‹ OEuvres complètesChapitre 47 sur 655 · HOMMAGES ET TOMBEAUX · texte numérisé non relu

HOMMAGES ET TOMBEAUX

SONNET

(Pour votre chère morte , son ami.) 2 novembre tSjj.

— « Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombre Tu te plains, ô captif solitaire du seuil,

Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueil

Hélas ! du manque seul des lourds bouquets s’encombre.

Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre.

Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œil Avant que dans les bras de l’ancien fauteuil Le suprême tison n’ait éclairé mon Ombre.

Qui veut souvent avoir la Visite ne doit

Par trop de Heurs charger la pierre que mon doigt

Soulève avec l’ennui d’une force défunte.

Ame au si clair foyer tremblante de m’asseoir,

Pour revivre il suffit qu’à tes lèvres j’emprunte Le souffle de mon nom murmuré tout un soir. »

POÉSIES

LE TOMBEAU D’EDGAR POE

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,

Le Poëte suscite avec un glaive nu

Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu

Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange Donner un sens plus pur aux mots de la tribu Proclamèrent très haut le sortilège bu Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !

Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne.

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur.

Que ce granit du moins montre à jamais sa borne Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

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