DECEIVE
Tout ceci, ordinaire et constant : viennent maintenant les anomalies, explicables parfois, et parfois fortuites. Expliquer, on le peut, to peel, appeal, conceal, peler, appeler, celer, to appertain, contain, sustain, ou autres Composés de notre tenir, to proclaim et la foule de ces Verbes : qui perdent les finales — ER et celle — EJVIR (ier groupe de la 2e conjugaison), développant en une diphtongue VE muet ou la voyelle pure que suit une L, une M, un N, afin que ne tombe pas complètement leur Terminaison, accentuée. A eux ne se rattachent point, par exemple, to peep, pour pépier, to exceed, pour excéder, ou to succeed, to appear, A’ apparaître, to refrain et attain, A' atteindre et de réfreindre, (cas réservés aussi à l’étude de l’influence latine). Ne pas y mêler le rejet, pour un autre, d’un son, auquel se montre plus ou moins rebelle l’Anglais : vocal comme dans to recruit, pour reculer, ou to fail, pour faillir, et consonnant comme dans to perk, pour percer. Citerai-je quelques vocables dans la foule de ceux qui n’invoquent d’autre titre à la possession d’une Terminaison que la commodité d’une forme déjà faite où entrer, l’erreur et même le non-sens : ce sont, présentés dans le désordre qui les caractérise, to recover comme to cover, ou recouvrer comme couvrir, to boil comme to broil, ou bouillir comme brouiller, to parley, parler, comme to obey, obéir, to sally, saillir, comme to sully, souiller, et to retrieve, pour retrouver, comme to relieve, pour relever, dans le sens de secourir, to astonisfi, étonner, comme to abolish, abolir, to assail, assaillir, comme to rail, railler, to pray, prier, comme portray, portrait; et to deliver, pour délivrer, et to abate, pour abattre, et to rejoice, pour réjouir, etc., etc. Page véritablement faite pour servir de transition entre l’étude régulière qui vient d’être tracée par deux paragraphes du présent Chapitre, et ce que va montrer d’exceptions et de bizarreries le troisième.
LES MOTS ANGLAIS
§ 3. Singularités.
A côlé de ces lois, spacieuses et simples comme tout effort naturel (c’en est un que l’amalgame de deux parlers différents), il va falloir embrasser, et même pas positivement, une exception nombreuse : plutôt la dispersion entre mille sens divers de notre trésor apporté à l’Anglais. Le parallèlisme des Corps de Mots et des Terminaisons, suivant une route jusqu’ici quasiment la même, disparaîtra : celles-ci douées d’une remarquable symétrie, ceux-là quelquefois incohérents. Sans presque d’autre lueur qu’un désir vague de logique, apporté dans la confusion d’abord la plus inextricable, peut-être pourra-t-on éclairer les limbes de l’Anglais : où rien, en ce cas comme ailleurs, ne relève complètement de l’absurde.
Tel mot, vite proféré par un peuple qui en ignore la tradition, perd comme qui dirait les lettres neutres où pose à peine la voix, avant tout VE muet initial; ceci a lieu à tout instant comme dans apartment, canvas (canevas), fortress ou plush (peluche) ; ou, au contraire, il se neutralise tout à fait, devenant un tout harmonieux, mais comme exempt d’arrête et de saillie, ainsi que fierce (pr. firce), jadis féroce, et coax, qui fut cocasse. Que cela n’aille pas, cependant, jusqu’à la chute naïve d’une portion du mot, cas de cruet, pour cruchette, CHUM, pour camarade, curfew, pour couvrefeu, et kerchief, mouchoir, pour couvrechef, to print, pour imprimer, to scan, pour scander, tin, étain (surtout en signifiant fer blanc), troy, pour le poids à l’octroi, trump, pour triumph de triomphe (aux cartes), vamp, pour avant-pied, van, front d’une armée retrouvé dans van-guard, avantgarde, etc., etc. : procédé cjue ne justifie pas d’autre part l’essai de compensation impliqué dans slang, argot, de langue. L’addition d’une lettre initiale défigure presque complètement notre mot, tout comme la finale gratuitement appliquée à notre expression un simple, traduit par simpleton. Autre contradiction, tantôt le dédoublement d’une lettre répétée, cas bien fréquent, tantôt la réduplication d’une lettre simple, bobbin (bobine), buzzard (busard), cotton, fillet ( résille ou filet), gallant,
GIBBET, GALLOP, GARRET OU GUARITE (venus de GUÉRITE,
l’un grenier ), haggard, jelly (gelée), jolly, pittance, taby (tabis), etc., etc. : quoiqu’il y ait lieu à deux explications, l’une, pour le premier groupe, reposant sur l’inutilité fréquente d’une double lettre en anglais, et l’autre, pour le second, suggérée par un désir de ne rien changer à la prononciation étrangère de la voyelle.
Le fait de la sagesse et de la réflexion, ce serait, pour l’Anglais, d’hésiter toujours avant d’émettre le mot français :
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mais VH en tombe, exemple ermine; ou elle y surgit, exemple h arquebuse, — ebuss et — ebus. Cela ne comporte que peu de gravité, à côté du trouble où est jeté l’esprit du linguiste par des contractions telles qu’apron, c’est tablier, de napperon; ambry, c’est armoire; to amerce, c’est placer à la merci ; que bittern, butor, et caktoo.sk, cartouche, et to chamfer, échancrer, embassy, ambassade, et J AIL (ou goal), GEOLE, et GARLAND, GUIRLANDE, et GARRISON, GAR¬ NISON, et GROGRAM, GROS GRAIN, et MEGRIM, MIGRAINE, MOLASSES, MÉLASSE, ORRIS, IRIS, PARAKEET, d’où PARROT,
perroquet, pun, d’où punster, pointe, jeu de mots, et esprit pointu, porridge, potage, perîwxg, perruque, qui a même fait wig, sans péri, surgeon, venu par chirurgeon, de chirurgien (etc., etc.). Pourquoi pas ce procédé de choisir tout de suite un autre mot, comme virole a fait ferrule : mais l’exécution de pareil souhait trouve plus d’un exemple dans nos études du commencement de ce Livre, ayant trait à une transposition, ou à une confusion, parfois heureuses, dans le sens. Rien, au cours de la liste montrée à l’instant, qui suscite chez le Lecteur autre chose que l’intelligence d’un effort désespéré de la part de l’Anglais pour ne point perdre la tradition complète de tel ou tel vocable d’importation française; or, cette lutte tout obscure ouvre rarement quelque éclaircie. L’orthographe de bottle, me paraît, elle, très habile et, pour avoir trouvé de bonne heure un caractère tout à fait anglais, sauvegarde la prononciation originelle de bouteille ; aussi de batten, bâton,