CHAPITRE II
Historique.
§ 1. Deux langues en présence l’une de l’autre en 1066, année de la Conquête du territoire Anglo-Saxon par les Normands : Y Anglo-Saxon et la Langue d'Oil; que valent l’un et l’autre de ces idiomes ?
§ 2. Origines de Y Anglo-Saxon. Le Haut et le Bas-Allemand; à ce dernier appartient le Gothique. Traces littéraires :
LES MOTS ANGLAIS
Version des Evangiles, par Ulphilas, en Mceso-Gothique; fragment du parler de cette époque. Invasion de Y Ile-de-Bretagne au parler Celte, par les Anglais et les Saxons. Vestiges du Latin de Jules César et du Celte dans Y Anglo-Saxon devenu la langue du pays; les Jutes. Trois dialectes. Le Christianisme et le Latin des Missionnaires. Période brillante de Northumbrie : B céda, ses Chroniques; Cedmon, sa Trilogie. Ravageurs Danois, et nouveau dépôt Scandinave dans la langue. Période glorieuse de Wessex, avec Alfred-le-Grand. Même fragment que tout-à-l’heure, en Anglo-Saxon de maintenant. Comparaison : Vestiges encore de Déclinaisons, mais Préposition devant les Noms. Beauté et maturité de ce parler national.
§ 3. Lors de l’Invasion Normande, où en était le Français ? Ses quatre dialectes, dont le Normand. Fragments dans cette langue (l’un postérieur, l’autre antérieur, d’un siècle) pris à la Chanson de Roland et à la Cantilène de Sainte-Eulalie. Traits de ressemblance avec le Français du XIXe siècle, et le Latin. Vestige de Déclinaison, et Préposition devant les Noms. Caractères spéciaux; dont l’un est une paresse à proférer les Vocables. Origines Gallo-Romaines : l’invasion franque, l’oubli du Celtique.
§ 4. Tels les deux éléments linguistiques, à la Conquête : malléables encore et déjà stables; leur lutte de la Bataille d’Hastings aux Contes de Cantorbéry : date médiane (entre 1042 et la fin du xvie siècle) : soit 1250. L’Anglo-Saxon perd ses désinences casuelles que ne garde pas non plus l’idiome envahisseur. Dualisme du langage, celui des vainqueurs et des vaincus. Dernier Eclat de la Littérature Anglo-Saxonne, avec le Brut de Layamon et V Ormulum (d ’Orm). Triomphe du Français introduit, mais il se déforme; exemples. Juxtaposition des deux langues dans un même vers, même dans certaines figures de style propres à Chaucer. L’Anglais du Roi (Édouard III) règne, ayant absorbé tout l’élément Normand- Français : en un parler indissolublement un. Tentative patriotique des Dialectes, la Traduction de la Bible, par Wiclif, et le Poëme de Piers Plowman; depuis le xive siècle ce sont des Patois : l’un d’eux aura Dumbar et Burns, et parfois Walter Scott. L’ Angleterre aura Shakespeare, Milton, Byron, etc. ; l’Amérique, Poe, Longfellow , etc. : aucun de ces dépositaires de l’âme nationale ne songe à séparer les deux éléments conjoints qui font la beauté de leur langue.