‹ OEuvres complètesChapitre 114 sur 655 · FOR THE POE MEMORIAL · texte numérisé non relu

FOR THE POE MEMORIAL

Into himself resolved bj Death’ s great change ,

The poet rouses with his clear, free tone,

His century too frightened to hâve known

That Death itself would praise in voice so strange.

’Twas like sonie hydra , who an Angel heard Brea/he strains too pure for tongues less pure to tell ,

And thought the shining one had drunk the spell 0/ sonie black wave, ail noisonie and perturbed, —

Oh strugg/e that the earth with Heaven maintains !

If my belief maj not be sculptured there,

To niake the tomb above the poet’ s dust more fair, —

That block which ever dark disaster stains, — - At least that granité should in future stay Poe’ s old blaspheniers froni their evil waj.

Cet hommage aux signataires de vers rendu, mes charmantes et pieuses associées dans la manifestation si noble que fut la fête appelée le POE MEMORIAL, ou l’érection du tombeau, me voici abrité contre le soupçon que j’enveloppe des êtres d’élite dans aucun blâme.

A côté de l’Amérique que vous et moi portons haut dans notre estime (il est, hélas ! comme un pays dans un pays), j’en sais une à jamais offusquée par cet éclat trop vif, Poe.

Que lui pourrait réclamer la race du prince spirituel de cet âge, si superbement appelé aussi quelque part* « un des plus grands héros littéraires »; sinon de ne l’avoir point asservie et forcée à l’admiration et enchaînée à son triomphe. Reproche étrange et pour la première fois

* Baudelaire : Edgar Poe, sa vie et ses œuvres (Histoires extraordinaires).

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peut-être formulé par les bouches humaines ! pas dénué de sens. Le devoir est de vaincre, et un inéluctable despotisme participe du génie. Cette force, Poe Pavait (j’en appelle à l’admiration française de ces temps qu’il a fascinée). Son tort fut simplement de n’être placé dans le milieu exact, là où l’on exige du poëte qu’il impose sa puissance. L’homme, qu’il fut, souffrit toujours de cette erreur du sort; et qui sait, — aux deux seules phases extrêmes de sa vie quand il trempa les lèvres dans une coupe mauvaise, vers le commencement et la fin, - — si l’alcoolique de naissance qui tout le temps qu’il vécut ou accomplit son œuvre, si noblement se garda d’un vice héréditaire et fatal, ne l’accueillit sur le tard, pour combattre à jamais avec l’illusion latente dans le breuvage le vide d’une destinée extraordinaire niée par les circonstances ! Comme de bonne heure, victime glorieuse volontaire, il avait demandé à cette même drogue un mal que ce peut être le devoir, pour un homme, de contracter, et sa chance unique d’arriver à certaines altitudes spirituelles prescrites mais que la nation dont il est, s’avoue incapable d’atteindre par de légitimes moyens.

Arcane qui ne revêt cette précision que dans l’absolu ; et peut, cependant, répandre en la sérénité d’un peuple quelque trouble subtil.

Aussi je ne cesserai d’admirer le pratique moyen dont ces gens, incommodés par tant de mystère insoluble, à jamais émanant du coin de terre où gisait depuis un quart de siècle la dépouille abandonnée de Poe, ont, sous le couvert d’un inutile et retardataire tombeau, roulé là une pierre, immense, informe, lourde, déprécatoire, comme pour bien boucher l’endroit d’où s’exhalerait vers le ciel, ainsi qu’une pestilence, la juste revendication d’une existence de Poëte par tous interdite.

La biographie de Poe n’est plus à faire chez nous : le suprême tableau à la Delacroix, moitié réel et moitié moral, dont Baudelaire a illustré la traduction des Contes (ce chef-d’œuvre d’intuition française traduit*

* The Works of Edgar Allan Poe, including the choicest of his Critical Essays, non) first published in this country, with a study of his

LES POEMES D’EDGAR POE

précède une édition anglaise) hante à bon droit les mémoires. Les notes rapides qu’on va peut-être feuilleter ne traitent que de rares faits se rattachant par quelque point à la conception ou à l’exécution des poèmes : sans que j’empiète davantage sur la critique littéraire.

A qui, cependant, voudrait connaître l’existence simple ou monotone d’homme de lettres que mena véritablement le poète (dans un pays où pareil état est surtout un métier), je signale l’excellente Vie de Poe par Gill* *, riche en détails certains; et, introduction nécessaire aux Contes et aux Poèmes publiés à Londres, le noble Mémoire mis par ce critique sagace et loyal, John Ingram, avant la première de ses deux éditions anglaises de l’Œuvre, durables comme l’œuvre même**.

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