‹ OEuvres complètesChapitre 40 sur 655 · AUTRE ÉVENTAIL · texte numérisé non relu

AUTRE ÉVENTAIL

de Mademoiselle Mallarmé.

O rêveuse, pour que je plonge Au pur délice sans chemin,

Sache, par un subtil mensonge, Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule Te vient à chaque battement Dont le coup prisonnier recule L’horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne L’espace comme un grand baiser Qui, fou de naître pour personne.

Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche Ainsi qu’un rire enseveli Se couler du coin de ta bouche Au fond de l’unanime pli !

Le sceptre des rivages roses Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est. Ce blanc vol fermé que tu poses Contre le feu d’un bracelet.

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