‹ [Œuvres complètes]Chapitre 66 sur 135 · SIDI NOUMAN*, BABA MUSTAFA · texte numérisé non relu

SIDI NOUMAN*, BABA MUSTAFA

s. NOUMAN. Eh bien! qu'est devenu Zeïn .'

B. MUSTAKA. Ottiar, le garde du kalife, vient à l'instant de m'en donner des nouvelles.

s. NOUMAN. Parle.

B. MUSTAFA. Il l'a VU hier au marché des esclaves. Ton ami a parlé à l'un des marchands; puis, tout d'un coup*, il s'est élancé sur son cheval, et est sorti au galop par la porte de Djem-Djem.

s. NOUMAN. Et ce marchand d'esclaves, quel est-il?

B. MUSTAFA. Scigucur, je crois que c'est le vieux Abou-Taher, celui qui ta vendu hier la belle Mojana.

s. NOUMAN. Tu as été lui parler*?

B. MUSTAFA. .le u'ai pu le trouver; il était chez le Miramolin*.

s. NOUMAN. D'où vient cette fuite soudaine? Que peut-il être arrivé à* Zeïn?

B. MUSTAFA. Commc il est sorti par la porte de Djem-Djem, je crois qu'il est allé aux tentes de Semelalia, à l'armée du Vizir.

S. Noi!MAX. Eh quoi! aurait-il été combattre les infidèles sans avoir embrassé son ami?

B. MUSTAFA. Si tu le veux, je retournerai chez Abou- Taher.

s. xouMAX. Tout à l'heure. — Ecoute. As-tu porté à Mojana les présens que j'ai achetés pour elle.'

B. MUSTAFA. Oui, scigncur, et je l'ai revêtue moimême de sa nouvelle parure. Allah! qu'elle était belle ! Certes, j'ai vu dans ma vie beaucoup de belles femmes, mais jamais je n'ai trouvé l'égale de Mojana, Ah! si tu voulais la revendre, bien qu'elle ait perdu hier cette qualité que vous estimez tant, tu en retirerais encore les dix mille dinars- qu'elle t'a coûtés.

s. XOUMAX. Jamais je ne la vendrai, Mustafa; et, si le calife* mon seigneur me la faisait demander, je la lui refuserais, dussé-je fuir chez les Bédouins de Zeïn et vivre en excommunié •'*. — A-t-elle paru satisfaite de mes présens?

B. MUSTAFA. Elle a dit qu'elle se réjouissait* de posséder tant de belles choses, si elle en paraissait plus aimable à tes yeux.

s. NOUMAN. Charmante créature!

B. MUSTAFA. Qucllc différence entre nos femmes et celles des infidèles! Quand j'étais prisonnier à Léon, j'ai vu leurs femmes et leurs mœurs. Chez nous, toutes sont soumises; elles s'efîorcent à l'envi de plaire à leur seigneur; avec deux eunuques on gouverne vingt femmes... mais allez chez les Espagnols, une femme gouverne vingt hommes...

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s. NOUMAX. Apporte ici du sorbet et des fruits, je veux que Mojana vienne dans ce pavillon me tenir compagnie.

B. MUSTAFA. J'y cours, seigneui*. ii sort.

s. xoL'MAN. Zcïn, tu seras toujours un Bédouin. — Toujours occupé de l'idée du moment, il oublie ses amis et leurs invitations pour courir où son caprice l'appelle... Je pense (jue la fantaisie l'aura pris d'aller rompre une lance avec quelque chevalier Nazaréen. Puisse Allah le protéger!

B. MUSTAFA renirant. Seigueur, seigucur, tou ami Zeïn descend de cheval à ta porte. Par Allah! je crains bien qu'il ne lui soit arrivé quelque malheur, car Abjer n'a plus sa belle selle brodée... peut-être...

Knlre Zetn babillé très-simplement.

S. xouMAN. Zeïn-ben-Humeïda, que Dieu soit avec toi !

ZEÏN. Sidi Nouman, que Dieu soit avec toi! As-tu cinq mille dinars à me donner?

s. NOUMAN. Oui. Te les faut-il tout de suite?

ZEÏN. Le plus vite possible.

s. NOUMAN donnant une clef à Mustafa^. Mustafa !

B. MUSTAFA. DaUS l'iustaut. Il sort.

8. NOUMAN. Tu as VU les tentes du vizir? Le Bédouin est déjà las de la vie de Cordouc?. ..

ZEÏN. Je suis retourné à l'armée pour alîaiies piessantes. J'ai fait le commerce, Sidi Nouman* : mais peut-être l'ai-je fait* en Bédouin.

s. NOUMAX. Aurais-tu attaqué une caravannc*?

zF.ïx. Depuis (juo je sers Abdéramo. j'ai oublié ces

exploits du désert. Je suis allé vendre mes chevaux, mes bijoux, pour faire de l'argent,

s. NOUMAN. Eh! pourquoi ne pas l'adresser à moi?

ZBÏN. J'y ai bien pensé, mais un peu trop tard*.

s. NOUMAN. Si je ne me trompe, tu as vendu jusqu'aux pierreries de ton khandjar'**?

ZEÏN. Oui, et tous mes chevaux, excepté Abjer, qui, tant que je vivrai, partagera jusqu'à mon dernier morceau de pain. — Mais, dis-moi si l'on m'a trompé. Combien valait la monture de ce poignard que m'a donné notre glorieux calife?

s. NOUMAN. Neuf à dix mille dinars. Peut-être plus.

ZEÏN. Dix mille coups de bâton à mon Juif! Puisse Nékir""* le couper de dix mille coups de faulx?Je fais vœu par la sainte Caaba''* la prohibée, par les tombeaux des prophètes, de couper la tête à douze Juifs dans la première ville espagnole où j'entrerai.

s. NOUMAN. A cette colère, on voit que tu as fait un mauvais marché.

ZEÏN. Il m'a donné quinze cents dinars.

s. NOUMAN. Es-tu fou, Bédouiu, de faire des affaires avec un Juif?

ZEÏN. Il me fallait à toute force de l'argent. — En passant dans le Bézestein"*, j'ai vu ce vieux coquin d'Abou-Taher qui faisait crier des esclaves à vendre. Une d'entre elles m'a frappé, et il en voulait neuf mille dinars... Sidi Nouman, jusqu'alors, j'aurais appelé fou celui qui paye une femme plus qu'un cheval de bataille; mais que la vue de cette femme m'a

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fait changer d'idée! J'aurais presque troqué Abjer contre cette créature, cette houri échappée du paradis. Mais j'ai mieux aimé courir à Sémélalia; j'ai vendu tout ce que je possédais, excepté mes armes et Abjer, et avec tout cela je n'ai pu faire que quatre mille dinars. Je compte sur toi pour le reste.

s. NOUMAN riant. Ah, ah, ah! fils du désert, te voilà pris à la fin*. — Et que je reconnais bien là* mon Bédouin, qui agit avant de penser! Malheureux, tu vas acheter une esclave, et il ne te reste plus de quoi vivre! Comment feras-tu pour l'entretenir elle et Abjer ?

ZEÏN. Je n'y ai pas pensé. Mais n'ai-je pas un ami*?

s. NOUMAN. Oui, qui pensera pour toi. Il te faut dix mille dinars au lieu de cinq mille, tu vas les avoir.

ZEÏN. Je te remercie, frère. Tu ne te lasseras jamais de me combler de biens*!

s. NOUMAN. Ah, Zeïn, je serai toujours en reste avec toi! Te rappelles-tu comment nous fîmes connaissance?

ZEÏN. Il m'en souvient assez*.

s. NOUMAN. Je me trouvai* assez embarrassé de poursuivre mon "pèlerinage à la Mecque; tu versas sur moi ton outre tout entière*^*, sans en garder une goutte pour toi. Combien tu as dû souffrir!

ZEÏN. Nous autres, Arabes, nous savons mieux souffrir* que vous autres, seigneurs des villes. Et puis tu étais étendu sur le sable, abandonné, noir

Clara Uazul 12

comme un scorpion desséché quel musulman

n'aurait fait ce que je fis alors?

B. MUSTAFA rentrant. Seigucur, Ics ciuq mille dinars sont en sacs sous le vestibule. Si tu veux les compter...

ZEÏN. Non, non. Prépare-moi* un âne pour les porter, et aie soin d'en compter encore autant. Il y aura cent dinars pour toi. ii sort.

s. xouMAN. Mustafa!

B. MUSTAFA. Seigneur!

s. NOUMAN. Un autre esclave fera ce que veut Zeïn. Toi, va me chercher Mojana. (Muaiafa sort.) Le pauvre Zeïn! son nouvel amour lui a fait perdre la tête. 11 voulait troquer Abjer contre cette femme! 11 faut qu'elle ait fait une grande impression sur lui ! Malheur à qui enchérira sur l'esclave. Zeïn a vendu les pierreries de son khandjar, mais il lui reste encore

la lame. Entre Mojana conduite par H. Mustafa.

Approche, reine de beauté. Ote ce voile trop épais. Il n'y a ici que ton seigneur pour contempler tes attraits*.

MOJANA après avoir ôté son voile. Que Veut mon lioU ?

S. NOU.MAN. Viens, Mojana, assieds-toi à côté de moi sur ce sopha. — Esclave, apporte la collation. Eh bien! Mojana, es-tu contente des parures que je t'ai envoyées?

MOJANA. Seigneur, tu as comblé de tes dons ton humble esclave, qui ne sait comment t'en témoigner sa reconnaissance.

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s. xouMAN. Dans peu tu auras quelque chose de mieux que ces bagatelles.

MOJANA. Ah! seigneur, tant que j'aurai ton amour, je me croirai assez heureuse.

s. NOUMAN. Aimable enfant, je suis riche et puissant. Ma richesse et ma puissance t'appartiennent. Souhaite, et tes souhaits seront exaucés.

MOJANA. Ah, mon lion ! oserai-je te demander une grâce avant de l'avoir méritée ?

s. NoiMAx. Demande, et tu auras. Ne me demande pas cependant le cheval Abjer de mon ami Zeïn.

.MOJANA. Seigneur, ton esclave est si heureuse avec son lion, qu'elle n'a plus qu'un seul souhait à former. Je suis née dans un pavs ([uc je crois fort éloigné d'ici, près d'une ville que l'on nomme Damas. Mon père était un marchand; mais, parce qu'il avait manqué d'aller à la Mecque, ainsi ([u'il en avait fait vœu, Allah lui a retiré sa faveur. En une année il perdit tout son bien. Mon frère fut tué par les Kurds ; ma mère mourut de maladie. Mon père, pour vivre et faire vivre mes trois sœurs, fut obligé de me vendre^*. O mon seigneur! permets que je leur envoie une petite partie des dons que tu m'as faits, que je partage avec eux le bonheur que tu me fais goûter auprès de toi.

s. NOUMAN, Bon cœur! n'est-ce que cela que tu demandes? Ton père et tes sœurs viendront en cette ville, et je marierai richenient tes sœurs, n'eussentelles qu'une faible partie de ta beauté.

MOJANA. Je me prosterne à tes pieds.

ZEÏN derrière la scène. Esclave, retire-toî, OU je te tue. s. NOUMAN. Qui ose pénétrer ici? — Mojana, mets ton voile.

Entre Zeïn le poignard à la main; Mojana se cache derrière le 80pha.

Est-ce Zeïn qui entre ainsi quand son ami est avec son esclave?

ZEÏN. Sidi-Nouman*, quand je t'ai donné l'hospitalité dans ma tente de feutre, ai-je sauvé un crocodile qui devait un jour me mordre et rire de sa morsure »«*?

s. NouMAN. Que veux-tu dire, Zeïn?

ZEÏN. Qui t'a donné la hardiesse d'insulter Zeïn, le fils d'Amrou, le scheick^** des Humeïdas?

s. NOUMAN. Eh! qui de nous deux est insulté?

ZEÏN. Maure rusé, pourquoi m'otîrais-tu ton argent, quand tu m'avais enlevé celle que j'estimais plus que le trésor du calife ?

s. NOUMAN. Moi !

ZEÏN. N'as-tu pas acheté l'esclave d'Abou-Taher?

s. NOUMAN. Eh! quels droits avais-tu sur elle?

ZEÏN levant son poipiard. Tu VaS IcS Voir.

MOJANA se jetant entre eux deux. Son voile tombe. Arrête, méchant! tu me tueras avant lui.

S. NOUMAN. Tu as donc perdu la raison, Zeïn! toi lever le poignard sur Sidi Nouman*! Quet'ai-je fait? N'avais-je pas les mêmes droits (jue toi sur cette esclave? Ne l'ai-je pas achetée de mon argent? Est-ce ma faute si tu as été si lent à conclure ton marché ?

ZEÏN regardant flxement .Mojana, d'un air égaré. lU as raiSOU.

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s. NouMAN. Voilà donc tes folies. Et si cette femme ne se fût jetée entre nous deux, tu aurais tué Sidi Xouman*!

ZEÏN. Moi, je no pourrais jamais te tuer; Gabriel te couvre de son l)ouclicr. Tu es son favori, et moi je suis voué à Eblis'2*.

s. NOUMAN. Je te pardonne, Zeïn, mais...

ZEÏN. Imbécile*, dis donc à cette femme de remettre son voile, ou je no réponds pas de moi. Nouman, je te prie de me pardonner. Mais le Simoun'-^* n'est pas plus brûlant et plus impétueux que l'amour d'un Arabe.

s. Nou.MAN. Tu es bien agité*...

zBïx. Ecoute, ([uand je te sauvai la vie, tu me dis de te demander quelque chose, que tu me l'accorderais! T'ai-je demandé encore quelque chose? dis.

s. NOUMAN. Non.

ZEÏN. Donne-moi cette femme.

s. NOUMAN. Sais-tu combien je l'aime?

ZEÏN. L'aimes-tu comme moi? Ferais-tu cela pour elle?

(Il 86 perce le bras avec son poignard 1 i.)

S. NOUMAN. Tigre féroce, que feras-tu de cette timide gazelle?

ZEÏN. Allons!

s. NOUMAN. Je ne puis!

ZEÏN. Dans le désert on respecte ses sermens.

s. NOUMAN. Prends tous mes biens. Je te donne tout...

ZEÏN. Plaisant échange!... c'est à Zeïn que tu le

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proposes, à Zeïii (|iii donna au vieux El-Faradje tout le butin de la tribu des Zinebis pour le seul cheval Abjer! Eh bien! moi, Zeïn, je t'offre Abjer et le khandjar d'Amrou, si tu veux me donner cette esclave.

s. NOUMAN (J'uD ton suppliant. Zeïn !

ZEÏN. N'as-tu pas juré par la Caaba la prohibée, par les tombeaux des prophètes, par ton sabre, de m'accorder ma première demande?

s. NOUMAN. Que ferais-tu à ma placée?

ZEÏN hésiunt. Cc quc jc fcrais ?. . .

s. NOUMAN. Oui, toi, Zeïn?

ZEÏN. Je... je te tuerais! tire ton khandjar!

s. NOUMAN. Non, je ne puis me battre contre celui qui m'a sauvé la vie dans le désert. — Ecoute, Bédouin. Il est un moyen de nous arranger. QueMojana choisisse son maître. Si elle te préfère, elle esta toi.

ZEÏN. Est-ce là remplir ta parole?

s. NOUMAN. Mojana, choisis.

MOJANA. Hésiterai-je entre mon bien-aimé et ce sauvage farouche! O mon seigneur! ton esclave t'aimera toujours.

(Elle se jette ilans les bras de Sidi Noumao.)

S. NOUMAN. O Mojana! — Zeïn, tu m'ôterais une esclave qui m'aime tant !

ZEÏN*. Vous êtes faits l'un pour l'autre... et moi que je suis malheureux! En naissant j'ai donné la mort à ma mère. A douze ans, j'ai crevé un oeil à mon frère d'un coup de flèche... et voilà qu'aujourd'hui j'ai voulu tuer mon ami. Je lui ai reproché un

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l)ieiifait... Oh! cela est indigne d'un Arabe. — Adieu, Sidi Nouman.

s. NOUMAN. Zeïn, demande-moi quelque chose que je puisse te donner.

ZBÏN. Je n'ai besoin de rien. Je retourne à mes tentes du désert.

s. xouMAN. Reste auprès de ton ami.

ZBÏN. Je ne puis.

s. NOUMAX. Pourquoi me fuis-tu?

zEÏx. Un jour peut-être je te tuerais. Je me connais bien.

s. NOUMAN. Tu as le droit de me tuer, je mérite toute ta colère...

ZEÏX. Quoi, c'est une femme (jui l'a rendu parjure; (jui m'a presque rendu assassin ! Mais moi, pour posséder queltjucs chameaux, n'ai-je pas rendu plus d'une épouse veuve, et plus d'un enfant orphelin!

s. NOUMAN. Reste avec moi, ou je te suivrai au désert.

ZEÏN. El cette esclave, y viendra-t-elle ?

s. NOU.MAN. J'ai une sœur qui est belle, Zeïn. Je lui donnerai*...

ZEÏN. Frère, dis à ton esclave d'ôter son voile, que je la voye* encore une fois avant de partir.

s. NOUMAN. Mojana, fais ce qu'il souhaite... Jette un regard d'amour sur Zeïn, car il est mon ami...

ZEÏN. Sidi Nouman, «{u'Allah !... i Avec fureur.) Tiens, battons-nous, et que le sabre en décide!

s. NOUMAN. Voilà ta frénésie qui te reprend! Mojana, retire-toi.

ZBÏN. Il se met devant la porte. Non, arrête, Mojana ! (A Sidi

Nouman.) Parjure! lâche! traître! infâme parjure, tu ne m'échapperas pas!...

s. NOUMAN. Malheureux Zeïn, que fais-tu?

ZEÏN. Cette femme est à moi. Que m'importe qu'elle t'aime, ou te déteste*? N'ai-je pas dompté plus d'un étalon farouche? je saurai bien réduire cette pouline*. Mojana, suis ton maître, ou je te coupe la tête.

.MOJANA à Sidi Nouman*. Seigucur mon Hoii, défcndsmoi!

s. NOUMAN. Arrête.

ZEÏN. Tire ton sabre.

s. NOUMAN. Tu ne peux te défendre... ta main tremble...

ZEÏN le blessant. QuC dis-tU de Ce COUp-là ? s. NOUMAN le Irappant. Et de Celui-ci*...

ZEÏN renversé. Réjouis-toi, Cordouan, tu as renversé le héros de l'Yémèn.

s. xouMAX. Malheureux! j'ai tué celui (jui m'a sauvé la vie!

ZEÏN. Et moi, j'ai combattu contre mon hôte! moi, scheïck des Humeïdas les hospitaliers ! Allah ! Allah ! tu es juste !

s. NOUMAN. Et moi, quels tourmens ne mérité-je pas! je me suis parjuré par la Caaba la prohibée, et j'ai tué mon ami.

.MOJANA. Seigneur!...

s. NOUMAN. Misérable ! c'est toi qui l'as tué. Tu n'es

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pas une femme, tu es (|uelqne Afritc '•*... Êblis luimême.

zEïx. Kblis... il m'attend!... Adieu, frère... Abjer... ne l'oublie pas... Il y a une négresse de Dongola qui est grosse de moi... iii meurt.)

s. xou.MAX. Mon frère! Zeïn, Zeïn!

MOJANA. Seigneur, permets à ton esclave...

s. NOUMAN lui doiinanl un coup de poignard. TlCllS, malHeU-

reuse! c'est le sang de Zeïn ([ui se mêle au tien... Allons, Zeïn, nous restons amis. Cette femme est morte... Zeïn? Zeïn?... Tu ne réponds pas, frère?

B. MUSTAFA entrant. Seigueur, le soupcr cst prêt et la pièce finie.

s. NOUMAX. Ah! cela est dillerent. (Tousse relèvent.) MOJANA

Mesdames et Messieurs,

C'est ainsi que finit I'Amoih akhicaix, comédie, ou si vous voulez tragédie, comme l'on dit maintenant. Vous allez vous écrier que voilà deux cavaliers bien peu galans. J'en conviens, et notre auteur a eu tort de ne pas donner à son Bédouin des sentimens plus espagnols. A cela, il ose répondre, en prétendant que les Bédouins ne sont pas dans l'usage d'aller apprendre leur monde à Madrid, et que leur amour se ressent de la chaleur du Sahara. — Que pensez-vous de l'argument? — Pensez-en ce que vous voudrez; mais excusez les fautes de l'auteur.

fin de l'amouk afiiicain.

NOTES

1. Le mot Sidi, devant un nom propre, désigne* un musulman qui a fait le pèlerinage de la Mecque.

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