‹ OEuvres complètesChapitre 25 sur 655 · LE SONNEUR · texte numérisé non relu

LE SONNEUR

Cependant que la cloche éveille sa voix claire A l’air pur et limpide et profond du matin Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire Un angélus parmi la lavande et le thym, ^ . • <

Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire, Chevauchant tristement en geignant du latin Sur la pierre qui tend la corde séculaire,

N’entend descendre à lui qu’un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse, J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal,

De froids péchés s’ébat un plumage féal.

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse ! Mais, un jour, fatigué d’avoir enfin tiré,

O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.

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