‹ OEuvres complètesChapitre 553 sur 655 · DE CHARLES BAUDELAIRE · texte numérisé non relu

DE CHARLES BAUDELAIRE

(Paris, 1893.)

Ce sonnet fut inséré en tète du numéro du 15 janvier 1895 de la Plume, numéro consacré à Baudelaire en vue de l’érection d’un monument à sa mémoire. Il fut repris par l’auteur sans aucune variante, pour l’édition des Poésies (Deman, 1899). (Manuscrit dans la collection Henri Mondor.)

Par une lettre du 24 juillet 1892, Léon Deschamps, directeur de la Plume, demande à Mallarmé d’accepter la présidence d’honneur du comité chargé de préparer une souscription pour ériger un monument à Baudelaire, ne fût-ce que la pose d’un médaillon sur la tombe du grand poëte. Rodin a déjà accepté d’exécuter le travail. Line plaquette serait publiée : le Tombeau de Baudelaire,

NOTES F. T VARIANTES

composée des poésies que le comité demanderait à chacun de ses membres.

A la suggestion de Stéphane Mallarmé (lettre du 26 juillet), ce fut Leconte de Lisle qui fut prié d’assumer la présidence d’honneur de ce Comité et Mallarmé en fut nommé président.

Dès mars 1 893, Mallarmé écrivait à Léon Deschamps : « Gardez, dans le Tombeau la page de mon sonnet, ce sera la première de mes préoccupations. »

Te Tombeau de Baudelaire, publié aux éditions de la Plume (Bibliothèque Artistique et Littéraire), forme un recueil de 125 pages avec un frontispice de Félicien Rops. Vingt neuf poètes y collaborèrent, en tête desquels Mallarmé, dont le sonnet, sous le titre Hommage occupe la page 41 du recueil.

Sur les rapports de Mallarmé et de Baudelaire, nous renvoyons à la note qui a trait à la Symphonie littéraire.

Étrangement, c’est au poète des Pleurs du Mal qui fut la grande admiration et la majeure influence de sa jeunesse, que Mallarmé a rendu, en vers, son hommage le plus obscur et le moins convaincant.

M. Charles Mauron, dans ses Commentaires {ouv. cité) indique que le point de départ du poème est probablement une réminiscence du Vin des Chiffonniers de Baudelaire :

Souvent à la clarté rouge d’un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre.

An cœur d’un vieux faubourg, labyrinthe fangeux...

fournissant les thèmes de la flamme et de la boue.

Mais E. Noulet avait fait un rappel ingénieux : « Dans Symphonie littéraire, que Mallarmé écrivait à l’âge de 23 ans, il décrit le paysage que lui suscite la lecture des F leurs du Mal : « Là-haut, » et à l’horizon, un ciel livide d’ennui, avec les déchirures bleues » qu’a faites la Prière proscrite. »

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