‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 68 sur 116 · Passage cité par Naïseon · texte numérisé non relu

Passage cité par Naïseon

l'autorité s'emploie en faveur des opisions les plus contradietoires : reproche fait aux auteurs sacrés, dans des = hétérodoxes où l'on remarque à chaque ligne le même défaut, avec cette différence qu'il est un peu plus permis à l'homme de be el Encore une observation, et je ferme le premier volume. Helvétius dit quélque part (je crois page 20) : Le vau de L'homme médiocre, c'est de n'avoir point de supérieur, Hélyétius, dites de tout homme, cela est dans vos principes; n'exceptez que l'homme supérieur qui peut-être se croit l'homme

unique.

Nos désirs les plus illimités se réduisent à gardér les avantages de notre sort et à envahir les avantages du sort d'autrui ; c’est là toute. la valeur de ce propos si commun et si ridicule: je voudrais bien étre à sa place. Mécontents du présent et du passé, il n'y a point d'avenir dont nous craignions moinsque du nôtre.

Avant que de passer au volume suivant, il me prend en fantaisie de réciter à Helvétius l’histoire de quelque grande découverte ct d'entrémèler ce récit de quelques questions,

Des parents, qui n’étaient'ni pauvres ni riches, avaient plusieurs enfants ; ils faisaient cas de l'éducation, et pour assurer l'éducation decés enfants, ils eo étudiaient les dispositions naturelles… et cela vous paraît fou ? Is erurentapercevoir dans l'ainé de deux garçons qu'il avait du goût pour la lecture et pour l'étude, Ils l'envoyèrent aucollége dela province où il se distingua, et de là à Paris, dans les classes de l'université où ses maîtres ne purent jamais vaincre son dédain pour les frivolités de la scolastique. On lui mit entre les mains des cahiers d'arithmétique, d'algèbre et de géomérie qu'il dévora. Entraïné par la suite à des études plus agréables, il se plut à la lecture d'Homère, de Virgile, du fasse et de Milton, mais revenant toujours aux il comme un époux infidèle, las de sa maitresse, en témps à sa femme. Monsieur Helvélius, qu'est-ce qu'il y a de merveilleux et de fortuit dans tout cela ?

A la promenade, chez lui à La chute du jour, la nuit dans l'insomnie, son habitude était de révernégligemment à quelques questions désespérées, entre lesquelles il préféreit la quadra Lüre du cercle, Les lunules d'Hippocrate de Chio lui révenaient ans césse, et il se disait : Il est aussi impossible qu'il y ait

INTITULÉ L'HOMME. aout

Je demande à Helvétius s’il voit ici plus de chance que dans l'exécution d'un projet de finance et la suite d'un procès au Palais et au Châtelet? Cependant l'histoire de cette prétendue découverte est celle de toutes les découvertes réelles. Si Helvétius me répond opiniâtrément: Hasard, hasard... je dis: Élevons des autols au hasard et plaçons son nom à la tête de tous les ouvrages de génie. à

S'ilavoue que c'est une affaire de logique, j'insisterai et je Jui demanderai s'il croit tout esprit capable de cette logique? S'il répond qu'oui, je Jui répliquerai qu'il n'y a peut-être pas un bomme au monde capable de prononcer sur la solution de mon jeune homme, sans l'avoir examinée, puisqu'il n'y en a certsinement pas un en état de démontrer la possibilité ou l'impossibilité de la seconde condition de l'espace qu'il se flatte d'avoir trouvé,

Et puis après une histoire sérieuse, un petit conte gai.

Jupiter avait diné chez les Galactophages(ces Galactophages n'étaient point des hommes ; car, certainement il n'y avait point encore d'hommes sur la terre solitaire et muetw), et le père des dieux se proposait bien de se dédommager d'un diner frugal par un bon souper. En attendant, on commence un whist; on joue, on se querelle. Jupiter prend de l'humeur et crie : Est-ce qu'on me servira point? On sert, Les dieux s'asseyent en tumulte, et Jupiter se trouve placé entre sa femme et Minerve sa fille; la déesse de la Sagesse avait son père à sa droite et Momus à sa gauche. Son père lui donnait des conseils fort sérieux: car Jupiter est sérieux, même dans le vin; ct Momus, ivre ou à jeun, toujours fou, lui serrait la mai, lui pressait le genou et lui débitait des sornettes, « Ma fille, lui disait Jupiter, entre la poire et le fromage, il y a environ cinquante-cinq siècles et demi que j'accouchai de vous; vous commencez à devenir grandelette; que ne vous mariéz-vous? Je n'aime pas le célibat; tous les célibataires, mâles où femell des vauriens. Plus je vous examine, plus je vous trouve p: à bien faire et à bien élever des enfants; vous serez une bonne épouse el une excel lente mère. La virginité est une vertu bien stérile. Allons, mon enfant, promets-moique tu t'ennuieras un jour d'être vierge...»

1. Ne seraltcs point 1à 09 + mémoire de mathématiques » aaquol Didarot (ait allusion dans !s Toitre qua nous avons citée plus haatt (Notice préliminaire du Dialogue entre Diderot et D'Alembert.)

INTITULÉ L'HOMME. us

et leur criait : » Parlez donc, belles dames ; avez-vous résolu de passer l'éternité dans votre trou? Où en êtes-vous de votre triste besogne? » Minerve lui répondit : «indigne ! scélérat! elle est faite; va nouschercher une nourrice. » Momus va et revient avec une grosse joufllue, sans raison, sans souci, riant sans savoir pourquoi, parlant sans cesse sans'savoir ce qu'elle dit. On lui donne l'enfant, elle l'emporte. Momus et Minerve s'en retournent au ciel, chacun de son côté, et la Vérité reste au fond de son puits, où elle est encore.

— Et le bâtard?

— Je ne finirais jamais si j'entreprenais de vous raconter ses fortunes diverses. Voyez-vous cette énorme suite devolumes?

— Mais c'est l'Histoire universelle, compilée par une Société de gens de lettres.

— Et la sienne.

— Eh! vous avez raison ; le bâtard de la Folie et de la Sagesse délivrée par la Vérité, et le filleul de Jupiter, allaité par la

.… Souise, c'est l'homme.

M fut toute sa vie véridique et menteur, triste et gai, sage et fou, bon &t méchant, ingénieux et s0t, sans qu'on ait jamais pu effacer entièrement les traits qu'il tenait de son père, de.sa | mère, de son parrain, de la sage-femme et de sa nourrice. Paresseux, ignorant et criard dans son enfance; insouciant et libertin dans sa jeunesse; ambitieux et sournois à cinquante ans; philo— sophe et rabâcheur à soixante; il mourut la tète dans le petit béguin de sa nourrice, jurant qu'il aimait son parrain à la folie, letayantune peur du diable de l'aller trouver.

Comme j'achevais ce conte, j'ai reçu la visite d'un jeune Alle- "mand, appelé Linschering, qui m'a raconté un fait assez singu= ‘lier : c'est qu'entre ses condisciples il y en avait un, la risée de tous les autres par sa profonde inaptitude pour l'étude des langues.

Linschering en eut pitié et se proposa de le relever d'un mépris qui désolsit cet enfant, en lui donnant quelque talent qui le mit de niveau avec le reste de la classe.

1 l'applique à la géométrie, et la première leçon fut la pro= position la plus compliquée des Éléments, le rapport de la sphère AS

cylindre.

Ce problème devint le centre de tous les théarèmes et de tous

RÉFUTATION

SUIYIE

LLLIELTE

L'HOMME

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