CHAPITRE X\V
Des lois du commerce.
L'une des meilleures institutions de la France, c'est que les juges du commerce soient élus parmi les négociants; cette loi met de la vertu dans un ordre qui ne connaît ordinairement que l'intérêt.
Celle qui laisse le commerce des Indes libre à tous les Français, n'est pas moins admirable, elle encourage le commerce d'économie, si favorable aujourd'hui aux mœurs de la liberté; elle ouvre une carrière à ceux que la vertu de l'Etat régénéré eût laissés oisifs.
La France a plus gagné en adoptant cette loi de Genève qui condamne les enfants à payer les dettes de leur père ou à vivre déshonorés, que si elle eût soumis cette république : il vaut mieux con(]uérir des lois que des provinces.
Les jurandes peuvent être avantageuses pour le commerce, mais non pour les corps de métier ; elles forcent le négociant à se fixer, elles le rendent citoyen, au lieu qu'il ne serait qu'un avare vagabond; elles font connaître la solidité de son crédit. PoUr ce qui est de l'artisan, ses mœurs importent moins à la fortune publique, et s'il veut acquérir la confiance, il faut qu'il fixe son domicile.