P. 288. LA GLOIRE
(Paris, 1886.)
Terminant sa lettre autobiographique du 16 novembre 1885, à Paul Verlaine, Mallarmé disait : « Mais j’irai vous voir un jour, en vous apportant un sonnet et une page de prose que je vais confectionner ces temps, à votre intention, quelque chose qui aille là où vous le mettrez. »
Ce morceau devait donc être tout récent lorsque Mallarmé le confia à Verlaine pour figurer au cours de la Notice que celui-ci se proposait d’écrire pour la publication populaire de Vanier, les Hommes d'aujourd'hui, dont elle forma le n° 296 qui parut en 1886. La Gloire en occupa la plus grande partie de la troisième page, surmontée du titre Notes de mon Carnet. Ce morceau reparut, l’année suivante, dans le n° 4 du 7 avril des écrits pour l’Art. Il figura dans le petit Album de Vers et de Prose (1887) et successivement dans les recueils Pages (1891), Vers et Prose (1893) et Divagations (1897).
Le texte donné par les Hommes d'aujourd’hui avait été, évidemment, négligé par Verlaine : on y relève une ponctuation, en maint endroit, défectueuse et qui justifie la note qui accompagna la publication des Écrits pour V Art :
« Nous donnons, par l’auteur restitué avec la ponctuation,etc., un texte que l’autre jour défigura une publication illustrée : ici donc il paraît authentiquement pour la première fois.
Le surtitre Notes de mon Carnet figura également dans cette publication.
CRAYONNÉ AU THÉÂTRE
(Paris, 1887.)
Dans la bibliographie, datée Valvins, novembre lSç)(i, qu’il écrivit pour le recueil des Divagations, Mallarmé donne au sujet de cette partie du volume les éclaircissements suivants :
« Tous les morceaux suivants, à l’exception de Crayonné au Théâtre, de les Tonds dans le Ballet retrouvable en la Revue francoaméricaine, première livraison éditée par le prince André Poniatowski et du paragraphe « Le seul, il le fallait » inédit, puis de Planches et Feuillets au National Observer, exposent, selon la teneur à peu de chose près, une campagne dramatique que je fis en la Revue Inde’-
NOTES ET VARIANTES
pendante... et inoubliable, dans des conditions assez particulières — je n’allais que rarement au théâtre : d’où peut-être la chimérique exactitude de tels aperçus, et quand j’y indiquais quelque éloignement pour les feuilletons ou comptes rendus après ceux, professionnels et merveilleux, d’un Gautier, de Janin, de Saint- Victor, d’un Banville, non, du tout, je ne songeais pas, sérieusement, que le genre, honoré par ces grands lettrés, ressusciterait aujourd’hui et prodiguerait un éclat qui s’apparente au leur à tous, net, suprême, imposant, avec Catulle Mendès capable de se produire quotidiennement magnifique envers des occasions moyennes : j’essaie, devant de tels rideaux de raison, de prestige, de loyauté et de charme sur cela, qui continue, pour moi, un manque d’intérêt ou l’usage actuel du théâtre, avec furie et magie drapés, de ne percevoir pas le vide contemporain derrière. »
En regroupant ses anciens articles de la Revue Indépendante en vue du recueil des Divagations publié en 1897, Stéphane Mallarmé constitua divers chapitres avec des morceaux de ses Notes sur le Théâtre. Ce premier chapitre fut ainsi composé de toute la première partie des dites Notes publiées dans le numéro d’avril 1887 : à l’exception d’un paragraphe ainsi conçu :
« Même dans une revue, la présomption me semble fausse, en supposant (c’est à le dire fort bas ' ici) que la nécessité existe de publications confondant l’attribution double vulgarisatrice ou songeuse du journal et du livre. Ce périodique, je voudrais qu’employant l’immunité accordée au recueil de ne parler que généralement et d’évolutions comprises dans le laps peut-être d’un quart de siècle ou génération, son critère dégagé de l’évanouissement du menu fait ne déchiffrât que l’enlacement mystérieux d’une date spirituelle. L’histoire dans un pays manquant de la pièce ou célébration séculaire du mythe devant le peuple, alors s’écrirait au retour prévu de jubilés, en tant qu’amples morceaux définitifs : de résultat, point, au jour le jour. »
A partir de : « y aurais aimé... » le texte est emprunté au numéro de juillet 1887 de la Revue Indépendante (pp. 56-59). Jusqu’à « dispensateur du Mystère ».
L’emprunt aux mêmes Notes sur le Théâtre reprend au cours du troisième paragraphe suivant : depuis « Cela ne convient pas... » jusqu’à la fin.
Le passage depuis : « T’occasion de rien dire... » jusqu’à « Je m'exhibe en l'exception de ce ridicule... » était inédit.
Quelques variantes non considérables.
Ce titre : Crayonné au Théâtre avait déjà groupé dans Rages cinq morceaux : Hamlet, Ballets, le Genre ou des Modernes , un Principe des Vers et Tassitude.
Sous le titre Tassitude, ce chapitre avait, dans Pages (1891), fait l’objet d’un aménagement différent de certains éléments semblables. Le chapitre commençait de même pour les douze premiers paragraphes, jusqu’à : « ... évidence sinon d’exister », puis reproduisait
NOTES ET VARIANTES
exactement le texte des No/es sur le Théâtre de la Rente Indépendante de juillet 1887, c’est-à-dire, et dans cet ordre : un premier paragraphe, supprimé dans la version définitive et qui était celui-ci :
« Les flammes de l’été, hélas ! et d’autres ! civilisation qui veux des théâtres, tu ne sais, à défaut d’un art y officiant les construire, si bien que comme l’effroyable langue du silence gardé le feu se darde et s’exagère puis change en une cendre tragique la badauderie des villes, tout (à cette heure de clôture) communique la désuétude de la scène. Nos prochains fastes publics ou un fastidieux anniversaire s’il n’exulte par quelque démonstration comme de modernes Jeux ! ainsi que toujours se produiront sans allusion à un embrasement idéal que les couleurs patriotiques aux étages claquetant dans la brise d’insignifiance. »
Puis venait : « L'occasion de rien dire... » jusqu’à « ... en l'exception de ce ridicule » (placé après dans la version définitive) et qui dans Pages continuait :
« Comme un pitre monologuiste des cafés-concerts où le feuillage nous sert une halte entre le Théâtre et la Nature, ces deux termes distincts et superbes de l’antinomie proposée à une Critique. » Ensuite le morceau : « J’aurais aimé... » jusqu’à « ... dispensateur du Mystère... »
Le dernier paragraphe, à peu près identique depuis « ... Cela ne convient pas même de dénoncer... » commençait par :
« A part la curiosité issue de l’intrusion du livre et, puisqu'après tout il s’agit de littérature et de vie maintenant repliées aux feuillets, un désir, en ceux-ci de se déverser à la rampe, ainsi que vient de faire le Roman : je ne sais. »
Texte de la Revue Indépendante de juillet 1887.