Histoire de la Révolution française, VII, p
INTRODUCTION xjx
la contemplèrent un jour en ont gardé dans les yeux €t dans le cœur un éblouissement impérissable. Barère lui-même, le triste Barère, qui fut un des ouvriers les plus actifs du 9 thermidor, sentait, dans sa vieillesse, peser sur lui les ombres des justes. Il sanglotait en songeant à la mort de Robespierre, et il écrivait sur Saint-Jusl ces lignes qui sont la glorification de la victime et la condamnation des assassins :
« S'il eût vécu dans le temps des Républiques grecques, il aurait été Spartiate. Ses Fragments prouvent qu'il aurait choisi les institutions de Lycurgue; il a eu le sort à' Agis et de Cléomène.
« S'il fût né Romain, il eût fait des révolutions comme Marins, mais n'aurait jamais opprimé comme Syila. Il exécrait la noblesse autant qu'il aimait le peuple.
« Sa manière de l'aimer ne convenait sans doute ni à son pays, ni à son siècle, ni à ses contemporains, puisqu'il a péri; mais du moins il a laissé en France €t au xviii' siècle une forte trace de talent, de caractère et de républicanisme.
<( Son style était laconique, son caractère était ■austère ; ses mœurs politiques sévères : quel succès pouvait-il espérer?
« Ce qui distingue l'esprit de Saint- Just est Tau- 'dace. C'est lui qui a dit le premier que le secret de la Révolution est dans le mot osez; et il a osé...
« C'est lui qui a dit que le repos des révolutionnaires est dans la tombe, et il y est descendu à vingt-sept ans.