CHAPITRE
Page 5. — L'honmme naît ignorant, il ne nait point sot ; et ce n'est pas même sans peine qu'il le droient.
C'est presque le contraire qu'il fallait dire. L'homme naît toujours ignorant, très-souvent sol; el quand il ne l’est pas, rien de plus aisé quede le rendre tel, ni malheureusement de plus conforme à l'expérience.
La stupidité et le génie occupent les deux extrémités de
— Qu'une nation diffère peu d'une autre nation.
— Qui vous Je nie?
— Que les Français, élevés comme les Romaïns, auraient aussi leur César, leur Scipion, leur Pompée, leur Cicéron.
— Pourquoi non? Donc chez quelque nation que ce fût, la bonne éducation ferait un grand hamme, un Annibal, un Alexandre, un Achille, d'un Thersite, d'un individu quelconque ! Persuadez <els à qui vous voudrez, mais non pas à moi.
Pourquoi ces noms illustres sont-ils si rares chez ces nations même où tous les citoyens recevsient l'éducation que vous
Monsieur Helvétius, une petite question : Voilà cinq cents enfants qui viennent de nalire ; on va vous les abandonner pour être élevés à votre discrétion ; dites-moi cogbien nous rendrezvous d'hommes de génie? Pourquoi pas cinq cents? Pressez bien toutes vos réponses, et vous trouverez qu'en derniète ana— Ayse elles se résoudront dans la différence d'organisation, source primitive de la paresse, de la légèreté, de l'entêtement et des autres vices ou passions.
Page 42. — Les vrais précepleurs de notre enfance sont les objets qui nous environnent.
— Il est vrai: mais comment nous instruisent-ils?
— Par la sensation,
— Or est-il possible que l'organisation étant différente, la sensation soit la même?
Melle est sa diversité, que si chaque individu pouvait se créer une langue analogue à ce qu'il est, il y aurait autant de Langues que d'individus; un homme ne dirait ni bonjour, ni adieu comme un autre.
— Mais il n'y aurait donc plus ni vrai, ni bon, ni beau?
— Je ne le pense pas; la variété de ces idiomes ne suffrait pas pour altérer ces idées.