CHAPITRE XIII
Page 414. — Celui qui peut donner de l'argent n'en donne pas toujours à la personne la plus honnête.
Etque m'importe qu'il fasse des catins, pourvu que les catins ne fassent pas des ministres?
On peut certainement enflammer un peuple de la passion de Is gloire sans l'intervention de l'or, c’est-à-dire qu'on aura des sujets très-belliqueux, des conquérants, des chevaliers, des paladins; pour des savants, je vous en défie, à moins que votre petite colonie placée comme Lacédémone, ne soit environnée de Wations instruites : mais alors sa durée sera bien précaire,
La résolution générale de toutes les nations de jeter dans la mer tout leur or est absurde à supposer, Il est donc bien plus
INTITULÉ L'HOMME, [oil
Falconet était venu à Pétersbourg avec un assez grand nombre de tableaux qu'il avait recueillis en Angleterre. L'impératrice les vit et n'en prit que quelques-uns, et à un prix
ajoutant à ce sujet que Falconet père serait mécontent, mais qu'il ne considérerait pas que ce n'était pas elle qui payait.
Hbid. — A quel signe reconnait-on le luxe nuisible? À l'espèce de marchandise étalée sur les boutiques. Plus ces marchandises sont riches, moins il y a de proportion dans la fortune des citoyens.
Au lieu dé dire plus ces marchanïlises sont riches, ileût peutêtre été plus juste de dire : Plus ces marchandises sont mauvaises, et plus elles affichent la richesse; plus les fortunes sont inégales, plus le luxe de misère est étendu,
Les boutiques où les marchandises sont vraiment riches-sont en petit nombre et peu fréquentées. Colles où la richesse apparente des marchandises sert de masque à la misère sont sans nombre,
Page 131, — Qu'on anantisse la moitié des richesses d'une nation, si l'autre moitié est à peu près également répartieentretous Les citoyens, l'État sera presque également heurcux et puissant.
Je doute de l'un et je nie l'autre. Comment resterait-elle aussi puissante, si les nations circonvoisines et rivales ont conservé toute leur richesse? Comment serait-elle aussi heureuse, si ses jouissances sont moindres? Et elles le seront de tout ce que la modicité de la fortune ne permettra pas d'appeler à grands frais des contrées éloignées,
On ne boit guère de vin de Bourgogne et de Champagne dans Ta Suisse. Diminuez la richesse des Suisses de moitié, et l'on y en boira bien moins.
IL faut à ne contrée, dit Helvétius (page 132), ou de l'argent, ou les lois de Sparte, ou le danger d'une invasion prochaine, Les loïs de Sparte seraient la ruine de la nation, s'il était possible de les y introduire. C'est Helvétius qui le dit. Le danger de l'inwasion sera donc d'autant plus grand que la somme de la richesse sera moindre. Comment at-il donc pu assurer, paragraphe précé— dent, que si l’on jetait dans la mer la moitié de notre or, nous n'en serions ni moins heureux ni moins puissants?
Ibid, — Le crime le plus habituel des gouvernements de d'Europe, c'est leur avidité à s'approprier tout l'argent du peuple.