyé nos bagages en avant, et l'on nous avait laissé un guide, du pays apparemment. C'était un homme parfaitement noir, mais dont les traits n'avaient rien du nègre. Quand nous eûmes fini nos travaux dans le village où nous nous étions arrêtés, nous nous mîmes à interroger notre guide: il ne savait que quelques mots de grec. Nous pûmes cependant l'entendre répéter : « Pendjab », et distinguer qu'il paraissait vouloir dire qu'il venait d'un pays situé près de l'Angleterre, et où les soldats avaient des figures noires et des habits rouges. Assez intrigués, à notre arrivée à Magnésie, nous nous informons de notre homme. 11 n'v avait que quelques mois qu'il était à Magnésie : il ne parlait ni turc ni arabe: étant inoffensif, on le laissait tranquille. Quelle vie mystérieuse que celle de ce m;ilheureux Indien venu du Pendjab jusque sur les bords de la Méditerranée!

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I,es Allemaïuls ont encore à apprendre (jue l'on ne (loll rien allirnier positivement: il faut se contenter de probabilités approximatives dans le tlomaine de faits aussi incertains (jue ceux de l'histoire anci<Mine.

Kes savants, en gént'ral, cherchent à rapportei- t(»ul à un système préconçu: de là l'idée des Allemands de chercher partout un élément germani(jue, et \iebuhr va dénicher les Htruscjues en lîhétie. C'était la grande supériorité de Burnouf, de savoir à fond les lois lies changements de langues et de ne se laisser entiainer par aucune faiblesse de ce <;enre. Il était piofonilément versé dans la langue la plus importante au point de vue philosophique, le sanscrit. Hoken ma conté qu'il v avait une tribu en Amérique (jui, avant à se plaindre de sa nation, émigra au loin et. pour n avoir rien de commun avec ses persécuteurs, résolut de changer sa langue en mettant le commencement des mots à la fin, et en retournant pour ainsi dire tous les mots. Au bout d'une génération, le but fut atteint.

Vous me demandez si les Oi'ientaux admettent notre supériorité dans quelques bianches de la science nouvelle, s ils reconnaissent les découvertes merveilleuses de ce siècle, si ce qu'ils savent ou voient de notre civilisation les frappe. — Je vous répondrai qu'ils ont pour nous les sentiments (|ue vous

avez pour votre bottier, dont vous reconnaissez la grande supériorité dans son métier, tout en vous disant que c'est un genre qui ne vous touche en rien, et que cette habileté n'a rien qui vous elï'raie ou qui trouble l'idée que vous avez de votre propre supériorité.

Bunsen, dans son Gott in der Geschiclttc, dit : « Après vingt mille années de l'histoire de l'humanité... » Entendrait-il par là depuis la création de l'homme? Mérimée auquel j'en ai parlé me Ht les observations suivantes : « J'ai causé avec plusieurs des hommes les plus entendus sur la chronologie égyptienne, et ils étaient tous d'avis qu'il n'y avait pas moyen de rien savoir de précis sur le nombre d'années qu'ont duré les dynasties. Il y a au Louvre la figure d'un scribe égyptien qui remonte certainement à 4,000 ans avant l'ère chrétienne. Par o-énérations des enfants de \oé on est convenu d'entendre des peuples entiers et non des individus. Ainsi le nom Japhet, s'appliquerait à toute une génération. Ce mot, dit-on, signifie : éloigné..., ce qui s'expliquerait parfaitement dans la bouche des écrivains sacrés qui appartenaient tous à la branche de Sem. Les fils de Sem et de Cham se mêlèrent souvent, tandis que la branche aînée s'éloigna vers le Nord. On ne peut donc, ni dans la Bible, ni dans la chronologie égyptienne, s'en tenir à l'expression lit-

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Irrale pour les noms ol les époques (Bunsen, aucjuel j'ai parlé des u vinj^l niille ans de l'histoire de l'iuinianiti* », m'a ilit <jue c'était maintenant l'opinion leçue, (jue ce chillVe était bien au-dessous de la vériU', (pie l'ancienne chronolo<^ie des Rabbins iiv/,v r.iftloded, et liunsen est un croyant, donc il n'est nullement suspect (C) janvier lf^f'>0\

On ne doit pas, en parlant des anciens, dire : la religion, mais : les religions, puisque non seulement chaque peuple, mais chaque ville, chaque famille, chaque individu avait des Dieux et tles croyances particulières. On trouve dans les divinités anciennes les deux grands principes d'immobilité fd'où vient hinatos, bandelettes, dont on enveloppait leurs pieds, en grande partie dans l'idée de les empêcher de s'enfuir) et de mouvement. C'est le développement du chaos, où toute la Mvthologie se trouve en germe. Après l'Introduction à Kome des divinités grecques, on adopta les divinités des deux pays (}ui avaient entre elles le plus d'analogies et on les concilia. Cependant, il y avait une foule de dieux que Home avait tirés de l'Elrurie et du Latium, el qui leur sont propres : le dieu Ternie en est un.

I.a race finnoise s'est très mêlée à la race slave en Russie. On la trouve encore, par fragments el à

l'état pur, près de Moscou et du côté de Kazan. C'est de Boris Goiidounov (1593), czar après le meurtre du jeune Déuiétrius, que date l'asservissement du paysan russe. Pour empêcher l'émigration des Busses, qui se portaient vers le pays des Cosaques et les pays nouvellement conquis, il déclara que tout paysan serait attaché à la terre où il se trouverait le jour de la publication de ce décret. Pierre le Grand compléta les dispositions de Boris. On pouvait autrefois vendre le paysan sans la terre; depuis Nicolas seulement, cela est défendu. C'est à tel point que, en 1805, après la paix de Tilsitt, les Bashkirs et autres Kalmucks, rentrant chez eux au fond de la Sibérie, achetèrent des femmes en passant à Moscou, au grand désespoir de ces malheureuses, car beaucoup de ces hommes n'étaient pas même chrétiens.. [Hamas et autres?!.

Le Talmud est un commentaire fait à différentes époques par les Rabbins sur les livres saints de l'Ancien Testament. Il est au vieux Testament ce que sont les commentaires de l'Ecrlise au Nouveau Testament. C'est un recueil des Pères de l'Ecrlise juive.

Le polonais, le bohème, le russe, etc., et tous les dialectes slaves, viennent d'une lansfue slavonne

Fiaiichqut' Afic/ii-l. lu

(Hi slavo ('russe occlésiaslicjuo. comino l'appellent les Russes , dans hujuejle sont érrites les liturgies du rite irrec en Kussie, dont on se sert aetuellement. Il V a des auteurs (lui ont éerit dans cette lantfue, principalement des auteurs ecclésiasti(jues: c'est la langue (jue parlaient les Slaves avant la décomposition en langues polonaise. bcdicMnienne. russe, exactement comme il y avait une langue provençale parlée à Barcelone, Valence, Toulouse, Avignon, où régnent aujourd'hui des idiomes si dilVérents. (^etle langue slave est une source commode pour v puiser lie nouvelles expressions, des mots nouveaux.

Les savants sont encore à se demanilci' si les Hébreux avaient bien lidée de 1 Unité de Dieu; — ;^emploi du pluiiel « b]loliim », souvent en pailant de Dieuj. Cela cependant peut s'explicjuer. Le christianisme, c est simplement des idées platoniciennes arrangées avec la Bible. Les Arabes ont propagé beaucoup plus leurs superstitions cjuc l'idée de l'Unité. Ils ont trouvé les parties du monde (ju'ils ont envahies plus préparées à cette idée que le christianisme à son apparition n'avait trouvé l'Empire romain; do là, la rapidité de leurs conquêtes.

Le Nouveau Testament est un code de morale sul)lime: jamais on ne s est élevé plushaul. Dans I An-

cien, on reconnaît les idées des peuples primitifs. David adultère est impuni, mais il est frappé au moment où il fait le dénombrement de son peuple. Ne sont-ce pas là les divinités du paganisme punissant celui qui ne leur faisait pas d'offrande? Toujours cette idée de l'Unité de Dieu a effrayé les hommes: ils la repoussent. Les Musulmans mettent Mahomet et les premiers Imans presque à la hauteur de Dieu. Que sont les saints du catholicisme? la mère de Dieu? I/csprit humain a de la peine à envisager cette idée. Les esprits sérieux de l'antiquité admettent l'idée de l'Unité : Tb ca(;j.ov, tc xvaOov; mais le vulgaire avait ses superstitions, sa mythologie, que les plus grands hommes respectaient, et auxquelles ils crovaient peut-être un peu. César, quoique ne croyant pas à une autre vie, fut Pontifex Majcimus\ Alexandre le Grand est un Russe qui a lu Voltaire et veut faire le Français. Uelte idée, Grote l'a eue aussi. La démocratie est à nos sociétés modernes ce qu'était le christianisme à l'Empire romain: elle décompose pour recomposer. Nous sommes à la veille d'un bouleversement général. Aversion des esprits d'élite pour ce nivellement d'apparence brutale.

Influence physique, géologique et géographique sur les peuples. C'est Mignet qui est surtout frappé de l'influence géologique sur les peuples. Graeculus esuriens, disent les Romains en parlant des Grecs qui, dans l'Empire, jouaient le rùle que jouent les

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Komains aiijourtriuii. C'étaient surtout les idées grecques (jui trônaient à Koine, et non les in<]i\idus grées, car ce pavs. qui a eu plus de grands hommes en tout (ju'aucun autre pays, ne pouvait manquer d'être un foyer d'idées. Il est étonnant que la démocratie ait résisté si longtemps en Grèce — l.')!) ans à Athènes — : c'était, il est vrai, plutôt une oligarchie

L'apogée, le point culminant de la langue française, c'est-à-dire l'époque où elle a été la plus fécontle, la plus « elle-même », la plus véritablement française, originale et pi-imesauticre , a été au xv!"" siècle. C est dans Kabelais ([u'il faut ciiercher le monument de la vraie langue française. L'influence de la cour devenant plus grande, on épura la langue ; on lui enleva, sous prétexte de vulgarité, toutes ses expressions fortes et pittoresques. Elle n'eut plus la ressource de puiser à sa véritable source, dans la langue populaire et dans les langues provençales. La société de l'Hôtel de liambouillet, la coterie des Précieuses l'achevaient : les écrivains, bien qu'hommes de génie, (jui vinrent après, n'osèrent pas s insurger; certains mots, bannis de la société polie depuis trente ans, furent perdus. Indubitablement, quel que soit le mérite des chefs-d'œuvre de ces grands écrivains, il eût été bien plus grand, s'ils avaient eu un autre instrument. Bossuet auxvu'siè-

de, certainement a détourné la langue de sa voie; et cependant, qu'elle est tombée depuis! Comparez la période « vraie » de Bossuet, simple et majestueuse, à celle même de Voltaire! Du temps de Rabelais, on puisait de nouveaux mots dans les origines de la langue, aux sources qui l'avaient produite, dans lelatinetleslanouesdéi'ivéesdu latin. Rabelaismême, homme d'éducation, forgeait beaucoup de nouvelles expressions. Aujourd'hui, ce serait une pédanterie que de dire comme Marguerite de Valois en tête de ses Mémoires : « Je n'écris pas par aiitophilie », au lieu de vanité, amour-propre. Depuis le xvii'' siècle, on a retranché tout ce qui, disait-on, était bas et trivial. (>hez les Grecs, Pindare et Hérodote vivaient avant les grands événements de l'histoire grecque. C est sous les Antonins que Lucien écrivit le grec aussi purement que du temps de Thucydide; et cependant, on ne dira pas que ce fut le beau moment de la Grèce.

f^a simultanéité de l'excellence de la langue et du développement du génie d'un peuple n'est nullement nécessaire et arrive rarement. Depuis Rabelais, le français n'a fait que déchoir et, cependant, il y a eu le siècle de Louis XIV, et les xvii* et xvm" siècles depuis.

Sous Pierre le Grand, le russe était du charabia, puis il est devenu de l'allemand traduit, puis du

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français traduit. Il a fallu ([n'iin li(»miiie de j^énie, Pouchkine, (h'tnêlàl ce chaos et allât puiser aux origines (le la lanutie slave dans les écritures et les conunenlaires reliuicux écrits en laiiirue siavonnc.

li'anfrjais de Shakespeare est une lan<rne ri(die, fertile, (jui, en (die-nièine, est pleine de lessources. Depuis, elle sest policée el n a fait (jue loiid)er. Une langue (jui se reciulc de tous les côtés, cpii n a qu «à prendre à une lanj^ue étrannèrc un mol et a en chan^ei' la prononciation pour <pi il ait aussitôt droit de nationalité, peid tout caracteie. Imi Amérique, ce sont tous des imitateurs, srri'iu/i //cens, Prescolt, Lonafellow, etc.: Franklin a été le seid qui, en bon anglais, se soit un instant frayé une voie particulière et ait dit, en bon vieil anglais, des choses neuves et vraies. 11 n"v a (jue la lutte ([ui profite aux langues el à tant d'auties choses. La prospérité les atnt)llil .

On est élonnc, dans toutes les litlératuies, de trouver, dans les ouvrages les plus anciens, une si grande simplicité, ([ui se perd ensuite et fait place à un style prétentieux et exagéré. Puis on cherche à retrouver la simj)licité primitive et à retourner à la première manière d'écrire. Lucain écrivait du temps de Néron et cherchait à donner plus de vigueur au

latin de sou temps. lAicrèce était plus primitif, plus vraiment latin qu'Horace et Virgile, que l'esprit grec avait déjà envahis et policés. Chez Juvénal et Tacite il ne faut pas confondre l'énergie de l'homme avec la langue de l'écrivain, déjà en décadence. Ïite-Live est plus latin; Cicéron demandait pardon, dans une de ses lettres, d'une expression qu'il latinisait ; Pétrone se servait du grec continuellement: Hérodote, Rabelais, Montaigne, Lucrèce sont à peu près sur la même ligne dans leurs langues respectives; leurs œuvres sont les monuments de leurs idiomes respectifs dans leur pureté el leur énergie premières. Thucvdide et Démosthène, Molière et Bossuet, Cicéron et Virgile ont vécu aux belles époques de leurs langues, mais il n'ont déjà plus cette sève de jeunesse et cette vigueur saine et virile, tout en étant les auteurs les plus achevés de leurs nations respectives.

La période est un signe d'après lequel on peut juger du plus ou moins de maturité d'une langue. L'allemand, dans lequel la grammaire ne définit pas exactement la place de chaque mot, qui dépend de l'émotion de l'orateur, du plus ou moins de méthode dans la pensée de celui qui écrit, est une langue incomplète et embrouillée. Comparez le français de Bossuet à celui de Voltaire; le premier a la période claire, belle, sonore; le second est plus coupé, haché, et cela a été de plus en plus en augmentant. Les Précieuses et les salons de la rue Iloyale, qui ont

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épuré et conlrilmé à foitiicr la langue à l<-'ur manière, en en chassant les expressions fortes et populaires faisant image et venant du génie même de la langue, n'avaient fait aucune des études nécessaires à ce rôle et ont détourné de sa route la langue française. Heureusement, il s'est trouvé parmi les hommes qui ont été appelés à s'en servir d'ahord des génies f[ui en ont tiré tout le |)ai"ti possible: mais que n auraient-ils fait, si une coterie de trente personnes n'eut banni tous les mots vigoureux? Celte servilité courtisanesquc a appauvri la langue. Un mol inusité devenait de mauvaise compagnie et se perdail : ainsi. des centaines d'expressions et de mots qui fourmillent dans les anciens auteurs ont cessé dêlre compris. Molière et Bossuet ont conserve encore quelque force dans leur langue.

Epoques florissantes dans les littératures qu'on a négligées, par exemple les romans de chevalerie (tous sont d'oiigine française, le roman de l'ours Briiin, le roman du renard /{ei/mcke-Fiir/is. etc., etc.).

Ils ont beaucoup d'originalité, mais traitent de sujets qui ont perdu de leur intérêt; beaucoup de répétitions, roulant aussi sur le même sujet, l'amour en général et la guerre. Cdiez les Espagnols, les Canzones sont dépourvus des (jualités des poèmes provençaux du xi\'' siècle. Pélrarcjue a beaucoup

puisé à cette source et largement traduit. (Un sonnet sur l'amour est traduit tout entier.)

I^es Mongols, destructeurs du Kalifat de Bagdad et de l'unité de la société islamique, ne sont pas connus des anciens et sont d'une race nouvelle dans l'Asie occidentale. Les Turcs ne sont pas tles Mongols purs; ils sont un mélange de Mongols et de races japhétiques à différents degrés et àdiU'érentcs doses. Prédécesseurs des Mongols, ils ont été moins nuisibles qu'eux.

Immense impression produite sur l'Asie par les Grecs (que l'on peut comparer, pour l'importance numérique, aux cantons de la Suisse), malgré la puissance organisée de la Perse. Alexandre poussa en avant, jusqu'au cœur de l'Orient, tandis que tout le christianisme n'a réussi qu'à arracher une bicoque, qu'elle n'a gardée qu'un siècle, et qui a tremblé quatre siècles, jusqu'à ce que Sobievski la sauvât.

Malgré les nombreuses traductions et imitations des langues occidentales dans la littérature russe, un homme de génie, Pouchkine, au commencement

PUOSl'EH MERIMEK

de ce siècle, l'a dirigée dans la véritable voie qu'elle doit suivre cl l'a marquée de son empreinte. (Contemporain de Byron, il l'a imité dans une de ses pièces, Ka^ène Onié^uine, (pii a de la ressemblance avec Don Juan...

... Qu'est-ce (jui fait 1 énorme ditrérencc entre une médaille grecque et une médaille moderne, toute à ra\antage de la première? C'est (juc, chez nous, l'extrême fini des détails, où les choses les moins saillantes sont aussi achevées que les parties les plus essentielles, nuit à rensemble. Dans une médaille gi'ecque au contraire, les paities marcjuantes sur lesquelles doit être attirée l'attention, sont exagérées et traitées avec gi-and soiii. tandis ({ue les autres sont négligées, f.e résultat est (jue celte dernière médaille frappe beaucoup plus et laisse une impression durable et piofonde, parce que l'œil n'est pas distrait par la multitude des détails. De même chez Pouchkine, et c'est ce qui le distingue des poètes occidentaux, et, en particulier, de lord Bvron, qui lui est peut-être supérieur en génie, mais chez lequel l'abondance des idées, entassées sans ordre et sans distinction fait ([u'elles se nuisent entre elles. Don Juan est ce ([u'il a écrit de plus beau. C'est une imitation de Sterne qui, lui-même, est une copie de Rabelais, et c'est un sujet (jui, jusqu'alors, n'avait été traité (ju'en prose, et qui, pour la première fois, 1 est en vers.

Les Anglais ne savent pas écrire une pièce pour le théâtre, ni la mettre snr ses jambes, témoin Shakespeare.

Nicolas Gogol, mort il y a très peu d'années, esprit morose, mort fon, a écrit beaucoup de nouvelles, entre autres le Re^isor, V Inspecteur général, pièce très hardie. Le poème des J5oAé/7Zie/i6- de Pouchkine, n'est pas une de ses plus mauvaises pièces. Krylof le fabuliste est nn auteur très remarquable. Lermontolï a écrit beaucoup en vers; ses sujets sont très souvent placés dans le Caucase où les scènes se passent. Tourguénief écrit en prose sur les mœurs des paysans et la vie intime. Le russe a une richesse d'expressions, des nuances à l'infini; on peut couper un cheveu en quatre. Trois formes de verbes; le fréquentatif, V ...{^illisible), et celui qui n'est ni l'un ni l'autre. Le vocatif du slave n'a pas été conservé dans le russe, mais les Russes se servent souvent de la forme slave pour donner un vernis d'antiquité, comme les Grecs du génitif en « oto ».

Niebuhr fait preuve de beaucoup d'esprit dans son ouvrage assurément; ses leçons en chaire étaient cependant bien plus remarquables. Bien des choses lui échappaient, probablement parce qu'il n'avait

l'ItCtSI'KR MKIUMLK

pas l)L'aiu'oiip coiirii le monde : les traits de ind'urs surtout lui échappaient. Ainsi il ne croit pas au trait raconté par Titc-I.ive, lors de la prise de Rome par les Gaulois: l'historien latin dit (jue le premier aspect des sénateurs assis sur leurs chaises curules frappa les barbares d'un saint respect, mais ([ue, lim d'eux s'étanl avancé et ayant tiré la barbe d'un vieillard, ([ul lui asséna un coup, le massacre commença aussitôt. Je n'y étais pas, mais je gagerais que cela s'est passé ainsi: c'est tellement dans les nici'urs des Gaulois, aujourd'hui encore! Puis, pour les fondateurs de Rome, il ferme les veux à l'j'vidence attestée par la nature des lieux où Rome a été fondée. Dans un endroit si malsain il n'v a (|ue des brigands (|ui aient pu songer à planter leurs orges. Il ne croit pas plus à I enlèvement des Sabines : cependant, il y a dans les lois romaines une preuve bien évidente cpic les premières femmes de Rome avaient été des étrangères ravies de force; il était défendu aux femmes par une loi datant des temps des rois, tombée naturellement en désuétude depuis, d entrer dans la cuisine, tle peur (ju'elies n empoisonnassent les mets. — Les vaincus, historicjuement parlant, ont toujours tort vis-à-vis des vaiiKpieurs: la thèse d Xugustin Thierry réhabilitant systématiquement les Anolo-Saxons est donc mal fondée. Leur infériorité est prouvée, non pas tant |)ar la défaite même, que par ralîermissement de la domination tle la race conquérante.

L n des faits les plus obscurs de l'hisloirc est le problème des tlitrérents éléments qui ont composé le peuple grec. L'invasion des Doriens... d'où venaient-ils? Leur séparation en Doriens, Ioniens, Eoliens? Les Athéniens étaient -ils des Ioniens? etc., etc. La mention des Athéniens dans Homère est une intercalation postérieure {1860\

Le xix*^ siècle est incontestablement un siècle d'histoire où les études historiques et critiques ont été remises en honneur, et en cela est sa supériorité; mais on s'est jeté dans les extrêmes. Parce que toutes les histoires précédentes étaient conçues dans un esprit faux, que l'on n'y tenait nullement compte des peuples, mais que c'était aux rois et aux grands seuls que l'on faisait attention, était-ce une excuse pour se jeter dans l'extrême opposé, pour faire sans cesse l'apologie des vaincus, pour voir toujours des questions de races là où il y a lutte entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel? Xiebuhr a une critique pleine de finesse et de talent: l'art y paraît trop cependant; et il pousse tellement loin la recherche et la critique que son ouvrage perd de sa valeur. Il prétend retrouver dans les premiers chapitres de Tlte-LIve les rimes des anciennes ballades

avoo los((iielles il prôfciidait (|ii(> Tito-I.ive avait coinposc* sou histoire. VA d'où lui est venue eetle idée.' De ce (ju'à ee uioiu(;nt I on niait l'existence tl'Houière, et ([ue l'on rapportait toutes les premières UMivres des peuples à des ballades.

Un auteur allemand très savant de Kœnigsbero- a écrit un ouvratre sur les nivstères des Grecs, où il dit qu'il est convaincu ({u'ils ne sij^iiifiaienl rien, et il les compaie au carnaval des nations modernes cjiii n Dut «'paiement aucune si<;ni(ication. ^ Oilà le ic'sidtat cjuauil on c<'rit sans savoir!

Cirote, An<çlais rompu au\ discussions pailementaires et helléniste des plus foi-ts, tombe dans une erreur analogue ipiand il parle de la retraite des Dix- Mille; il explique que les Grecs durent leur salut à l'habitude qu ils avaient de s'assembler tous les soirs et de discuter entre eux les opérations du lendemain. Il est probable ([ue c'est à leurs qualités militaires ([u'ils furent redevables de la vie.

L'architecture gothique est éminemment française ; elle a pris naissance dans l'Ile-de-France et dans certaines parties de la Picardie. Hors de là, il

ne s'est rien fait d'originairement gothique. I.es prétentions des Allemands ne peuvent pas se soutenir.

Une philosophie de l'histoire est une absurdité. Evidemment quand les mêmes causes se présentent, les mêmes elîets probablement suivront, le cœnr de riîomme étant partout et toujours le même; mais léduire tout en système est dangereux et étroit. Ou a remarqué que les aristocraties dégénéraient en démocraties et, de là, aboutissaient au despotisme. Hérodote a pailé de cette loi universelle.

La Saint-Barthélémy fut, le 24 février de l'année 1592, le triomphe de la démocratie. Le protestantisme s'était fait en France de haut en bas. C'étaient les grands du pays, les Chatillons, les Montmorencv, (jui s'en servaient comme d'une arme contre la couronne. Remarquez que les causes populaires s'abritent le plus qu'elles peuvent derrière un grand nom. César n'en a été ni le premier ni le dernier exemple.

Mythe dorien : Taras, chef dorien, après deux essais infructueux sur une ville de l'Italie méridionale, consulta l'oracle pour savoir ce c|u'il fallait

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(ju'il fil pour en arriver à ses lins. Il lui fui répoiulu (|u'il ne serait vainqueur que lors(|u'il totnbeiait tie l'eau d'un ciel serein, à~ 7.';\i'.r,z.

In jour (jue, se prt'paraiil à un conibal, il se faisait arranj^er la eheveluie selon la mode dorienne, par sa femme, il sentit plusieurs humes lui tomber sur le front, car elle était inquiète de son sort. Klle s'appelait Kj^lé. Il salua cette eoïneidence comme un présage de victoire, ce (|ui arriva en elîet. (.e fui lui qui fonda Tai-ente.

Méiimée croit (jue les (laidois (Celtes au fond , c'est-à-dii'e une partie de la nation, retournèient au berceau de leur nation, en (^.alatie (Asie-Mineure : c'est pendant ce retour qu'ils pillèrent Delphes ; seulement, ce fait eut lieu bien des siècles après qu'ils eurent perdu la mémoire de leur première patrie. Comme les Turcs, ils commencèrent à se mettre an service des princes indigènes et finirent par s'établir à leur place Bunsen ne croit pas du tout au retour i.

Le nombre des conqia|rnons de Guillaume le Conquérant n'était pas gi-and: mais leur granile supériorité de civilisation leui- conserva les avantages que leur avait donnés la victoire. Pas un parmi ces « Xord-men » ne savait le danois ; ils s'étaient entièremenl lalinis»'s et francisés. C'est à peine si le

courant d'émigration des gentilshommes, et autres, de Normandie en Angleterre, dura cent cinquante ans; ainsi la masse de sang étranger n'a jamais été très considérable, mais c'était le levain; ils donnèrent l'impulsion et firent de l'Angleterre ce qu'elle est.

L'amour du beau était bien plus développé chez les Grecs que chez aucun autre peuple; ils ont porté l'art à un degré beaucoup plus élevé qu'aucun autre peuple. C'est un fait incontestable. D'où cela vient-il? La réponse est bien difficile. Entre autres raisons, leur éducation était différente. Les jeux en public, la gymnastique, développaient les muscles et chacun était plus à même d'apprécier les beautés de la forme. Le commun des hommes en savait plus long que maint artiste de nos jours sur la statuaire. Les femmes ne jouaient aucun rôle dans la société grecque. A Rome leur influence était [grande : voyez] Lucrèce, Cornélie, mère des Gracques, etc. On raconte que deux sœurs avaient épousé, l'une un patricien devenu consul, l'autre un plébéien qui n'était que tribun. Comme cette dernière rendait visite à sa sœur, le mari consul frappa à la porte, du pied. C'était l'habitude des gens bien élevés dans l'antiquité. Comme elle témoignait de l'efîroi à ce bruit inusité et de son ignorance de cette coutume, sa sœur « consulaire « railla son manque de

Francisque Michel. H

162 PROSPEH MÉRIMÉE

savoir-vivre. I.a cadette n'eut de repos que son mari n'ait poussé le peuple à demander et à obtenir que les plébéiens pussent paivenir au consulat. Ce Irait, peut-être inventé, indique le rrtle de la femme à Rome.

(^uvier avait au Jai-din des Plantes plusieurs cabinets de travail, réservés, chacun, à une branche paiticulière de la science, à la conchyliologie, à l'ornithologie, à la pischologie (sic), etc., etc.; dans cha([ue coin était un pupitre. Il ne composait qu'en se promenant de long en large ; aussitôt l'idée venue^ il la notait, trouvant toujours un pupitre à sa portée. Il avait calculé qu'il faisait ainsi plusieurs lieues par jour; il ne prenait pas d'autre exercice. Ses discours académiques, si admirés, ont été pour la plupart composés dans sa voiture arrangée à cet effet, pendant qu'il se faisait conduire dans le monde, où il allait assidûment.

Il y a dans l'église Saint-Marc, à Venise, une dalle sur la([uelle sont sculptés un lion gras se tenant au milieu des flots et un lion maigre se tenant sur la terre ferme. Ce fut l'œuvre ou l'idée d'un chanoine qui voulut ainsi exprimer la destinée de Venise, qui serait riche et florissante tant qu'elle dominerait sur les mers, mais (jui dépérirait du moment où elle se trouverait reléguée sur la terre ferme.

Marchiali était le nom du « Masque de fer ». Il était de Modène. En sa qualité de Ministre du Duc, il avait promis à Louis XIV la cession de Casale, et en avait obtenu, en échange, des conditions favorables; de plus, un blanc-seing du Roi. Etant convaincu plus tard qu'il avait été dupé, le Roi chargea Catinat de reprendre Marchiali. Attiré dans un village, il fut saisi par des soldats français déguisés, emprisonné d'abord à Fenestrelle, puis à l'île Sainte- Marguerite. Il mourut à la Bastille. On a aux Affaires Etrangères le rapport de Catinat à ce sujet, ce quia permis de vérifier le nom.

Quand la Russie aura sa petite révolution, on verra comme elle marchera dans la voie de [la] conquête. Voyez comme elle s'est assimilé laMingrélie, la Géoroie, etc., etc. — La raideur des Anglais, leur mépris nullement déguisé pour toute autre i^ace que la leur, leur indifférence complète à blesser les vanités, les susceptibilités, l'orgueil des peuples qui leur sont soumis, les empêcheront à jamais de fonder un établissement durable aux Indes. Du jour où les Russes y arriveront, les Anglais seront perdus.

On ne remarque d'étriers ni dans les pièces de

184 l'IVOSI'EH MÉRIMÉE

monnaie, ni dans les statues ou les sculptures anciennes. Il était du devoir du gouverneur de la localité, soit en Grèce, soit à Kome, de faire placer le long des l'outes, à de fréquents intervalles, de «rrosses pierres afin d'aider le cavalier. Hippocrate et Gallien parlent d'ailleurs d'une maladie occasionnée par cet état de pendaison des jambes, à la suite d'un usage prolongé du cheval. Les Anglo- Saxons, les Xoi-mands, les Anolo-Xormands furent probablement les premiers à se servir d'éperons, c(»mme on le voit d après les peintures dans le remple-Church à Londres. Sous Henri III d'Angleteri'e, on se servait d épei'ons à roue. Henri VHI fut le premier (jui introduisit l'éperon en forme d étoile.

Mérimée vint à parler un soir de ses tournées archéologiques. Viollet-le-I)uc se trouvait ce soir-là chez lui — : « Je me souviens, dit Mérimée, (ju'une fois, entre autres (c'était en Alsace , je visitais une église en compagnie d'un professeur de la religion j)rétendue réformée. Comme il y avait une inscription que nous ne pouvions déchilTrei-, il fut chercher de l'eau bénite et lava la pierre, ce (jui me scandalisa horriblement. « C.'est bien à vous d'en parler! interrompit en riant Viollct -le-Duc : que tle fois n'avons-nous pas pris de l'eau bénite pour laver nos plans dans les intérieuis tléglises.' je vous ai vu souvent laver vos bi'osses dans le bénitier. » — u Ah!

je l'avais oublié », répliqua Mérimée. » C'était à une époque où les questions religieuses avaient peutêtre moins de retentissement qu'aujourd'hui.

Mérimée dînait à Londres chez le Prince de Talleyrand, alors ambassadeur. C'était au moment du siège d'Anvers et l'on s'attendait d'heure en heure à recevoir des nouvelles définitives. On savait que le Prince, le matin, avait reçu des dépêches par un courrier extraordinaire, mais il n'avait rien dit. A cette époque, en 1832, les nouvelles voyageaient moins vite qu'aujourd'hui, et toutes les personnes invitées à ce dîner, parmi lesquelles les sommités de la société de Londres et tout le personnel de l'ambassade, étaient fort curieuses d'apprendre quelque chose. Aussi s'était-on donné le mot pour pousser le Prince i parler, entre autres Milady***, qui s'était charcrée d'attacher le orelot...» Prince avez-vous reçu des nouvelles d'Anvers? », fit-elle après le premier service. Talleyrand, qui entendait parfaitement quand il voulait, fit la sourde oreille. A toutes les allusions il ne fit aucune attention. Enfin, tout à fait il la fin du dîner, comme quelqu'un exprimait la crainte que les Français ne fussent obligés de lever le siège. — « C'est ce qui est en effet arrivé. Messieurs, dit le Prince tranquillement. Anvers est à nous depuis hier. » C'est tout ce qu'il dit. Un autre eût illuminé, eut fait part de l'événement à tout le

1H6 l'ROSl'ER MKRiMÉE

monde dès le premier momenl... Talleyrand visait à produire un plus grand etîet, mais autrement: et il y réussit.

I^our prouver jusqu à (juol point les moMirs et la moralité publique ont pçagné depuis un siècle, Mérimée cite le Journal de Barbier, ce bon bourgeois, cet honnête homme de 1760 qui, à propos d'un criminel dont les délations compromettaient beaucoup de monde, écrit tranquillement : a I, a justice devrait faire empoisonner ces gens-là », sans se douter de l'énormité de ce qu'il écrit.

Une autre preuve à l'appui («st l'édil du scnal de Venise qui défendait aux ouvriers de Murano d'émigrer à l'étranger et qui menaçait de les faire assassiner, s'ils s'y établissaient.

M. Héal reçut du premier Consul l'ordre daller interroger le Duc d'Enghien peu d'instants avant l'heure où on devait le fusiller. Cette mission lui plaisait fort peu: il s'arrangea pour arriver à Vincennes trop tard! Le Duc n'était plus... On lui remit tout ce qui avait appartenu à la victime de Bonaparte, entre autres une lettre cachetée adressée à la Princesse de Rohan. Real se trouva en alTaires en ce moment, et il ne pensa pas à la faire parvenir à son adresse. Plus tard, il dut se réfugier en /Vmérique et, en partant, confia ses papiers à M. Mérimée

père, qui les lui rendit à son retour. M. Real mort, sa fille pria Prosper Mérimée de les examiner. Interrompu à diverses reprises, il les repassa à son cousin, M. Fresnel, lors du mariage de celui-ci avec la fille de M. Real. Un matin, M. Fresnel, — ils habitaient la même maison, — monte tout effaré chez Mérimée, une lettre ouverte à la main : « Tenez, voilà ce que j'ai trouvé », et il lui donna à lire cette pauvre lettre égarée. Elle contenait une alliance et quelques cheveux.

Comme le fils d'un roi était un dicton sanscrit qui faisait allusion à la légende suivante. Le fils d'un roi avait été volé dans son enfance. Elevé dans les montagnes, parmi les bergers, il avait fini par les surpasser tous en audace: il sortait triomphant de toutes les luttes, de tous les dangers, à force de courage et de persévérance. Enfin le secret de sa naissance s'ébruita: rappelé par son père, ses dignités lui sont rendues, son rano- est reconnu, il recommenée une nouvelle carrière, il trouve de nouveaux devoirs à remplir. C'est l'histoire de l'àme humaine (Barthélémy-Saint-Hilaire).

(Petite esquisse d'une promenade avec Mérimée et Saint-Hilaire à Cannes, en janvier 1868.)

Arrêté près d'un puits, Mérimée s'asseoit sur une pierre, allume une cigarette : « Vous rappelez-vous,

168 PROSPER MÉIUMÉE

dit-il à Sainl-IIilaire, cette page tl'Ammien Marcellin, où il raconte que, poursuivis par des Parthes, lui et ses légionnaires épuisés de soif s'arrêtèrent près d'un puits, et, n'ayant rien pour puiser l'eau, y trempèrent leurs manteaux, et, en les tordant, purent ainsi avaler quelques gouttes. » On ne trouve pas beaucoup de ces traits modernes chez les anciens. On dirait que le fait s'est passé hier. Saint-Hilaire dit qu'il croyait (jue cette absence de détails venait de ce que les anciens ne les avaient pas jugés assez importants pour les consigner par écrit, que, de plus, l'esclavage et la constitution de la société païenne leur laissaient ignorer une foule de choses. Puis on parla des 'yr.c>[jyf/^.x-:x [Commenta ires) de Xénophon,oii il est raconté qu'on annonçait à Athènes l'arrivée d'une chamelle d'Ionie, et chacun de vanter sa beauté. Socrate voulut l'aller voir, et il y a une conversation charmante à ce propos. — Saint-Hilaire vint à parler du Banquet de Platon où, le discours étant venu sur la beauté, Socrate s'excusa de n'en rien dire, plaidant son ignorance. « Mais, ajouta-t-il, je me souviens d'avoir rencontré à Corinthe une courtisane Diothyma, qui m'en a dit plusieurs choses qui m'ont frappé et je vais vous les répéter »; et puis suivent des détails ravissants. — I.a conversation passa à Horace. Mérimée cita un vers de lui désapprouvant qu'on mît en croix un esclave pour avoir mangé d'un plat qu'il emportait. Cette indulgence d'Horace laisse supposer comment on punissait les esclaves chez les Romains. La conver-

sation tomba sur Cicéron, sur ses lettres, sur les éditions qu'on en a faites; on cita sa vanité extraordinaire; il s'inquiétait sans cesse de ce que pensait Varron de ses différents écrits. On parla surtout d'une de ses lettres adressée à César, au plus terrible moment de la guerre des Gaules, dans laquelle il lui demande de lui renvoyer courrier par courrier son avis sur tel opuscule qu'il lui a fait parvenir... La cigarette étant finie, nous nous levâmes et continuâmes notre promenade.

Buckle, dans son Histoire de la civilisation, parlant des Espagnols, ne tient pas assez compte des grands changements qui se sont produits dans le caractère de ce peuple depuis le règne d'Isabelle la Catholique. Il a l'air de croire que, tel qu'il est aujourd'hui, tel l'Espagnol a toujours été. C'est radicalement faux. D'abord la féodalité n'a jamais existé en Espagne. Autrefois, nul pays n'était mieux doté d'institutions libérales.

Chaque province avait ses privilèges. Les Juifs et les Maures vivaient avec les chrétiens sur un pied d'égalité parfaite. Don Samuel Lévy était le trésorier de Pierre le Justicier. Ce n'est que plus tard, à la fin du xv" siècle, que l'Eglise catholique, sous prétexte de religion, fit appliquer de véritables mesures de confiscation. Par suite des habitudes dépensières des chrétiens, de leurs querelles et guerres intestines, la plupart des descendants des Goths étaient

170 l'ROSl'ER MÉRIMÉK

ruinés. Tout l'arprent, peu à peu, était passé entre les mains des Juifs et des Maures. C'est ce que virent les prêtres. Aussi, sous le voile de la religion, dépouillèrent-ils les infidèles, ayant grand soin de prélever largement la dîme de l'Kglise. A partir du règne des souverains c'atlioli<jues et de l'introduction de l'Inquisition, le caractère espagnol devint étroit, bigot, cruel. Avant ce changement, un évêque espagnol avait refusé de s'associer à la persécution des Albigeois.

Toutes les idées nobles, n;''''indes, riches et raisonnables, sont venues des Grecs. .lamais l'Allemand n"a eu une idée raisonnable; il est un chaos d'obscurité.

II n'y a pas d'honnêteté chez les critiques allemands; ils partent tous d'un système préconçu et dénaturent les faits pour leur faire prouver ce qu'ils veulent. Lessing a poussé son exagération contre le christianisme trop loin. Niebuhr mentait sciemment. Il n'y a que les Français et les Anglais qui ont rendu de grands services à l'humanité, les premiers par la clarté qu'ils mettent en tout, les seconds par leur application sérieuse et pratique.

Jamais réputation n'a été plus usurpée ([ue celle de Gœthe; elle est bien au-dessous de celle de

Schiller, qui lui-même n'est qu'un écrivain de second ordre, et grand imitateur. Jamais les Allemands n'ont raisonné. Une suite d'inductions n'est jamais sortie de la tête d'un Allemand. \iebuhr arrange son système comme on abat des noix; il torture l'histoire romaine et dénature les faits pour les plier à ses idées.

Geniiith signifie escroquerie. Goethe, Schiller et C", [sont] des plagiaires faux et maladroits souvent. Auraient-ils tous existé sans Shakespeare? Leurs philosophes ont tout emprunté à Charles Bonnet (commencement du xvii^ siècle), qui avait dit avec plus de simplicité ce qu'ils ont répété. Kant a-t-il dit quelque chose qui ne se trouve pas chez les Grecs? Que signifie un historien comme Niebuhr, disant qu'il n'a jamais lu Vico quand il lui prend toutes ses idées?

Alexandre de Humboldt n'était qu'un Goethe au petit pied. Il parlait de beaucoup de choses qu'il ne connaissait pas très bien avec une timidité qui rendait la compréhension plus difficile. Comme ses compatriotes font toujours, il n'avait ni suite, ni ordre, ni méthode. N'ayant rien découvert de luimême, il avait beaucoup de facilité à profiter de ce que les autres avaient trouvé. Il brillait surtout par son extrême aptitude à saisir les rapports des sciences entre elles. On pourrait dire de lui, si l'on était un peu sévère, que c'était un farceur.

Page 3, ligne 1. — 17 Janvier [1848] : Cette lettre, adressée à « Monsieur Francisque Michel, Professeur à l'Académie, 17, rue Ducau (Ghartrons), Bordeaux », n'est pas datée et l'enveloppe n'est pas timbrée. D'après le contexte, je crois pouvoir la dater du 17 janvier 1848. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 8. — ... « avec V ennui d'épreuves à corriger pour la Revue des Deux Mondes »... .• Il s'agit de V Histoire de Don Pèdre I^^, roi de Castille, dont la première partie a paru dans le n° du l^' décembre 1847 de la Revue des Deux Mondes et dont la seconde partie paraîtra dans le n° du 1er février 1848, ce qui confirmait la date que je propose pour cette lettre. C'est à son Histoire de Don Pèdre /«"■ que Mérimée fait allusion dans le paragraphe suivant.

— , ligne 13. — « Malheureusement, mon siège est fait... » ; Parce que la première partie de VHistoire de Don Pèdre a déjà paru.

Page 4, ligne 9. — ... « wn troisième volume de vos Races Maudites » .• Il s'agit de l'Histoire des races maudites de la France et de l'Espagne. Paris, 2 vol. in-8°, 1847. C'est la thèse de doctorat de F. Michel.

— , ligne 12. — « Paleografia espaHola por Don Esteban Paluzie y Cantalozella... Ce livre a paru à Barcelone en

— , ligne 23. — Paris, 20 Janvier 1849 .• Cette lettre et les lettres suivantes sont adressées à « Monsieur F. Michel, professeur à la Faculté des Lettres, 17, rue Ducau (Ghartrons), Bordeaux (Gironde) ».

Page 5, ligno, 24. — ... « et dignes des vers qui les commentent »... ; Il s'agit de Rigaud d'Aurelhe, baron de Villoneuve, conseiller de Charles VIII, de Louis XI et de Louis XII. Il était né à Villeneuve d'Ambron vers 1450 (cf. Revue de VAgenuis, 1887, t. XIV, p. 368). Son crédit déclina avec l'âge et il se relira en Auvergne où il se consola en faisant bâtir le château de Villeneuve (village du Puy-de-Dôrae). Cf. Nobiliaire d'Auvergne, de Douillet, t. I, p. 90-93.

La bigorne est un animal imaginaire, la Chiche-face un fantôme déchaîné, symbole de gloutonnerie et d'avarie»-.

Page 6, ligne 4. — Notre Président = Louis Napoléon. — , ligne 10. — ... cold, distant et self conscious — froid, distant et gêné.

Page 7, ligne 3. — ... o et savoir mes trois conjugaisons russes »... .• Depuis 1835, Mérimée s'intéresse au rus.se ; en 1840, il se lie à Athènes avec Théodore Lagrené, dont la femme (née Varinka Doubensky) va l'initier à sa langue maternelle.

Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (24 février 1874).

— , ligne 9. — 7 Mai [1899] .• Cette lettre n'est pas datée, mais elle est vraisemblablement de 1849.

Page 8, ligne 8. — ... sous le couvert diplomatique à Lisbonne : Miguel d'Antas, né à Lisbonne en 1823 et ami de Mérimée, était conseiller de la légation du Portugal en France et membre correspondant de l'Académie d'Histoire de Madrid. En 1865, il publia Les Faux Don Sébastien, étude sur l'histoire du Portugal (in-S", Durand).

— , ligne 24. — 19 Juin 1849 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 9, ligne 10. — 21 Juin 1849 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 14. — ... « à faire boire des ânes qui n'ont pas soif »... .• Mérimée reprendra le mot plus tard, en 1861, en l'appliquant à Walewski. « Je soutenais un amendement

proposé par le prince Poniatowski en faveur des Arts et des Lettres. Comme j'ai dit un mot à l'éloge de M. Fould, Walewski s'est levé et a dit en assez mauvais termes qu'il votait contre l'amendement. Or, cet amendement tendait à lui faire donner des ressources nouvelles pour encourager les artistes. L'étonnement a été grand dans le Sénat. J'ai dit, malheureusement assez haut pour qu'on l'entendît, qu'on ne pouvait faire boire un ministre qui n'a pas soif. Et depuis ce tems-là, il me fait grise mine, et madame encore plus... » (Lettres à M™e de Montijo, 23 mars 1861). Même récit dans la lettre du 21 mars [1861] adressée à Jenny Dacquin (cf. Lettres à une Inconnue, t. II, p. 148- 150).

Page 9, ligne 18. — 17 Juillet [1849] ; Lettre non datée.

Page 10, ligne 2. — ... « dont le premier volume avait paru »... ; Les Bohémiens en Europe et en Asie. Halle, 1844.

— , ligne 13. — Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (24 février 1874).

— , ligne 25. — 4 Août 1849 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 27. — J^ai votre manuscrit depuis hier seulement... : Il s'agit des Etudes de philologie comparée sur V argot.

Page 12, ligne 1. — ... c^est là ce que je craignais le plus... : F. Michel avait adressé à l'Académie, pour le concours du prix Volney, ses Etudes de philologie comparée sur Vargot et sur les idiomes analogues parlés en Europe et en Asie.

— , ligne 3. — Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (24 février 1874).

Page 13, ligne 21. — « r espère qu'elle vous y trouvera » ; On a fait suivre la lettre à Bagnères-de-Luchon.

— , ligne 22. — Parts, 2 Septembre [1849] ; Cette lettre est du 2 septembre, et non du 27, comme l'indique la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 24. — Je pars après-demain... : Mérimée part en tournée d'inspection pour Tours, Saumur et Poitiers ; à la

176 NOTES ET ÉCLAIKCISSEMENTS

fin du mois, il publiera une Note sur Sainte- Rade gonde de Poitiers (cf. Bulletin des Comités historiques, 1849, p. 265- 268).

Page 14, ligne 27. — ... parmi les auteurs britanniques... : Quatre jours après cette lettre, le 6 octobre, la Commission du prix Volney décernait : 1° une médaille d'or de 1,500 francs à Max Millier pour un manuscrit intitulé : (Comparative philology of the indo-european languages (c'est le mémoire anglais dont parle Mérimée) ; 2° une médaille de 1,200 francs à F. Michel pour ses Etudes de philologie comparée sur Vargot... Le billet cacheté de F. Michel portait comme épigraphe : De nuptiis Mercurii et philologiae. Le manuscrit portait en épigraphe : Ablatum mediis opus est incudibus istud (Ovide, liv. I. Ëleg., VI, V, 9). 11 y avait dix concurrents.

Page 15, ligne 7. — 22 .Janvier [1850] ; D'après le timbre de la poste.

Page 16, ligne 3. — ... con toda franqucza... : Il s'agit de l'impression des Éludes de philologie comparée sur Vargot qui viennent d'être couronnées par l'Académie (second prix Volney).

— , ligne 6. — • ... un grand plaisir... : Il s'agit de La Chanson de Roland ou de Roncevaux, du XI I^ siècle, publiée pour la première fois d'après les manuscrits de la bibliothèque Bodléienne à Oxford. Paris, Silvestre, 1837, in-8o, 176 p.

—, ligne 14. — Paris, 22 Juin [1850?] .• Cette lettre est intercalée, dans la liaisse manuscrite, entre la lettre du 13 juin 1851 et la lettre du 23 juin 1851. Or, le contexte indique que cette place n'est pas la sienne, car il y aurait une contradiction à propos du voyage en Angleterre. Sous toutes réserves, je la date de 1850, ce qui prouverait que Mérimée a fait deux voyages en Angleterre (un en 1850, et un en 1851?).

Page 17, ligne 2. — ... venant d'Orient... : F. Michel prépare son ouvrage intitulé Recherche sur le commerce, la fabrication et Vusage des étoffes de soie, d'or et d'argent... pendant le moyen âge, qui paraîtra en 1852-1854 (2 vol. in-4o).

Page 17, ligne 25. — ... que vous m'annoncez... : Il s'agit de l'édition du Dit de la Gageure, publiée par F. Michel (Paris, Plassan, 1835, in-8o).

Page 18, ligne 14. — [22 Octobre 1850] ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes. Je la date d'après le timbre, assez brouillé, de la poste.

Page 19, ligne 2. — r. Jacob 18 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 4. — ... Ce qui in' a paru fort mal... : Un billet de F. Michel, que nous ne publions pas, prouve que F. Michel était à Paris en octobre ; il en repartit au début de novembre.

— , ligne 28. — ... en Dauphiné... : Le branc désigne communément une épée (cf. La Curne de Sainte-Palaye, Dictionnaire historique de Vancien langage français).

Page 20. ligne 13. — ... pour la Grande Rohéme... : Il s'agit probablement des planches, extraites de la Grande Rohéme, qui illustrent Le Livre d'or des métiers de F. Michel (1851).

— , ligne 19. — 5 Décembre [1850] ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 26. — ... et de la poésie... : Allusion aux Chants populaires de la Grèce moderne publiés par Fauriel en 1824-1825 (F. Didot, 2 vol. in-S»).

— , ligne 27. — ... les poètes basques sont bien plats... : F. Michel, qui prépare son Pays basque, a déjà publié en 1847 les Proverbes basques recueillis par Arnauld Oihenart, suivis des poésies basques du même auteur. Bordeaux (1847, 2eéd., pet.in-80).

Page 21, ligne 4. — ... par Rayonne... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (24 février 1874).

— , ligne 7. — ... ses mandements... : En 1857, F. Michel publiera son livre sur le Pays basque, dont il sera question plus loin.

Francisque Michel. li

17<S .NOTKS ET ÉCLAIRCISSEMENTS

l'agc^I, lit,'ne 10. — ...en Ecusse... : lls'a^'il d'Aiidrcdc Moiilalfinbi r(,st'igiifur<l'Es.sé,qui lit laiainpaj^iicd'I^cossf en 15'i8 •'! fut lut'; au sit'^'t> de Thérouanut- eu 155;{ (cf. La Chosnaye du Bois, t. XIV, p. 38). l'u anonyme [l'abbé Pérau] publia une étude sur lui dans la Vie des hommes illustres de France (t. XIII, p. 2'J8-340). — En 1802, F. Michel publi'-ra un ouvrage sur I^s Écossais en France, les Français en Fcosse.

— , ligne 17. — l'i Décembre 1850 ; Cette l<'ltre n'a pas été publiée par la He<.ne des Deux Mondes.

— , ligne 18. — ... Panlagraélisle... : Allusion au Rabelais anali/sé ou Explication des 76 figures gravées pour ses œuvres... de F, Michel (Paris, Barba, 1830, in-8o).

— , ligne 22. — ... l'affaire est faite... : F. Michel désirait être nommé i:orrespondant de rinstitul.

Page 22, ligne 26. — ... sur cette grande énigme... : Allusion à l'ouvrage de Paul Lacroix : L'Homme au masque de far. Paris, Magen, 1836, in-8o.

Page 23, ligne 15. — - 20 Décembre au soir [1850] .■ Cotlc lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 24, ligne 22. — 27 Décembre [1850] .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 25, ligne 3. — ... « Quant à M. Rouard »... ; Ltienne- Antoim; Rouard, né en 1792, bibliothécaire de la Itibliothèque Méjane, à Aix.

— , ligne 23. — ... tocayo = homonyme.

Page 26, ligne 7. — ... mais de noms propres, point... : Touti^fois, en 1856, il annoncera à M"><^ de la Rochejacquelein la mort de son chat Matifas (cf. Une correspondance inédite, p. 47). Sur ses chats, cf. Ibid., p. 44.

— , ligne 13. — ... fort complaisant... : Le R. P. Arthur Martin, qui collabore avec le R. P. Charles Cahier aux ouvrages d'archéologie dont il va être question. Di' 1841 à 1844, les deux archéologues avaient publié la Monographie de la cathédrale de Bourges.

NOTES ET ÉCLAIUCISSEMENTS 179

Pago 27, ligne 4. — ... celle de Démétrius... : Mérimée prépare son livre intitulé Épisode de Vhistoire de Russie : Les Faux Démétrius, qui paraîtra en décembre 1852.

— , ligne 26. — ... de ces sobriquets-là... : Mérimée aurait pu lire dans La Curne de Sainte-Palaye : « Les soldats d'infanterie de marine se nomment aussi bigorneaux du chapeau à deux cornes qu'ils portaient sous le l^r Empire » (Dictionnaire historique..., t. II, p. 480, note).

Page 28, ligne 12. — ... Rusand, éditeur... : Il s'agit des « Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature rédigés ou recueillis par les auteurs de la Monographie de la cathédrale de Bourges » (Cahier et Martin). 4 vol. gr. m-\o paraîtront de 1847 à 1856.

Page 29, ligne 17. — ...du graveleux de votre sujet... : Allusion à L'Histoire des hôtelleries, cabarets, hôtels garnis, restaurants et cafés et des anciennes communautés et confréries d'hôteliers, de marchands de vins, de restaurateurs, de limonadiers..., que F. Michel prépare en collaboration avec Edouard Fournier ; le livre paraîtra l'année môme.

— , ligne 20. — 22 Mars 1851 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 27. — ... Cet oracle m'a toujours paru... : Mérimée aime cet « oracle », car il le reproduit dans la lettre qu'il adresse le 7 août 1865 à M'ne de Montijo. « Le général Fox va se marier. Il épouse M^^*^ Maberly, une amie de ]\jme Xifre. Elle était fort jolie il y a quelques années. Bien qu'elle soit arrivée à la quarantaine, on jase de ce mariage. Le général a cinquante-neuf ans, et il y a une prédiction de Nostradamus qui dit :

Qui beaucoup d'ans ayant vécu Trop jeune femme épousera Si le galleux se grattera Avec les ongles d'un cocu.

Page 30, ligne 5. — ... d'avoir pensé à... : La phrase est inachevée.

Page 30, ligne 9. — ... que je voudrais faire.. . : Le passage entre crocht'ts a été publié par la lAberté (25 février 1874) cl, en partie, par V il clair (.'> avril 1907), qui datf faussement la lettre du 27 juillet 18G0 (?) et mêle les Ifttr.-s des 22 mars 18.51 et 2.3 juillet 1852.

— -, ligne 10. — ... Vous trouverez des dessins médiocres... : Mérimée semble sévère pour l'œuvre considérable des deux archéologues.

Page ;U, ligne 1. — 15 Mai 1851 ; Cette lettre n'a pas été publiée |)ar la Revue des Deu.t Mondes.

— ■, ligne K). — ... nf pourraient passer... : Mérimée connaissait l'I admirait Racliel ; mais il ne se gênait pas pour colporler les bruits les plus fâcheux sur sa vie intime (cf. Lettres à M"^^ de Montijo, 22 mai 1840, juin 1840. 15 avril 18'i:], 25 novembre 1843, 20 janvier 1844, etc...).

— . ligne 24. — ... M. de S' P... : De Saint-Priest (le comte Alexis de Guignard).

— , ligne 28. — ... Je vais le lire... : Article de Paulin Paris dans la Bibliothèque de F École des Chartes {La Chanson de Roland, éd. de M. F. Génin), t. II, p. 297. — F. Michel, qui avait édité la Chanson après l'abbé De la Rue, est mêlé à cette querelle d'érudits.

Page 32, ligne 8. — How do you like it? Calembour obscène : quelle est la difTérence entre une crinoline et un marais? — Réponse (yi ... nsiver). « Un marais est : a Utile nitirass. un petit marécage ; a Unie more a... un peu plus de... postérieur. » Qu'en pensez-vous?

— , ligne 16. — 31 Mai 1851 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deu.r Mondes.

— , ligne 19. — ... très spirituel, ma foi... : Lettre à M. Paulin Paris, membre de l'Institut. Signé : F. Génin (au sujet de la critique de sa Chanson de Roland). Paris, F. Didot, 1851,in-8o, 51 p.

Page 33, ligne 3. — .W V. = Villemain.

Page 33, ligne 11. — ...la Chanson... : II s'agit sans doute de La Chanson de Roland de F. Michel, dont il a été question déjà.

— , ligne 15. — ...delà brochure de M. Guessard... : Examen critique de l'ouvrage de M. Génin intitulé : Des variations du langage français depuis le XII^ siècle. Paris, F. Didot, 1846,in-8o.

Page 34, ligne 17. — [13 Juin 1851] ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 22. — ... dans les manuscrits qu''il avait empruntés... : Réponse de la Ribliothèque nationale à M. Feuillet de Couches. Paris, Panckoucke, 1851, in-S", 72 p.

— , ligne 24. — ... pour P. Paris... : Lettre à un ami sur l'article de M. Paulin Paris, inséré dans la Bibliothèque de V École des Chartes (t. II, p. 297).

Page 35, ligne 19. — 23 Juin 1851 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 36, ligne 12. — ... la Salle Synodale de Sens... : Ons'occupait alors activement de la restauration de la cathédrale de Laon sur laquelle Mérimée a fait deux rapports (avril 1848 et 3 mai 1850), et de la restauration de la Salle Synodale de l'archevêché de Sens, sur laquelle son ami Viollet-le-Duc vient de faire un rapport en avril 1851 (cf. Du Sommerard, Les Monuments historiques de France à V Exposition universelle de Vienne, 1876, in-4o, p.l63etp.l67).

— , ligne 18. — ... de ne V avoir pas vu... : Le Palais de Cristal avait été érigé à Hyde Park pour l'Exposition universelle de 1851 et transporté à Sydenham en 1852-1854 (cf. Architecture et sculpture peintes au palais de Sydenham. Moniteur universel, 2 septembre 1854).

— , ligne 27. — ... Paris et Génin de Vautre... : Cf. les lettres des 15 et 31 mai et du 13 juin 1851.

182 NOTES V:T KCLAIUCISSK.MENTS

Wv^r :{7, liK'iif l(t. — 17 Juillet [1851 1 ; Ccll.- l.ltrc n'a pas élv publiûc par la /ic^'ue des Deux Mondes.

— , lij,'iic l'i. — ... que i.'(ju.s allez publier... : Ci', la aok- de la l.Un'du 22 juin 1851,

Pa;.(t' :)8, lij^ne 3. — ... Duvrai^e d^une digestion frr.s difficile... : llistorij of .s'prinisfi Lilrr'tdire, by (Icorjîc Tickiior. New- York, :{ vdl. iii-S". MiTiinéc t'ii a niulu coinplt- dans la Hevue des Dett.i .Mondes du 15 aviil 1851.

Paj^c 3'.», litriii' If). — ... les rieurs de son côté... : On sait 1(> ri'ti'iiiissfini'nl qu'aura (•'•ttf affali'c cl racliai'ncnii'nl que ni''llra Mi'iimt'c à déri'ndrr son ami (cf. Le Proris de .M. Lihri. Re^'ur des Deux .Mondes, 15 avril-Ff mai 1852).

— , li^'nc 22. — 10 Août [1851] .• Celle Idliv n'( ! ^n\< dah-c cl Tcnvcloppc csl perdue. D'après le rontcxtc, j'ai cru pouvoir la dater de 1851. Elle n'a pas été publiée par la l{e\'ue di s Deux Mondes.

Pa.L^e 'lO, liLjiie 'J. — ... s'en est bien tiré... : Cf. la Ici lie du 15 mai 1851. — Le second article d' V. Paris a paru dans la ]}iblinlhèque de l'École des Charles, t. 11, p. '.Vy.\ [Iji f'hunson de Roland, éd. de M. V. Oénin).

— , lij^ne 15. — ... // ne compose pus vile... : Réponse à une incroyable ullaque de la Bibliolhlqur yalionale louchant une lellre de Michel de Montaigne. Paris, Lavordel, 1851, in-80.

— , ligne 27. — ... un nuuirhoir... : F. Michel avait élt; pris à parti" dans celle querelle à propos dv f^ii Chanson de Roland. 11 ne répliqua pas. en effel.

Paii;e VI, li,<,'ne 1. — ... Hlondon... : draphi*' incertaine.

— , ligne 2. — ... Pontanus... : C'est le suji't de la l'énus d'Ille, et ci'ltc source, je crois, n'a pas encore élé signalée.

— , ligne 7. — ■ ... d'argot... : F. Michel prépare se- I\tudes de philologie comparée sur V argot.

— , ligne 19. — Dimanche soir : Cetic Idlre n'es| pas datée ; elle est placée ici dans h: manu><crit, bien (ju'il ne soit pas

certain qu'elle date de 1851. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 42, ligne 9. — Lundi soir : Mêmes remarques que pour la précédente.

Page 43, ligne 1. — 16 Novembre [1851] ; Cotte lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 10. — ... si méchants poêles... : Cf. la lettre du 5 décembre 1850.

— , ligne 15. — 9 Décembre 1851 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 18. — ... un de vos livres... : Il s'agit de V Histoire de l'Empire ottoman, par Ignace Mouradja d'Ohsson.

Page 45, ligne 12.- — ... pour les dames... : Le passage entre crochets a été publié par V Éclair (5 avril 1907).

— , ligne 22. — 21 Décembre 1851 .• Cette lettre n'a pa»; été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 47, ligne 14. — ... sans efjusion de sang... : Allusion au Coup d'État du 2 décembre.

— , ligne 20. — 5 Janvier 1852 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 22. — ... Tarbé... : Il s'agit, non pas de l'antiquaire rémois Prosper Tarbé, mais de Théodore Tarbé. Le livre auquel Mérimée emprunte sa citation s'intitule : Recherches historiques sur la ville de Sens, 1838 (p. 462-463, en note).

Page 48, ligne 6. — mais M^ Tarbé nous donne une couleur... = mais M' Tarbé nous trompe...

— , ligne 15. — ... Salvà... : Salvà y Perez (don Vicente), Dictionnaire de V Acadéniie espagnole. Paris, 1846.

— , ligne 22. — ... linaje esclarecido... : « Chose nécessaire, meuble ou objet précieux ; il est dit dans le proverbe : « Objet pour objet, à tout prendre je préfère un tambour « de basque à une jupe » ; ce qui signifie que certaines per-

l'^'l NOTES KT KCLAIlîCISSKMENTS

sonin's préférenl co qui est apréabl»- à co qui rsl vraimont utile. Ilnhennt... [chosi; di' prix, noble ou précieuse. Anciennement : nobless(>, lignagf^ illustn?]. »

Page V,t. ligne 1. — 25 Jaiwicr [1852] ; Cette lettre n'a pas été publiéi' par la Flcvvr des Deux Mondes.

— , ligne 17. — ... Il) ihc upinost pilch = « nu plus haut point ».

Pagt' 50. ligiir 5. — ... dr esas purifirncinncs. Eso no vole nada — « de ces purifications. Cela ne vnut rien ».

—, ligni' <». — 18 Avril [18521 .• Celti' lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne ir?. — ... un Allemand de nirs amis... : Il s'agit du premier volume (h' l'ouvrage de F. Michel : « licrhrrches sur le commerce, la fabrication et Vusa^e des étoffes de soie, d\)r et d'argent et autres tissus précieux en Occident, principalement en France pendant le moyen âge. »

Pagi' 51, ligne 215. — ... au lieu de Lutetiae... : Cet article venait de paraître trois jours aiiparavant. \v 15 avril, tians la Revue des Deux Mondes ; un second paraîtra 1»' I*''' mai.

Page 52, lign(> \. — ... parfaitement rendues... : On veria l)lus loin, dans la lettre du 16 décembre 1852, le détail de ces tableaux.

— , ligne 1(3. — ... trop dWradémiciens... : Le 15 juillrt. il publii' dans la Revue des Deux Mondes un compti'-ri'ndu de l'ouvrage de F. Michel (cf. la lettre du 23 juillet).

Page 5:?, ligne 1. — ... honnêtes... : La mènif phrase se retrouve presqu(> textuellement dans une lettre adressée le 27 mai 1852 à la comtesse de Montijo (cf. Filon, Mérimée et ses Amis. p. 226).

— , ligni! 'i. — ... en gaieté... : Mérimée vient d'être condamné à l.OOO francs d'amt:'nde et à quinze jours de prison pour ses deux articles sur Libri.

— . ligne 17. — ... prison... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (25 février 1874).

— , ligne 19. — ... en capella = à la Conciergerie.

Page 55, ligne 9. — ... une douce fraîcheur... : Il ^.'agit de son emprisonnement à la Conciergerie.

— , ligne 24. — ...en trompette... : Le passage entre crochets a été publié par V Éclair (5 avril 1907), mais sous la date fausse du 27 juillet 1860. Sous la même date, V Éclair publie un fragment de la lettre du 22 mars 1851.

Page 56, ligne 10. — ...je Vadore... : Le mari de M°»^ Yéméniz était un fabricant lyonnais, ami des lettres, membre de la Société des Bibliophiles français, qui avait édité à ses frais l'ouvrage de F. Michel, Recherche sur le cuniinercc, la fabrication et Vusase des étoffes de soie. Le premier volume lui est dédié.

— , ligne 14. — ... dominum... : La traduction du théâtre de Plante date de 1836.

Page 57, ligne 9. — 30 Juillet 1852 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 58, ligne 15. — ... d^un déménagement... : Mérimée quitte le 1 8 de la rue Jacob pour le 52 de la rue de Lille.

— , ligne 28. — Rue de Lille, 52 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 59, ligne 21. — ... et des viédazes... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (25 février 1874).

Page 60, ligne 27. — ... ou une dissertation... : II s'agit du livre de F. Génin intitulé : Éclaircissement de la langue française de J. Palsgrave, suivi de la Grammaire de Gilles du Guez. avec une introduction. Paris, 1852, in-4o.

Page 61, ligne 11. — ... quand vous viendrez à... : Mérimée a omis Paris.

Page 62, ligne 3. — ... Vannée de V Exode... : Allusion à la Xotice sur un manuscrit égyptien publiée dans la Revue d'archéologie (1852, t. IX. p. 385), par le comte Olivier de Rougé, égyptologuc, conservateur du !Muséc égyptien du Louvre depuis 1849. Il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres le 8 juillet 1853.

186 NOTES KT KCI.AinCISSEMENTS

F*age 62, ligne 15. — ...les Essais de Mncanlai/... : Mérirnét' écrit M' Aulay. Il fait allusion à Vllisloirc d'Angleterre depuis V avènement de Jacques II, dont la traduction juir J . de Poyronnt'f est en cours d<' publication (1852-1853, 2 vol. in-8°), l'I aux Essais historiques et biographiques, dont G. Onizot publiera la traduction à partir de 4800 {18f)ii- 1865, 3 vol. in-8"). Sur le livre (l'- Macaulay, cf. Une correspondance inédite, p. 7'.*. Lettre du 5 avril 1857.

— , ligne 20. — ... des Faux Déniétrius... : Le livre paraîtra on décembre 1852.

Page 63, ligne 3. — ... pour jouer ce rôle... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté du 25 février 1874 ; mais la Liberté ne donne pas la date de la lettre.

— , ligne 17. — 1" Décembre [1852] .• Cette lettre n'est pas datée, mais elle annonce la lettre du 16 décembre 1852. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 6'i, ligne 7. — ... une description telle quelle... : Cf. la lettre du 16 décembre 1852.

— , ligne 11. — ... tabis, etc.. : Ciglaton == étoffe précieuse ; tabis = étofTe de soie unie et ondée.

Page' 67, ligne 7. ^ 16 Décembre [1852] .• La lettre n'est pas datée, mais elle fait directement suite aux précédentes. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 20. — ... sur une étoffe... : Ce tableau est actuellement au Louvre dans la salle VII des Peintures, dite salle des Sept-Mètres, sous le n° 1623 : Nicolo di Pietro Gerini (Florence, 2^ moitié du xiv" siècle), Le Couronnement de la Vierge. Le vermicel d'or en question se retrouve dailleurs dans la plupart des tableaux de l'école vénitienne ei llorenline de la 2<^ moitié du xiv^ siècle et du commencement du xve siècle (cf. les nos 15V1, 1282, 1283, etc.).

— , ligne 25. — ... les ornements des anges... : Ce tableau est dans la même salle, sous le 11° 1563. Turino Vanni, xiv^ siècle (École florentine), La Vierge et l'Enfant Jésus.

NOTES ET ÉCLAinCISSEMENTS 187

Page 68, ligne 5. ■ — ...en broderie... : Ce tableau est dans la même salle (salle VII), sous le n° 1290 : Fra Giovanni da Fiesole, dit l'Angelico, 1387-1455 (École florentine). Le Couronnement de la Vierge. — Mais l'cvêque dont parle Mérimée a un manteau vert, et non blanc.

— , ligne 8. — ... or et soie noire... : Ce tableau est dans la Galerie d'Apollon sous le n» 1211 : Vittore Carpaccio (École vénitienne), La Prédication de saint Etienne à Jérusalem.

— , ligne 15. — L'effet est très joli : Ce tableau est dans la salle XXIX sous le n^ 2202. École du maître de Flémalle, vers 1420-1460, La Salutation angélique. Le manteau de l'ange n'est pas rouge, mais jaune doublé de rouge.

Page 69, ligne 3. — ...du XV^ siècle... : Ce portrait n'est pas celui d'Isabeau de Bavière, comme on le croyait en 1852. — Dans le Catalogue sommaire des peintures du Musée national du Louvre (1909), École française, p. 109, il est classé sous la rubrique suivante : École de Bourgogne, xv'^ siècle, 997'", ancien n° 1052. Portrait présumé de Isabf^au de Portugal, femme de Philippe le Bon, figure en buste. Cette copie ancienne d'un original disparu ne semble pas authentique et a été retirée des salles d'exposition (nos d'Inventaire : ancien, 2319"*; nouveau, 2139).

— , ligne 13. — ... le rouge les dessins... : Ce grand tableau est dans la salle X sous le n° 999. École française, milieu du xv'' siècle, Portraits de Jean Juvénal des Ursins, baron de Trainel et de sa famille (onze enfants).

— , ligne 19. — ...de satin ou de drap... : Ces deux tableaux sont dans la salle XI sous les n^s 1034 et 1035. N» 1034 : École française du xvi*^ siècle. Un bal à la cour de Henri III. N° 1035 : École française du xvi° siècle, Bal donné à la cour de Henri III à V occasion du mariage d' Anne, duc de Joyeuse, avec Marguerite de Lorraine.

— , ligne 28. — Pas de numéro à ce tableau : Ce tableau est dans la salle X sous le n» 998. École française du xv^ siècle. Le Christ descendu de la croix.

18'*> NOTKS ET ÉCLAIUCISSEMENTS

Page 70, ligno 15. — ... faire de Vesprit... : Le passage outre crochets a été publié par la Liberté (25 février 187'i).

— , ligne 21. — 27 Décembre 1852 ; C.elle lettre ifu pas été publiée i)ar la Revue des Deux Mondes.

Page 71, ligne 25. — • ... lo Iheni... : « Au leinps où celte ville, capitale de la Chine du Sud sous la dynastie des .S'o«^', se rendit aux armes de Kublni, les Annales chinoises l'appellent du nom de Lin-Gnan. Ce nom-là fut changé par les Miif^ en celui de Uan^-Clieii. (pi^'lle avait porté à uni' péi'iode plus ancienne et qu'elle garde eneoi'e. Quin-Sai, Kiii'^-Sai, ou, suivant Debuignes, King-Tsai, doivent donc ètr" considérés seuh^ment comme une appellation di'scriptive, basée peul-ètro sur le proverbe déjà cité, qui l'appelle une demeure céleste, bien que le sens des mots qui le composent puisse n'être pas i)récisément les balivernes que notr(> auteur h^ur a attribuées. »

Page 72, ligne 9. — ... De Guignes... : D'après de Guignes jeune.

— , ligne 12. — He adds in a note = Il ajoute en note.

Page 73, ligne 9. — ... de toile... : Le texte porte taille.

— , ligne 11). — ... emmailloté... : Le texte porte cnimaillottc.

— , ligne IG. — ... eut... : Le texte porte eust.

— , lign(! IG. — ... tenu incivilité... : Ia'. texte porte à incivilité.

— , ligne 20. — ... louange... : Le texti; porte louanges.

— , ligni; 20, — ... />. 9G-y7... .• Le même fait est rappoilé par Brantôme (Œuvres complètes, collection Petitot et Monmerqué, 1822, t. Il, p. 159, col. 2).

— , ligne 23. — ... pas encore... : Cf. la lettre du IG décembre

— , ligne 27. — 3 .Janvier 1853 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 74, ligne 9. — ... Nostradamus... : Cf. la lettre du 22 mars 1851.

— , ligne 17. — 7 Janvier au soir [1853] ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 75, ligne 5. — ... aussitôt... : Ce passage a été cité par la Liberté du 25 février 1874.

— , ligne 9. — ... Don Quichotte... : Il s'agit sans doute du sinologue Stanislas Julien, que Mérimée n'aime guère. « Je me prépare à nos conquêtes en Chine en lisant un nouveau roman que vient de traduire Stanislas Julien, le Chinois patenté du gouvernement. C'est l'histoire de deux demoiselles. Mademoiselle Cân et Mademoiselle Ling... » {Lettres à une Inconnue, t. II, p. 133).

— , ligne 26. — ... pendant les six jours... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté du 25 février 1874, mais sans date.

Page 76, ligne 18. — 15 Janvier 1853 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 77, ligne 1. — ... el pano... : « Trois mauvais plaisants vinrent trouver un roi et lui dirent qu'ils étaient passés maîtres dans l'art de tisser des étoffes. Ils faisaient, en particulier, une étoffe telle que, seuls, pouvaient la voir ceux qui étaient vraiment fils de celui que tout le monde regardait comme leur père ; en revanche, elle était invisible pour ceux qui n'étaient pas fils de celui qu'euxmêmes et les autres considéraient comme leur père... »

— , ligne 11. — ... toda su honra... : o Le roi alla dans l'atelier où les trois artisans tissaient leur étoffe. Mais à peine entré, il se rendit compte qu'il ne voyait pas l'étoffe, pas plus d'ailleurs que les figures et les objets qui y étaient, disaient-ils, représentés. II en conclut qu'il n'était pas le fils de celui qu'il croyait être son père et pensa que si on venait à le savoir, il perdrait tout son honneur. »

— , ligne 19. — ... desnudo ides... : « Seigneur, peu m'im-

190 NOTES ET ÉCLAIIlCISSEMENTS

porte que VOUS me leiiicz pour liis d»- celui que je dis être mou père, ou d'uu autre (JUiIcoimiuc ; tout ce que jf puis vous dire, e'est que vous •■•tn-s nu. d (les trois passages sont tirés du Conde Lucanor.

Page 77, ligne 24. — ... cun très hombres burladorcs... : Ce qui adi'int à un roi oi-ec trois maui'nis plaisants.

Page 78, ligne 14. — ... quand il se débarbouille... : (ionile Charles Adrien His de Butenval, né en 180'.», mort en 188:î.

— , ligne 24. — [28 Janvier 1853] .• Cette lettre n'est pas datée, mais le contexte permet de la dater avec certitude. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 79, ligne 13. — ... Burnouj... : .Jean-Pierre Rossignol avait suppléé Boissonade en 1845 au Collège de France dans la chaire de langue et littérature grecques. Le 28 janvier 1853, il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres à la place dr Burnouf, mort le 28 mai 1852. En 1855, il sera nommé professeur au Collège de France.

— , ligne 28. — ... dans toute son énergie... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (25 février 187 4), mais sans date.

Page 80, ligne 22. — 12 Février 1853 .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 81, ligne 21. — ... to make... : « Un autre règlement fut fait (dans la 19*^ année du règne de Henri VII), défendant l'introduction d'articles de soie tissée seule ou mélangée avec un autre fd. Mais ce n'était pas l'introduction d'étoffes à la pièce, car le royaume n'en avait i)as de fabrique fonctionnant à cette époque, mais de soie tricotée ou de tissu de soie comme des rubans, des galons, des béguins, des bonnets de dentelles et des ceintures, etc., que les gens d'Angleterre pouvaient alors fort bien trouver moyen de faire. »

Page 83, ligne 3. — 20 Février [1853] ; D'après le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

ÎJOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS 191

Page 83, ligne 6. — ...de Lévesque . . . : Publiée eu 1782 ; en 1789, Lévesque était entré à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, puis au Collège de France. Il avait été professeur à Saint-Pétersbourg.

— , ligne 7. — Mad. de M^ = Madame de Montijo.

Page 84, ligne 16. — ... qui mérite de Vêtre... : L'Histoire générale de la Russie de Karamzine (Xicolas-Mikhailovitch) parut à partir de 1816. Elle fut traduite aussitôt en allemand, en italien, en polonais, en français (par Saint- Thomas, Jaufîret et DivofT. Paris, 1819-1826, 11 vol.). Ce serait elle, paraît-il, qui aurait donné à Mérimée le goût du russe,

— , ligne 17. — [12 Mars 1853] ; D'après le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 85, ligne 11. — ... mandez-le-moi... : Cette lettre a été publiée, avec des coupures, par la Liberté (25 février

— , ligne 13. — [20 Mai 1853] ; D'après le timbre de la poste. — Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 17. — ... sans m'' embarrasser du reste... : Allusion à l'ouvrage de Antoine Possevino intitulé Moscovia, seu de rébus moscoviticis. Wilna, 1586, in-8°.

— , ligne 20. — [l^r Juillet 1853] .• D'après le timbre de la poste.

Page 86, ligne 1. — ... que votre serviteur... : Mérimée vient d'être nommé sénateur.

— , ligne 2. — ... un corazon castellano... : « Ce que vaut un cœur castillan. »

— , ligne 21. — ... dans cette occasion... : Allusion à sa nomination de sénateur.

Page 87, ligne 19. — ... / stand upon... : « Voilà mon terrain. »

Page 88, lit,'ae 1. — 7 Juillet [1853 j ; Mérimûe adresso à F. Mich*;l um; lollre du coml»' Léon de Laborde (datée du 7 juillet) sur le trésor de Pharaon. — Ce billet n'a pas été publié parla Revue des Deux Mondes.

—, ligne G. — 21 Juillet [1853] ; Celte lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page '.)2. ligne 14.-1:5 Août [1853] ; Cette lettre, non datée, n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 16. — ... dans la malle... : Mérimée projette un voyage en Espagne; il sera, en effet, li' 13 seplembr.- à (^arabanchfl et 1-' 19 à Madrid (cf. Lettres aux Lenormant, 11 août 1853 ; à Mrs. Cliilde, p. 164 ; à une Inconnue, t. I, \}. 327, 338 ; aux Lagrené, p. 75, 80, 82, i-lc... — Chambon, Lettres inédites, p. 40-48 : lettre à Boissonade. 29 août 1853).

Page 93, ligne 4. — ... à Trouville... : Sur son séjour à Trouville, cf. Lettres aux Lenormant iChanibon, .\otes..., p. 322- 323. — Débats : En l'honneur de P. Mérimée, p. 19 : lettre à Lebrun...).

— , ligne 10. — 19 Septembre [1853] .• La lettre est adressée à M. Francisque Michel, rue Bichat, n° 40. Paris. — Le timbre de la poste indique l'année. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 94, ligne 8. — ...la gente ralca ■= la canaille.

Page 95, ligne 8. — ...La Saussaye est ici... : Antiquaire qui s'est occupé surtout de Blois et de la Sologne.

Page 98, ligne 4. — ... ni les gueux, ni etc... : F. Michel prépare ses Études de philologie comparée sur Vargot et sur les idiomes analogues parlés en Europe et en Asie, dont il va être question dans les lettres suivantes et qui paraîtront deux ans plus tard.

— , ligne 16. — ... pour les faire courir... : Voici les titres exacts de ces trois livres :

Les Aventures de Don Juan de Vargas, racontées par

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS 19o

lui-même, traduites de l'espagnol..., par Charles îsavaiin (G. H. Ternaux-Gompans), 1853.

Réflexions, sentences et maximes morales de La Rochefoucauld. Nouvelle édition..., par G. Duplessis, avec une préface par G. -A. Sainte-Beuve, 1853.

La Nouvelle fabrique des excellens traits de vérité, par Philippe d'Alcrippe (P. Le Picard). Nouvelle édition par Gratet-Duplessis, augmentée des Nouvelles de la terre de Preste-Jehan, 1853.

Page 99, ligne 3. — ... que d'hommes... : Il s'agit de « Homcnaz, evesque des Papimanes », dont il est question dans Pantagruel (cf. 1. IV, ch. XLVin et suivants).

— , ligne 10. — - ... neither... : Llwmme ne fait pas mes délices, et la femme non plus.

Page 100, ligne 1. — ... Bonnet... : Archevêque de Bordeaux.

— , ligne 24. — ... des Cosaques... : Mcriméo publiera dans le Moniteur des 21, 22 et 23 juin de la même année une étude intitulée Les Cosaques de l'Ukraine et leurs derniers Atalaans.

Page 101, ligne 8. — 14 Mars [1854] .• Gette lettre n'est pas datée, et, dans la Revue des Deux Mondes (art. cité, p. 579), elle a été datée à tort de 1858. En effet, les allusions des deux derniers alinéas imposent la date du l'i mars 1854. C'est en 1854, au début de la guerre de Crimée, qu'il y avait lieu d'être préoccupé d'envoyer, par 7 ou 8,000, les chevaux aux Dardanelles; c'est en 1854 que l'amiral Sir Charles Napier a agi dans la Baltique, près Bomarsund, et renoncé à attaquer Cronstadt ; c'est encore en 1854 que tirer des régiments deux bataillons de guerre pouvait être difficile. Enfin, les Russes, entrés en Valachie en juillet 1853, ont évacué le pays en juillet 1854. Le doute n'est donc guère possible.

— , ligne 10. — ... d'exemplaires brochés... : 11 s'agit du Livre d'or des métiers (1851-1854), 2 vol. in-8o, en collabo- Francisque Michel. 13

l!34 -NOTES ET ÉCLAIHCISSEMENTS

ration avec Edouard Fournifr (histoire des hôtelleries, cabarets, restaurants et cafés...), et non du Pays basque, comme l'indique faussement la Revue des Deux Mondes (art. cité, p. 579, n. 1).

Page 101, ligne 25. — ... au Moyen Age... : H s'agit des Études sur le passé et Vavenir de Vartilleric. Paris, Dumaine, 1846-1851, 2 vol. in-'i".

Page 102, ligne 3. — ... du bélier... : 11 s'agit de La Chanson de la Croisade contre les Albigeois ; on verra plus loin que Mérimée connaît ce poème.

Page 103, ligne 1. — lo Mai [1854J ; Celte lettre n'est pas datée, mais elle est vraisemblablement de 185'i.

— , ligne 10. — ... i'os Cabarets... : Il s'agit du Livre d'or des métiers. Histoire des hôtelleries, cabarets...

— , ligne 14. — ... avec impatience... : Il s'agit dts Études de philologie comparée sur l'argot, qui paraîtront en 18.^0.

Page 104, ligne 3. — • ... à écrire... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (25 février 1874).

— , ligne 5. — ... vos étoffes de soie... : Le livre dont il a été question déjà a paru de 1852 à 1854.

— , ligne 9. — ... à leurs rapports... : F. Michel était candidat au prix Gobert.

— , ligne 11. — ... à C. = Constanfinople.

— , ligne 17. — ... je crois... : Mérimée avait visité une partie de la Grèce et de l'Asie Mineure en 1841.

Page 105, ligne 12. — ... personne... : Fortoul ne fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres que le 16 février 1855.

Page 106, ligne 2. — - ... de deux billots... : Mérimée travaille à son édition des Aventures du baron de Faeneste par Théodore Agrippa d'Aubigné. qui paraîtra chez P. Jannet en

— , ligne 5. — ... sa langue au chien... : Le Duchat avait

commenté les Aventures du baron de Faeneste dans les éditions de 1729 et de 1731. Mérimée reproduit ses notes.

Page 106, ligne 9.— ... le courage de ni'y mettre... : Il s'agit sans doute des Cosaques de V Ukraine et leurs derniers Atamans qui paraîtront dans le Moniteur à la fin du mois suivant (21, 22 et 23 juin).

— , ligne 16. — 2 Juin 1854 ; Cette lettre n'a pas été publiée dans la Revue des Deux Mondes.

Page 107. ligne 17. — ... à tous ceux que je connais... : F. Michel avait déposé au concours du prix Gobert son ouvrage intitulé : Recherches sur le commerce, la fabrication et V usage des étoffes de soie, d'or et d'argent. . .

— , ligne 23. — ... à présent... : Il s'agit de V Histoire des réfugiée protestants de France depuis la révocation de V Edit de Nantes jusqu'à nos jours. Paris, Charpentier, 1853, 2 vol. in-12.

Page 108, ligne 1. — 7 Juillet [1854] .• Cette lettre n'est pas datée, mais elle est sans doute de 1854. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 8. — ... Sydenham... : Le 2 septembre (1854), Mérimée publiera dans le Moniteur un article intitulé : Architecture et sculpture peintes au palais de Sydenham.

— , ligne 12. — ... où il ne fera pas froid... : De la mi-août à la mi-octobre environ, Mérimée fait un grand voyage en Allemagne, dans le Tjrol, en Autriche et en Hongrie ; il va de Bàle à Innsbriick, puis à Munich, Augsbourg et Prague, enfin à Budapest et Vienne. Il revient par Dresde, Berlin et Cologne. Ce n'est qu'en 1858 qu'il ira à Venise.

Page 109, ligne 10. — [1854?] ; Cette lettre n'est pas datée ; d'après le contexte, je crois pouvoir la placer provisoirement ici. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 17. — ... dans le poème des Albigeois... : Ambon ou Amban, terme d'architecture, petite tribune pour les lectures du clergé aux fidèles ou galerie qui règne autour d'un

rempart. L<! mol est cilL', en flTrl, onze fois dans La Chanson de la Croisade contre les Alhi^enis {cï. viTs o'iO, 'iSrd. '1O68, 'il66, etc.).

Paf^o 110, \\gn(' 1. — Auqiieton — rspècf de chemisf coiirlo.

— , ligne 7. — ... des Antiquaires de Mormandie... : En août 185:J, Mériméo avait été nommé président de la Socié-lé di's Antiquaires de Normandie.

— , ligne 10. — ... de l' Académie... : Le Prix Gobert avait été réparti ainsi : 1^'' prix, M. Charles Weiss, pour l'ouvrage cité dans la I<dtre précédente ; 2^ prix, M. Franeisque Mieli'l pour son ouvrage sur les étoffes de soie.

Page 111, ligne 7. — ... ne s'y oppose... : De août à octobre (1854). Mérimée fit, eu elTef, un voyage en Autriche et en Hongrie.

— , ligne 10. — 3 Février 1855 ; Cette lettre n'a pas été |»ubliée par la Revue des Deux Mondes.

— . ligne 1.3. — ... le pourquoi... : Le passage entre crochets a été publié, inexactement, parla Liberté (25 février 187'»).

— , ligne 15. — ... et les prophètes... : Louis-Joseph Vicat, ingénieur des ponts et chaussées, a étudié la fabrication artificielle des chaux hydrauliques et publié dilTérents mémoires sur ce sujet. Il s'agit ici de son ouvrage intitulé : Recherches expérimentales sur les chaux de construction, les béions et les mortiers, 1818, in-4o.

Page 112, ligne 1. — [1855] .• Celte lettre n'est pas datée, mais l'ofTre de Fortoul dont il est question semble bieri indiquer la date de 1855.

— , ligne 8. — • M. F. : l'orloul. qui, par le décret du 13 juillet 1855, vient précisément de donner à rinslilul une constitution nouvellt\

— , ligne 19. — ... des cours sérieux... : Le passage entre crochets a été publié par la Liberté (25 février 1874), mais sous la date fausse de 1851.

Page 113, ligne 8. — [1856] ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 114, ligne 1. — ... à ce qu'il nie semble... : Il s'agit de la correction des épreuves des Études de philologie comparée sur Vargot et sur les idiomes analogues parlés en Europe et en Asie qui vont paraître l'année même chez F. Didot.

— , ligne 7. — 20 Mai 1856 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 22. — ... Longpérier est malade... : Longpérier (Henri-Adrien, Prévost de), membre de l'Institut, conservateur des Antiques du musée du Louvre. Ami de Mérimée, il avait fait sa caricature en 1841 (Mérimée déguisé en Turc pendant son voyage en Orient. Musée du Louvre. — Reproduite dans La Jeunesse de Prosper Mérimée, t. II, p. 364).

Page 115, ligne 1. — 2 Septembre 1856 ; Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 21. — ■ ... dans les montagnes... : Mérimée revient d'Angleterre et d'Ecosse, où il a passé près de deux mois.

— , ligne 25. — 23 Septembre 1856 ; Cette lettre est adressée à M. Francisque Michel, Sabloniere Hôtel. Leicester Square. London.

Page 116, ligne 7. — ... à Paris... : Mérimée vient de Valenciennes, où il a inauguré le 21 septembre la statue de Froissart.

— , ligne 14. — ... cocu... : Allusion au duel qui l'ut provoqué par sa liaison avec M™^ Lacoste.

— , ligne 17. — ... flatté... : Le passage entre crochets a été publié TparV Éclair (5 avril 1907).

— , ligne 20. — ... procureur général... : Allusion à l'afl'aire Libri.

Pag(; 117, ligne 15. — [27 Septembre 1856] ; D'après li'

198 NOTES KT ÉCLMIiCISSEMKNTS

liinbr»'. de la posto. — Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue (les Deux Mondes.

Pas^'e 118, ligne 5. — 15 Mars [1857) ; Cette lettre n'est pas datée ; mais, d'après le texte, ell»; est immédialttnfnt antérieure à la publication du Patfs basque. 11 semble donc qu'on doive lui restituer renv(;loppe timbrée du 15 mars 1857 qui a été jointe à la ItHlre du 14 mars [1858] ; l'erreur s'expliquerait facilement, puisque vingt-neuf (Mivelojtpes ont été remises par le fils de F. Michel à M. Benda af)rrs les lettres, et que e,elles-ci ont été accouplées à celles-là sans qu'on tînt compte du texte, du timbre et de la couleur du papier employé (ainsi à la lettre du 1 4 mars sur l)apier bleu, on a joint une envelo{)pe verte). — Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Den >■ Mondes.

Page ll'J, ligne 29. — ... escarf^ots... : Mérimée corrige dans cette lettre le chapitre vu du Pajjs basque, intitulé J.es Rohémiens. La chanson UstiV. usliV... est à la page l'iG (Le Pai/s basque, sa population, sa langue, ses mœurs, su littcraliirc cl sa musique. Paris, 1857, in-8o).

Page r2(t. ligne 13. — ... Kera... : Le glossaire bohémien dont Mtjrimée <:orrige ici quelques mots est à la i>age l'iC, du même ouvrage.

— . ligne l'i. — 2<j Mars [1857] .• Le lettre n'est pas datée et l'iînveloppe manque.

— , ligne l'J. — ... de couleur locale... : Le passage entre ciochels a été publié, inexactement, par V Éclair (5 avril P.)07).

— , ligne 2G. — ... en sUfle de journauj... : Ces balhulo ne tigurenl pas dans le répertoire des (cuvres <le V. Miclul.

Page 121. ligne 7. — ... r/c la lani^ue... : Il s'agit du chapitre Il du Paijs basque, intitulé VEscuara.

— , ligne 23. — ... de l'abbé Inehauspe... : Version Souletinc de r Évangile selon saint Matthieu. L'abbé Incliauspe est souvent cité dans le Pays basque (cf. p. 484).

Page 122, ligne 1. — [1857?] : Lettre non datée, qui paraît être de 1857. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 24. — ... Darrigol... : L'abbé Darrigol est souvent cité dans le Pays basque (cf. p. 17, 21...).

Page 123, ligne 1. — Vendredi : Lettre non datée et enveloppe non timbrée ; elle est placée dans le manuscrit après la lettre du jeudi soir [1857?], et je la maintiens provisoirement à cette place. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 14. — [1857] ; D'après le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 124, ligne 5. — [1857?] .• Lettre non datée et non publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 18. — ... Votre guerre de Navarre : Il s'agit de l'/Z/'stoire de la guerre de Navarre en 1276 et Mil par Guillaume Anelier de Toulouse, publiée avec une traduction, une introduction et des notes. Paris, Imprimerie impériale, 1856, in-40.

Page 125, ligne 5. — [1857?] .• Lettre non datée et non publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 18. — ... n'aurait pas à s'y présenter... : On verra par la lettre suivante que F. Michel présente tout de même son livre au concours.

Page 126, ligne 8. — ... que nous ne savons pas... : Il est également question de cette expression dans une lettre inédite (et non datée) adressée par Mérimée à Littré. Mérimée cite un passage de Brantôme. « Amprès que le duc d'Albe désassiégea Sanjac (Senthià), M. le Maréchal (Brissac) ne fut pas plus heureux au siège de Coni : si bien que si les François leur reprochoient Sanjac, ils nous reprochoient Coni : à beau jeu, beau retour et ainsy ils se rendaient la jument » {M. le maréchal de Brissac, t. III, p. 73). Mérimée demande à Littré le sens de cette

200 NOTKS ET KCI. MUGISSEMENTS

l'xpif.ssioiu Ainsi la ifllif serait coiitiinporaiiK do la l"ttrt' adrossét! à V. Michel et daterait de 1857. Vin septembre IHÔH, Mériiaée publiera la Préface du I. 1 des (Envrcs de Brantôme.

Page 126, li<,'ne 11. — (1h:>k| : C.'tl,. l,.||n. n'esl pas datée, mais il semble (fu'elle soil de 1858. l-^lle n'a pas été publiée pai' la licvup des Dru r Mondes.

Page 127. ligne 1. — ^27 Janvier 1858 .- (]etle lettre n'a pas été' publiée par la Revue des Deii.r Mandes.

— -, ligne 21. — 3 Février 1858 ; LtMIre non datée et non publiée par la Revue des Deux Mandes.

— , ligne 2'i. — ... pas trop cher... : Il s'agit de l'ouvrage de 1"'. Michel sur Le Pays basque.

Page 128. ligne 5. — ... peu réeréatij... : Mérimé'e [)nblieia le 20 juillet (1858), dans le Moniteur, un Raf>f)orl sur les niodi ficdt.ions de la Bihliothcque impériale, daté du 27 mars.

— , ligne 8. — ... M. Hereulano a été nommé... : Alexander llerculano dir Carvalho e Aranjo avait été élu corres{)ondanl de l'Académie des inscri[)tions et belles-lettres le 22 janvier 1858.

— , ligni' 12. — Bordeaux : L'-ttre datée d'après le timbre. Elle n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 12',», ligne G. — 2 Movenibre 1861 .■ Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 11. — ... comme histoire de France... : Les Ecossais en France, les Français en Ecosse, 2 vol. in-8°. Le livre paraîtra ranné(> suivante à Londres (1862^.

— . ligne 2'i. — ... black Coni^u (?) : Faut-il lire Black Cynig (forme anglo-saxonne pour Kinçi) et traduire par Roi Noir? Dans Ivanhoé, Richard Cœur de Lion est ainsi appelé par ceux qui assistent au tournoi. Mais il semble qu'ici Mérimée en prenne à son aise avec l'histoire.

Page 129, ligne 25. — ... /'// inak sickcr... : et qui avait pour devise : « J^ assurerai » {sicker est une l'orme écossaise).

Page 130, ligne 14. — Dimanche : Lettre non datée, mais placée dans le manuscrit après la lettre du 2 novembre 1861. Elle n'a pas été publiée par la Reçue des Deux Mondes.

— , ligne 21. — 8 Décembre [1861] .• Lettre non datée et non publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 131, ligne 9. — [1861] .• Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

— , ligne 21. — 18 Mars [1864] .• Cette lettre n'est pas datée ; mais je crois pouvoir la dater avec certitude de 1864. En effet, Mérimée parle de son retour de Cannes ; or, dans la lettre à Panizzi du 19 mars 1864 (t. II, p. 12), il lui dit qu'il est rentré de Cannes l'avant-veille. Cette lettre n'a pas été publiée par la Revue des Deux Mondes.

Page 132, ligne 26. — ... de V intelligence... : Le passage entre crochets a été publié par VÉclair (5 avril 1907) et par la Revue des Deux Mondes. Mérimée fut très ému par la mort de Cousin (cf. Chambon, Notes sur Prosper Mérimée, p. 401 ; Lettres inédites, p. lxxx ; Lettres à la princesse Julie. Revue de Paris, 15 juillet 1894, p. 257 : lettre du 18 janvier 1867 ; Lettres à Panizzi, t. II, p. 269-271 ; Lettres à M"^^ de Montijo, 24 janvier 1867, t. II, p. 310, etc.). M. Pinvert possédait une lettre inédite très curieuse, datée du 14 janvier 1867, où Mérimée raconte à l'Impératrice, avec force détails cliniques, la mort de son ami.

Page 133, ligne 1. — [1867] .• Cette lettre n'est pas datée, mais elle est de 1867.

— , ligne 7. — ... de Fontainebleau... : En 1867, Octave Feuillet avait remplacé Champollion-Figeac.

— , ligne 11. — [1867] ; Cette lettre n'est pas datée, mais elle fait suite à la précédente.

— , ligne 23. — [1868?] ; Cette lettre n'est pas datée, mais

je crois pouvoir lui assigner la date de 1868, puisqu'il s'agit des recherches sur llobbes, dont il est question dans la lettre suivante. Elle n'a pas été publiée par la Hciuc lies Deux Mondes.

l'âge 13'i, ligne 8. — Ifi Juin : (letfe lettre est adressée à M. Francisque Miclu'l. Care of the Rev^ George Williams, King's Collège, Cambridge. — Elle n'a pas été publiée |)ar la Revue des Deux Mondes.

Page 135, ligne 5. — '.» Juin : Aucune des quatre lettres suivantes n'a été publiée par la Revue des Deux Mondes.

JOLRNAL DE PrOSPRR MÉRIMÉI:

Page 137. — Le Journal de Prosper Mérimée : Il ne saurait être question de style ici, puisque ce sont des notes hâtivement jetées sur le papier par un étranger.

Sur ce Journal, on consultera : Paul Souday, Quelques propos de Mérimée {Le Temps, 26 novembre 1028). — Maurice Levaillant, Les Entretiens de Prosper Mérimée (Le Figaro, 15 décembre 1928). — Le Journal de Prosper Mérimée (L'Action française, 13 décembre 1928).

Page 139, ligne 13. — ... et qu'il fit général... : Mérimée va consacrer une élude d'ensemble à Pouchkine en 1868. Il a déjà traduit les Bohémiens et le Hussard en 1852. — Sur l'aïeul maternel de Pouchkine, Aiinibal, nègre ou prétendu tel, et sur les doutes qui subsistent à cet égard, cf. E. Haumant, Pouchkine. Paris, Bloud, 1911, in-12, p. 13-16. Ce qu'afTirme Mérimée n'est pas prouvé.

Page 140, ligne 6. — ... nommé Ross... : En 1841. Il est question de Iloss dans le Deuxième Voyage en Grèce (1841) de Ch. Lenormant (Beaux-Arts et Voyages. Paris, M. Lévy, 1861, 2 vol. in-8"). « Ct> malin. M. 1U)0S nous a conduits à l'Acropole. M. Roos est l'antiquaire de la monarchie bavaroise ; c'est un homme fort instruit et qui s'est fait une spécialité sur le sol de l'Attique. Malheureusemenl. son nom allemand lui a nui dans ce pays, et maintenant c'esl un Grec, M. Piltakys, qui a la direction de tout »

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMr;NTS 203

(mercredi 14 [septembre], t. II, p. 289). Cf. Ibid.. p. 290,

Page 140, ligne 11. — ... homme d'un grand mérite... : Mérimée rend justice à Niebuhr, mais il ne l'aime pas (cf. Mélanges historiques et littéraires, éd. Calmann-Lévy, p. 113).

— , ligne 17. — ... la prise de leur capitale par V ennemi... : Cf. Histoire romaine de M. B. G. Niebuhr, traduit par P. A. de Golbéry. Bruxelles, L. Hauman, 1830, 4 vol. in-80, t. I,p. 511.

— , ligne 20. — ... s'appelaient Raséna... : Cf. Ibid., t. I, p. 104 et note 344 (où Niebuhr renvoie, non à Tacite, mais àDenys, 1,30, p. 124).

Page 141, ligne 11. — ... avec Ampère... : En octobre 1841.

— , ligne 28. — ... jusque sur les bords de la Méditerranée : Sur ce guide, cf. Lettre à De Saulcy (La Nouvelle Revue, sept.-oct. 1882, t. XVIII, p. 238-246), et J.-J. Ampère, La Grèce, Rome et Dante. Paris, Didier, 1859, in-12. Une course dans V Asie Mineure. « Nous nous étions pourvus d'un guide supplémentaire ; ce n'était cependant pas un homme du pays, et à Éphèse nous étions plus voisins de notre patrie que lui de la sienne. Il avait un nom grec, Calogeros, et on nous le donna pour grec, mais il s'exprimait avec beaucoup de difficulté dans cette langue. Nous lui demandâmes où il était né ; il nous répondit que son pays appartenait aux Anglais. Nous pensions mal entendre ; enfin il prononça le mot de Peschaver. Il venait, en effet, de Peschaver, dans le voisinage du Thibet. Comment un Grec était-il né au pied de l'Himalaya? Je songeai à ces médailles grecques trouvées dans la Bactriane et qui attestent la persistance de la civilisation hellénique portée aux extrémités de l'Asie par Alexandre. Calogeros me faisait l'effet d'une de ces médailles. Cependant, je ne pense point qu'il ait l'honneur de descendre d'un Macédonien de la phalange, et j'imagine qu'il fait plutôt partie de quelques-unes de ces populations nestoriennes qui, de

2'>'î NOTKS KT KCf.MKCISSEME.NTS

bonne heure, porlén'iil le christianisme aux fronlières dr l'Inde » (p. 363).

Pag<' l'i2, ligne 14. — ... le sanscrit... : Mérimée a été l'ami <i'iOuj,'ène Burnouf. mort en ISâi. Il fait allusion ici aux études du célèbre orientaliste sur les langues et les littératures de la Perse et de l'Inde, à ses études des manuscrits zends et, particulièrement, à la série de mémoires l'clatifs à la langue et à la lillérature sanscrite que Hurnouf publia dans le .Journal nsintique et dans le .Journal rlrs Sa\.'(uUs. Le cousin de Burnout, Émile-Louis Burnouf, continuait avec moins d'éclat l'œuvre d'Eugène et venait de publier en 185'J une Méthode pour étudier la langue .-.v;;isvTj7s. Sur la famille des Burnouf, que Mérimée semble avoir assez bien connue, cf. la lettre du 7 novembre 186'J à Panizzi : fragment supprimé dans l'édition tlalinann- Lévy et publié par F. Chambon. Lettres inédites, j). 242- 243. Cf. également Lettres des 2(t janvier et 2 septembre 1849, 14 et 20 décembre 1850 à Fr. Michel (Burnouf, membre du jury pour le prix Volney avec Mérimée).

Page 143, ligne ". — ... Gott in der Ceschichte... : Paru à Leipzig en 1857 (3 vol.) et traduit par A. Dietz sous le titre Dieu dans Vllistoire. Paris, Didier, 1868, in-12 (traduction réduite, où ne figure pas le passage en question). — Mérimée connaissait Bunsen. quMl avait rencontré à Cannes dès 1859 ; l'écrivain allemand, très malade, passa en eiï.'t à Cannes le-, hivers de 1858 et 1859 et mourut à Bonn en 1860. Il lit partie de la petite colonie étrangère que fréquentait Mérimée icf. Une correspondance inédite, p. 187). a Nous avons ici un baron Bunsen, Allemand et même Prussien, qui a été ministre de son pays à Home et en Angh'terri' pendant nombre d'année<. Il nous piète des livres, c'est-à-dire les siens. J'en lis un en sept volumes sur les origines du ehristianisme. Il y a une érudition iinmtMise et un fatras abominable » {Jbid., p. 259). — « Je n'ai pu convertir le l)aron de Bunsen, qui s'est moqué de mon inscription grecque « (Ibid., p. 27;]-27'i). — Cf. Revue universelle, 1'^'' septembre 1929, p. 525.

NOTES ET ÉCLAIUCISSEMENTS 205

Page 144, ligne 14. — ... dont on enveloppait leurs pieds... : L'expression est peu claire ; Mérimée songe sans doute au proverbe : DU lanatos pedes habent.

Page 145, ligne 4. — ... du paysan russe... : Mérimée a étudié cette période dans Les Faux Démétrius, publiés on décembre 1852.

— , ligne 11. ... cela est défendu... : Cf. l'article de Mérimée paru dans la Revue des Deux Mondes du 1^'' juillet 1854, La Littérature et le servage en Russie. Dans une lettre adressée à M^^^ de Montijo le 8 juin 1858, Mérimée écrivait : « J'ai longuement causé hier avec un homme très spirituel, un M. Turghenef, qui m'a parlé de ce qui se fait on Russie pour l'émancipation des serfs. »

— , ligne 13. — ... et autres... : Phrase incomplète et obscure. D'ailleurs, ce que rapporte Mérimée est inexact ; les Baskirs et les Kalmuks habitant la région du nord de la mer Caspienne ne passaient pas par Moscou pour aller en Silésie, et on ne vendait pas les femmes à Moscou.

Page 146, ligne 25. — ... plus haut... : Ces pages montrent à quel point Mérimée, sceptique, a toujours été préoccupé par les problèmes religieux ; les livres sacrés lui étaient très familiers. Ces préoccupations se font jour surtout dans les lettres adressées à M""^ de la Rochejacquelein (Une correspondance inédite. Paris, Calmann-Lévy, 1897, p. 39, 41, 45. 49, 54, 78, 82, 115, 119, 123, 124, 125, 128, 131, 162, 188, 193, 224, 235, 236, 244, 245, 247, 248, 249, 260,289).

Page 147, ligne 18. — ... Grote Va eue aussi... : A partir do 1847, et au fur et à mesure de la publication, Mérimée a rendu compte de l'ouvrage de George Grote, Hislory of Greece, dans la Revue des Deux Mondes [i^^ avril 1847, 1er août 1848, ler juin 1849, 15 mai 1850, 15 mai 1853, 15 juillet 1856).

— , ligne 23. — ... d'apparence brutale... : Mérimée, qui re-

206 iNOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS

doutait les « rouges )>, étail partisan résolu de l'Empire autoritaire.

Page 148, ligne 5. — ... ///( loi/er d'idées... : Mérimée a toujours (!U l(ï culli' de la Grèce, surtout après 1»^ vuyag»' de 1841 ; il était d'ailleurs un assez bon lielléniste,

— . ligne 13. ^ — - ... au XVI° siècle... : A la même époque. Sainte-Beuve place cette apogée à la (in <lu xvii»^' et au commencement du xviii'' siècle.

Page 150, ligne 2. — ... Pouchkine... : Dès 18.'»2, Mérimée a traduit certaines nouvelles de Pouchkine.

Page 152, ligne 20. — ... Reinecke-Fuchs, etc., etc.. : « Est-ce bi.'u exact? » (Note do M. Child»;.)

— , ligne 25. — ... et la ç;uerre... : Mérimée s'occupe souvent de la littérature du Moyen Age avec F>ancisque Michel.

Page 155, ligne 2. — ... Shakespeare... : Mérimée a changé d'avis, car, en 1825, il applaudissait Shakespeare.

— , ligne 0. — ... pièce très hardie... : Mérimée a consacré un article à Gogol dans la Hei'ue des Deux Mondes du 15 novembre 1851 ; il a fait paraître une traduction du Revisor on juillet 1853.

— , ligne 8. — ... une de ses plus mauvaises pièces... : Traduite par Mérimée en 1852. — Mérimée consacrera un article à Pouchkine en 1868.

— , ligne 13. — ...et la vie intime... : Mérimée lui consacrera un article en 1868.

— , ligne 20. — ... en oîo... .• Passage peu clair; il y a en russe deux formes de verbes : les perfectifs et les imperfectifs ; mais il existe parmi les imperfectifs des verbes qui indiquent une action qui se répète ou peut se répéter. Le vocatif n'existe plus que dans le mot Dieu : bojé = ô Dieu 1 Ce que Mérimée prend pour une affectation d'archaïsme est un reste, dans la déclinaison principalement, dt> formes pleines en -oyou qui ont passé avec le temps à la forme plus simple -oï, mais dont la trace s'est conservée

dans les grammaires et, çà et là, dans la littérature, jusqu'à la Révolution. (Note communiquée par M. Legras.)

Page 156, ligne 8. — ... commença aussitôt... : Cf. Niebuhr, Histoire romaine, t. II, p. 527. Mérimée, qui cite de mémoire, comme toujours dans ces causeries familières, se trompe. Niebuhr ne conteste pas le fait. Deux pages plus haut (p. 525 et 526), il discute certaines assertions de Tite-Live sur la présence des vieillards patriciens, des femmes et des enfants dans Rome ; mais il rapporte, sans commentaire, l'anecdote du vieillard et du soldat.

— , ligne 15. — ... planter leurs orges... : Ibid., t. I, p. 265, 373, 379 (Niebuhr insiste, au contraire, sur la salubrité de Rome).

— , ligne 16. — ... des Sabines... : Ibid., t. 1, p. 210.

Page 158, ligne 19. — ... de la vie... : Cf. Revue des Deux Mondes, 15 mai 1852, compte-rendu de Mérimée sur La Retraite des Dix-Mille.

Page 159, ligne 2. — ... se soutenir... : Dans ses Études sur les arts au Moyen Âge, Mérimée a été moins catégorique sur ce point.

— , ligne 12. — ... de la démocratie... : Mérimée en a duiiné une autre explication dans la Préface de la Chronique du temps de Charles IX (éd. Calmann-Lévy, p. iv...). 11 y revient dans la Correspondance inédite, p. 249.

Page 161, ligne 18. — ... [grande : voyez]... : Mots rétablis.

Page 162, ligne 9. — ... à la pischologie, etc., etc.. : Mérimée y avait accès grâce à Sophie Duvaucel, belle-fille de Cuvier.

— , ligne 21 . — ... sur la terre ferme. . . : Mérimée visita Venise en 1858.

Page 165, ligne 5. — ... ambassadeur... : Mérimée était en Angleterre depuis les premiers jours de décembre 1832 (cf. Seize lettres inédites de Mérimée à Sutton Sharpe. Mercure de France, 16 octobre 1910, p. 193. Cf., p. 203, lettre

20s NOTES ET KCI.AIHCISSEMENTS

(lu !'-''■ décciiibri' 18:>2. — Lettres à une Inconnue, t. I, Icllns (j, '.» cl H. - Lcllir au coinlc d'Argout, l'i ùOccinbiv 18;}2 {Le Temps, 11 juillil 1914). — Chambon, lYotes sur P. Mérimée, |). 'A'i-'.iH. — Doris (luuncll, Stendhal et VAnfilcterre. Boiivalol-.louvc, 19(18. in-H", p. 'MV.M . Mérimée est séduit par Tallovrand. « .l'ai trouvé le piiiu(> eliarinanl. Ou \w dit qu'il nw l'ail des coquotterics, .If ne sais si cela t'sl vrai, mais je suis tout séduit » (lettre du 17 décembre 18;i2. (If. (lliambon, ouvr. cité, p. :!8).

Paj^e 166, ligue 11. — ... de ce qu'il écrit... : Cf. Journal historique et anecdolique du rè<>ne île Louis XV, par E.-.I.-l-". Barbier (Paris, J. Reuouard, 1847, 4 vol. in-8o). L'anecdolo à laquelle Mérimée fait allusion est au tome I, p. 2(1:5 [février 1724 |. 11 s'agit du fameux Uu Chàtelet, compagnon de Cartouche; condamné à être rompu vif, on hii avait promis la vie parce qu'il avait fait priMulre (Cartouche et on l'avait enfermé à Bicètre. Il s'évada avec l'aide di' quatre complices. « On aurait dû empoisonner un pareil homme dans la prison, et ne tenir la paiole que pour le public )>, dit Barbier.

Page 168, ligne 8. — ... chez les anciens... : Cf. Ammien Marcellin (Paris, .I.-.l. i:)ubochet, 1849, in-8o). Liv. XIX. ch. VIII, p. 116. 11 s'agit de la confusion qui suivit la j)i'ise d'Amide, que défendait une garnison romaine. i)ar les Perses. Ammi(>n Marcellin s'enfuit alors à Antioche. Il n'est nullement question des Parthes, comme h- prétend Mérimée, qui cite toujours de mémoire.

— , ligne 19. — ... à ce propos... : Nouvelle erreur de Mérimée ; cette anecdote n'est pas dans les Mémorables de Xénophon.

— , ligne 26. — ... raiùssants... : Cf. Plnlonis Opéra (Paris, F. Didot, 1856, in-8«). — i:u!J.-6'7:vy, § XXII, p. 680.

Page 169, ligne 1.']. — ... Histoire de la civilisation... : History of Civilisation in England. Le premier volume avait paru en 1857, en mémo temps que l'ouvrage de Bunsen.

— , liecne 25. — ... Pierre le Justicier... : Mérimée a étudié le

Moyen Age espagnol dans VHistoire de Don Pèdre I^^, roi rfe Casii7fc, qu'il publia en 1848.

Page 170, ligne 19. — ... les critiques allemands... : Mérimée ne savait que quelques mots d'allemand et il n'a jamais bien connu ni apprécié la littérature allemande.

Page 171, ligne 14. — ... (commencement du XV 11^ siècle)... : Mérimée se trompe. Charles Bonnet est né à Genève le 13 mars 1720 et est mort dans la même ville le 20 juin 1793. Après s'être occupé d'histoire naturelle et de phy- .siologie végétale, il s'adonna à la philosophie des sciences, à la psychologie et à la métaphysique. « Son nom restera dans l'histoire de la philosophie celui d'un émule de Condillac, d'un des précurseurs de la psychologie physiologique et des théories transformistes, mais d'un transformisme à part, mêlé de leibnizianisme et de christianisme » (F. Picavet). Ses principaux ouvrages sont : Essai de psychologie (1754), Essai analytique sur les facultés de Vûme (1760), Palingénésie philosophique (1770). Il avait été un des principaux adversaires de J.-J. Rousseau.

Francisque Michel.

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