‹ Œuvres complètes;Chapitre 97 sur 144 · CHAPITRE V De V Armée de len-e · texte numérisé non relu

CHAPITRE V De V Armée de len-e

Quand M. de Mirabeau^ quelques jours après le triste combat de Nancy, s'écria qu'il fallait décomposer et recon-

struire l'armée, les uns ne reconnurent plus la sagesse et la présence d'esprit de ce grand homme, les au très vraiment ingrats crurent apercevoir un trait de génie qui blessait la constitution.

Il est certain que la dissolution de la force publique eût achevé de rompre la discipline ; car il ne faut pas confondre l'insubordination avec l'amour de la liberté; les régiments demandaient leurs comptes aux états-majors; je me représentai les Numides en Afrique, et non pas les mutineries républicaines des soldats de Rome.

Le corps militaire de France a, dans sa constitution douce, quelque chose de violent qui n'a ni principe ni objet. On ne rendra jamais citoyenne une troupe réglée indépendante des lois civiles. Qu'on se rappelle les Mamellus en Egypte, les Janissaires en Turquie, les gardes Prétoriennes à Rome, c'étaient de véritables étrangers dont le fer était la loi, le camp, la patrie. Il semble que l'armée de ligne soit devenue passive au milieu des gardes nationales; c'est là précisément le motif de la jalousie, ou d'une rivalité secrète.

La France a déclaré qu'elle renonçait à l'esprit de conquête ; elle fera bien d'aimer la paix ou de licencier ses troupes aux approches d'une guerre offensive.

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