‹ OEuvres complètesChapitre 23 sur 655 · ANGOISSE · texte numérisé non relu

ANGOISSE

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête En qui vont les péchés d’un peuple, ni creuser Dans tes cheveux impurs une triste tempête Sous l’incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes Planant sous les rideaux inconnus du remords,

Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges. Toi qui sur le néant en sai&-plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse M’a comme toi marqué de sa stérilité,

Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d’aucun crime ne blesse, Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,

Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

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