I. — Texte
La Mode . Mme Marguerite de Ponty.
Explication de la lithographie à l’aquarelle et du patron découpé de grandeur naturelle, ainsi que des gravures noires placées dans le
texte . Marguerite de P...
Chronique de Paris (Théâtres, Livres,
Beaux-Arts, Échos des salons et de
la plage) . Ix...
Le Carnet d’Or. Premier feuillet :
Menu d’un déjeuner au bord de la
mer . Le Chef de Bouche
chez Brf.bant.
Deuxième feuillet : Une Corbeille de Jardin au mois d’août.
Nouvelles et Vers. — Vers : La Dernière
Pensée de Weber . Th. de Banville.
Nouvelle : l'Aveu . François Coppée.
Gazette et Programme de la Qiiinzaine (Distractions ou solennités du monde).
La nouvelle de M. François Coppée finira dans la 2e livraison, où paraîtra une poésie de M. Sully Prudhomme.
IL — Accessoires
Lithographie à l'aquarelle (hors-texte) et Patron découpé de grandeur naturelle; Gravures noires placées dans le texte.
Toilette coloriée d’Automne.
Patron de la Toilette d’Automne.
Première page. — Toilette des premiers jours d’automne, bleu marine et bleu turquoise, avec guipure noire perlée.
Page du milieu. — Costumes en drap et en beige pour petit garçon et petite fille de huit à dix ans.
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PROSES DIVERSES
Le second numéro et beaucoup des suivants publieront à la première page un groupe de deux figurines; et donneront, par conséquent, deux toilettes de dames indépendamment des deux costumes d’enfants.
Les maisons de confiance dont le nom suit présentent aujourd’hui leur carte aux lectrices de La Dernière Mode.
Associées au luxe de la couverture et participant à la rédaction même du journal grâce au voisinage de la Correspondance avec les Abonnées, nos annonces s’offrent, sous un titre spécial, comme les cartes de visites des grands établissements de Paris. Sans publier un amas d’adresses assemblées par le hasard ou en vertu de combinaisons étrangères à l’intérêt du client, nous fournissons les renseignements nécessaires à une personne, même éloignée de Paris, pour suivre de tous points la Mode.
Avis
Nous faisons précéder la Correspondance avec les Abonnées de l’Explication des Accessoires, Lithographie à l’Aquarelle du jour et Patron découpé de grandeur naturelle, servis, ainsi qu’une couverture spéciale et le texte du numéro-spécimen, comme Première livraison. Ces détails n’ont pu trouver leur place ordinaire au cours du texte, imprimé, pour le numéro-spécimen, un mois avant les modes d’automne; ils se rencontreront, dorénavant, à la page 2, ainsi que toute note relative aux gravures. Telle que nous la présentons aux lectrices, cette livraison du 6 septembre 1874 inaugure la collection future du journal.
Explication de la Lithographie à l'Aquarelle du 6 septembre îSy 4 (N° 25) : Toilette d’automne. — Première jupe en faille tourterelle, garnie devant d’un grand volant à plis plats et derrière de trois volants coupés de biais et montés avec de petites fronces trois fois répétées : ourlets à l’endroit et piqûre à la machine. La tête, également de biais, est en soie comme le jupon; un biais de velours marron la sépare du grand volant; des pointes en velours terminées par un gland de chenille tombent sur les trois volants. Entre le volant du devant et ceux de derrière, sont posés de grands nœuds en velours à la pièce.
Tunique en cachemire gris perle ayant la forme d’un tablier très-long et pointu tout à fait; elle s’attache derrière à la ceinture, sous un gros nœud de velours marron se terminant par une frange de chenille comme celle du tablier. Ce dernier est entièrement garni en longueur avec des tresses de soie marron, placées de distance en distance et simulant des rayures sur l’étoffe, qui est plus claire. Bordure de plume posée au bord de la tunique. Confection
PROSES DIVERSES
en pareil avec tresse et plume comme sur le tablier. Un flot de velours marron tombe sur le dos, tandis que quatre glands activent le vêtement, dont un pan est gracieusement rejeté sur l’épaule. Le corsage à basques derrière et à pointes devant doit être en cachemire, avec le milieu du dos, le petit gilet et les manches, en faille. Les basques bordées de plume, ainsi que la petite poche de côté.
Patron découpé de grandeur naturelle. — Rien, dans ce patron, qui demande une explication différente de celles données à propos de la toilette du 6 septembre 1874 (N° 25); il l’offre à nos lectrices, presque toute faite, coupée et disposée avec une clarté dont elles nous sauront gré.
CORRESPONDANCE AVEC LES ABONNÉES
6 septembre 1874.
Mlle la Baronne de C..., à Nancy : Votre lettre nous est parvenue à temps. Nous avons commandé votre chapeau chez Mlle Baillet et vous le recevrez le 8 ou 10 de ce mois. Nous sommes à votre disposition pour les autres achats. — Mme de Vert..., à Marseille : Indépendamment des patrons que nous donnons tous les mois, vous pouvez recevoir n’importe quel patron de tunique, de corsage ou de confection, moyennant l’envoi préalable de fr. 1,25 en timbres-poste. — M. L. B..., à Caen : Vous nous avez adressé 1 fr. 50 de trop pour votre abonnement de 6 mois; il sera prolongé de dix semaines. — Mme M. de St-A..., à Varennes : Dans notre second numéro de septembre, nous donnerons une toilette de jeune fille de 15 ans et une toilette avec imperméable pour le même âge; oui, nous pourrons vous faire couper en papier le patron de l’un ou de l’autre de ces vêtements moyennant 1 fr. 25. — Mmes B..., à Paris : Nous partageons entièrement votre opinion sur les maisons dont vous parlez et nous ne ferons certes pas une « édition réclame ». Nous sommes d’avis que les étoffes doivent être achetées dans une maison de confiance et remises à une célèbre ou à une bonne faiseuse. Notre courrier de modes est destiné à instruire nos lectrices de ce qui se porte et se portera. Mille remerciements pour les éloges que vous donnez à notre Première édition (sans texte). — Mme M. S..., à Issoudun : Vous pouvez obtenir un second patron tous les mois, moyennant 3 fr. par semestre, mais il faut que nous puissions choisir le patron (qui sera celui de la gravure coloriée que publie, le 15 de chaque mois, notre édition sans texte). Si vous nous indiquez, en dehors de ce choix, le patron que vous désirez, cela vous coûtera 1 fr. 25 par patron, coupé spécialement pour vous.
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PROSES DIVERSES
La Correspondance est succincte une première fois; quoique nos abonnées soient nombreuses, il en est peu avec qui nous ayons eu le plaisir de faire ici connaissance. Les quelques mots, par nous éparpillés tout à l’heure dans divers coins de la France, traitent surtout de questions relatives au service du journal, qu’il importe au début d’élucider; ainsi que des commissions très-variées que nous nous offrons de faire pour nos abonnées seules, dans tous les magasins de Paris, notamment ceux recommandés par nos cartes. Toutefois, il y a encore mille autres motifs à correspondance dont nous n’omettrons aucun : conseils particuliers sur la mode, explication (plus détaillée qu’elle ne l’est dans le texte) d’une de nos toilettes ou d’une de nos recettes d’ameublements, de table, etc. Causerie relative à une bonne œuvre. Aujourd’hui, j’offre pour combler cette lacune, à celle de nos lectrices dont je n’ai pas pu écrire le nom plus haut, c’est-à-dire à presque toutes, la primeur de deux costumes d’automne par moi composés à leur intention. Simple histoire d’entrer en matière (car cette chose, hors-texte, est indépendante du nombre régulier de toilettes présentées par nos gravures). Aux lectrices, enfin, qui hésiteraient à prendre la plume, soit pour me charger d’une acquisition à faire en leur nom, soit pour demander au journal des conseils sur le sujet qui tient les mères au cœur, l’éducation des enfants; j’annonce deux paragraphes spéciaux sur ces choses si différentes, joints dès la prochaine fois à la Correspondance sous ces titres :
LES BONS MARCHÉS Conseils sur l’Éducation
Adressés d’une façon générale à toutes les femmes d’intérieur, ces avis-là, quoique ne portant pas un nom de distinction, auront, nous n’en doutons pas, un accès familier et certain près de chaque lectrice. Un professeur dans des lycées de Paris a bien voulu, quant à nos Conseils sur /’ Éducation nous promettre son concours éclairé, toutes les fois qu’il s’agira de recommander un ouvrage nouveau d’éducation, digne des suffrages maternels, une méthode, etc., ou même un maître et une maîtresse; nous aurons, par le fait de cette bonne fortune, de véritables consultations universitaires.
Tout cela se trouve remplacé, cette fois, par :
Deux costumes de saison — Le premier de ces deux costumes se portera à un dîner ou à une représentation théâtrale; le second, en visite :
I. — Première jupe en velours noir, ayant un haut volant froncé en pareil; une garniture avec tête de chaque côté et
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à plis contrariés se pose au-dessus du volant : ces deux têtes doublées de satin noir.
Tunique façonnée en velours à la pièce et en guipure écrue : le devant du tablier est formé de trois biais très-larges en velours noir séparés par des entredeux; ces biais vont en se rétrécissant vers le côté qui est relevé par deux plis fort en arrière. Cette garniture, qui se pose en travers, forme le bas du tablier, dont le haut est fait avec des biais et des entredeux placés en longueur. La tunique forme écharpe derrière.
Manches très-courtes, entourées de guipure et relevées sur l’épaule par un petit nœud mi-partie velours noir, et mi-partie faille écrue.
Corsage à basque ronde tout autour, fort petite : il est ouvert en cœur avec fraise de guipure écrue et plissé de tulle noir à l’intérieur; sur le côté, petit nœud semblable à celui des manches.
II. — Faille grise avec deux volants à gros plis plats : trois plis gris et trois pensées. Tunique grise en forme d’habits, dont les pans garnis de plume fuient de côté et sont pointus au lieu d’être carrés; derrière, la tunique est grise et carrée, elle s’entoure d’un volant plissé pensée : trois volants froncés sont disposés avec garniture de plumes sur cette tunique, chacun relevé au milieu par un nœud à une coque, et deux pans dont l’un gris, et l’autre pensée; avoir soin de les contrarier. Ceinture ronde avec nœud derrière, semblable aux autres.
Marguerite de P.
LA MODE Bijoux
{Paris, le /er août 1S74 )
Trop tard pour parler des modes d’été et trop tôt pour parler de celles d’hiver (ou même de l’automne) : bien que plusieurs grandes maisons de Paris s’occupent déjà, à notre su, de leur assortiment pour l’arrière-saison. Aujourd’hui, n’ayant pas même, par le fait, sous la main les éléments nécessaires pour commencer une toilette, nous voulons entretenir nos lectrices d’objets utiles à l’achever ; les Bijoux. Paradoxe? non : n’y a-t-il pas, dans les bijoux, quelque chose de permanent, et dont il sied de parler dans un courrier de Modes, destiné à attendre les modes de juillet à septembre.
Cherchons le Bijou, isolé, en lui-même. Où ? partout ; c’est-à-dire un peu sur la surface du globe, et beaucoup à Paris : car Paris fournit le monde de bijoux. Quoi! toute
MALLARMÉ
PROSES DIVERSES
contrée, comme, par sa nature, une flore, ne présente-t-elle pas, issu des mains de l’homme, un écrin complet ? L’instinct de beauté et de relation avec les climats divers, qui règle, sous chaque ciel, la production des roses, des tulipes et des œillets, est-il étranger à celle des pendants d’oreilles, des bagues, des bracelets ? Fleurs et joyaux : chaque espèce n’a-t-elle pas comme qui dirait son sol ? Tel éclat de soleil convient à cette fleur, tel type de femme à ce joyau. Cette harmonie naturelle régna dans le passé, mais elle semble abolie dans le présent; si l’on en excepte les peuples aux yeux de tous demeurés barbares, ou encore certains paysans qui, chez nous, passent pour rebelles à la civilisation. La Civilisation! lisez « l’époque où a disparu presque toute puissance créatrice... dans la Bijouterie comme dans le Mobilier »; et, dans l’un comme dans l’autre, nous sommes forcés ou d’exhumer ou d’importer. Importer quoi ? les bracelets de verre filé de l’Inde et les pendants d’oreilles en papier découpé de la Chine ? non; mais, souvent, le goût naïf qui préside à leur confection. Exhumer quoi ? les lourdes parures des siècles oubliés, faites pour rehausser, par un éclat violent, les velours de théâtre et les brocarts de sacristie : point, mais la hardiesse avec laquelle elles se placent, comme des touches magistrales, sur la coutume. Qui sait ? il nous faut même aller jusqu’au point de jonction antérieur de ces deux inspirations, très-différentes, de l’art de l’orfèvre : c’est-à-dire dans l’antiquité classique et barbare. Notre Musée Campana (on s’en souvient) : demandez aux grands joailliers, qu’ils s’appellent Froment-Meurice, Rouvenat ou Fontenay, si leur admirable science, toute critique, ne vient pas de là, ainsi que des vitrines de l’Hôtel de Cluny, ou du comptoir parisien des marchands japonais, voire algériens.
Ainsi le seul Paris se plaît à résumer l’univers, musée lui-même autant que bazar : rien qu’il n’accepte, étrange; rien qu’il ne vende, exquis. Londres, certes, a des bijoux, singuliers, massifs, et j’y vois un certain charme intime, préférable seulement à un de nos défauts, à nous : à savoir, dans la joaillerie, d’être spirituels; demeurons simplement, ici, des ornemanistes. La Décoration ! tout est dans ce mot : et je conseillerais à une dame, hésitant à qui confier les dessins d’un Bijou désiré, de le demander, ce dessin, à l’Architecte qui lui construit un hôtel, plutôt qu’à la faiseuse illustre qui lui apporte sa robe de gala. Tel, en un mot, l’art du Bijou; et, ceci dit pour n’y jamais revenir, passons de quelques lieux communs à quelques détails.
Rien que de simple : il est prouvé maintenant qu’une promenade de plusieurs après-midi sur les boulevards, rue de la Paix, au Palais-Royal, et dans quelques ateliers célèbres, suffit à nous apprendre « tout ce qui se fait de mieux
PROSES DIVERSES
au monde », pour employer dans son sens propre une formule banale.
Notons, si vous le voulez bien, Mesdames, les rares objets de pierres et de métaux précieux qui peuvent concourir à la parure succincte de vos filles : avant de traiter plus complètement notre sujet relatif à un âge de jouissance et de plénitude de la vie.
Voici quelques bijoux qu’une mère élégante pourra choisir à l’intention d’une jeune personne de dix-huit à vingt ans : pour la Toilette de Ville, des boutons d’oreilles en or, unis, avec petite boucle assortie qu’on passe dans un velours noir à nouer autour du cou. Autre chose ! je cherche dans mes souvenirs d’hier, et j’évoque : une charmante parure à nouer toujours autour du cou, en corail rose, très et très-pâle, avec collier semblable; une autre en turquoises avec la même petite boucle (ce qui est tout à fait jeune fille), ou encore en turquoises et perles. Je vois même, en y songeant, des pendants d’oreilles et une petite broche en forme de flèches, avec perle fine à l’extrémité; cela, délicieux. Tout le monde a au bras le bracelet portebonheur, d’or uni ou avec perles et turquoises; et au doigt une bague, une seule, toujours simple, sans brillants ni émeraudes, émaillée, ou tout au plus ayant une petite miniature. Dans le domaine de la fantaisie, on pourra choisir des pendants d’oreilles et une croix en vieil argent avec pierreries genre antique : que le joyau vienne de Bretagne ou de Provence, de Normandie, d’Allemagne ou de Hollande. Les bijoux portés de Jour étant tout autres que ceux du Soir, nous aurions grand soin si, par exemple, nous devions composer une corbeille de mariage, d’y placer des uns et des autres.
Une Corbeille de Mariage! Nous commencerions par y mettre une paire de pendants d’oreilles tout en or, d’un travail absolument artistique, longs (car la Mode le veut ainsi), à quoi nous assortirions une jolie croix avec chaîne; une deuxième parure en lapis, pierre très-appréciée aujourd’hui, et une troisième plus habillée : des cabochons grenats en forme de poires ou de pommes dont la queue est garnie de diamants. Boutons de manchettes assortis à chacune de ces garnitures.
Nous choisirions ensuite, pour Dîners ou Soirées, des boutons d’oreilles et un médaillon dont le milieu serait occupé par une très-grosse perle noire entourée de trois rangées de brillants; c’est un objet tout nouveau, en ce moment, chez les grands bijoutiers : ceux dont nous citions les noms plus haut ou d’autres encore.
Une fort belle parure prendrait place à côté de la précédente : composée de saphirs taillés en tablettes et entourés
PROSES DIVERSES
de brillants. Cette pierre, recherchée plus que jamais à l’heure qu’il est, efface un peu de son éclat moins vif les superbes émeraudes. Collier pareil. Je préférerais ces joyaux variés aux éternels solitaires en brillants, que nous avons connus si longtemps.
Qui veut connaître des bracelets ? J’en ai vu hier un splendide en or et rubis; puis plusieurs bagues en brillants ou émeraudes, ou bien avec camées (ces derniers revenant à la mode). Je vous laisse choisir l’agrafe pour le châle.
Un petit flacon, soit en ors différents, roses, verts ou jaunes, Louis XV ou Louis XVI, à guirlande (ou moderne, en émail avec des feuillages et des oiseaux japonais) étant un objet indispensable à côté du mouchoir de dentelles, nous n’aurions garde de l’oublier; non plus qu’un éventail : en soie noire avec ganse rose, bleue ou grise pour Toilette du Matin, en soie blanche avec tableau pour les Cérémonies. Le Sujet se place de côté et non plus au milieu. Toutefois, rien ne vaudra jamais un éventail, riche tant qu’on voudra par sa monture, ou même très-simple, mais présentant, avant tout, une valeur idéale. Laquelle ? celle d’une peinture : ancienne, de l’école de Boucher, de Watteau et peut-être par ces Maîtres; moderne, de notre collaborateur Edmond Morin. Scènes de perrons d’hôtels ou des parcs héréditaires et de l’asphalte et de la grève, le monde contemporain avec sa fête qui dure toute l’année : voilà ce que nous montrent ces rares chefs-d’œuvre placés en des mains de grandes dames.
Tout cela étalé un instant sous votre regard, Mesdames, entre, à divers titres, dans la Corbeille : et un cachemire des Indes d’un prix quelconque, ce vêtement nécessaire ne se portant que très rarement (car la Mode ne l’admet plus comme habillé). Qu’il glisse, ce châle, des épaules avec ses plis orientaux et enveloppe d’autres merveilles : tout le délicieux écrin que nous avons, pierre à pierre ou perle à perle, raconté. Quant aux dentelles, nous les voulons d’un grand prix, cet ouvrage, sorti des mains des fées elles-mêmes, ne connaissant point la médiocrité. Volants, pointes, tunique, éventail, ombrelle : du Chantilly; volants, tunique, éventail, ombrelle ou mouchoir : de l’application de Bruxelles (point à l’aiguille ) ; il n’y a qu’à ne pas choisir ! Nous n’encombrerions pas de velours et de soie notre Corbeille, ces tissus étant du domaine de la Couturière; et à propos de Couturière, je me suis laissé affirmer — mais faut-il prédire ! — que nous devions nous attendre à un changement absolu dans la tournure. On prétend qu’elle n’a plus de raison d’exister, les tailles ne devant plus être soutenues : puisque cela est un fait presque vieux qu’elles se portent longues et même très-longues.
PROSES DIVERSES
La Mode, cette fois, ne viendrait-elle pas du Salon de Peinture ? On a vu d’abord avec étonnement, puis non sans quelque satisfaction, un portrait et même plusieurs, où de jeunes et modernes visages dominaient une de ces longues tailles des siècles derniers. Il y aura ce point curieux à éclaircir, au commencement de Septembre, si cette résurrection doit durer la saison prochaine! Aussi bien, maintenant, les yeux éblouis par des irisations, des opalisations ou des scintillements, ne pourrions-nous regarder, sans peine, quelque chose d’aussi vague surtout que l’Avenir.
Marguerite de Ponty.
Explication de la lithographie à l’aquarelle du jour ( hors-texte ) et du patron découpé de grandeur naturelle ainsi que des gravures noires placées dans le texte.