‹ OEuvres complètesChapitre 60 sur 655 · ÉVENTAILS · texte numérisé non relu

ÉVENTAILS

A M"“ Madier de Montjau.

Aile quels paradis élire Si je cesse ou me prolonge au Toucher de votre pur délire Madame Madier de Montjau.

Jadis frôlant avec émoi Ton dos de licorne ou de fée, Aile ancienne, donne-moi L’horizon dans une bouffée.

Bel éventail que je mets en émoi De mon séjour chez une blonde fée Avec cette aile ouverte amène-moi Quelque éternelle et rieuse bouffée.

Simple, tendre, aux prés se mêlant,

Ce que tout buisson a de laine Quand a passé le troupeau blanc Semble l’âme de Madeleine.

VERS DE CIRCONSTANCE

Toujours ce sceptre où vous êtes Bal, théâtre, hier, demain Donne le signal de fêtes Sur un vœu de votre main.

A Mm< N. M.

Autour du marbre le lys croît —

Brise, ne commence par taire,

Fière et blanche son regard droit,

Nelly pareille à ce parterre.

A Mlu Geneviève Mallarmé.

Là-bas de quelque vaste aurore Pour que son vol revienne vers Ta petite main qui s’ignore J’ai marqué cette aile d’un vers.

Comme la lune l’en prie Un blanc nuage pour cold Cream étend la rêverie De Mademoiselle Hérold.

A M'"‘ Georges Kodenbach.

Ce peu d’aile assez pour proscrire Le souci nuée ou tabac Amène contre mon sourire Quelque vers tu de Rodenbach.

VERS DE CIRCONSTANCE

A ce papier fol et sa Morose littérature Pardonne s’il caressa Ton front vierge de rature.

A M"“ Seignobos.

Avec la brise de cette aile Madame Dinah Seignobos Peut, très-clémente, y pense-t-elle Effacer tous nos vains bobos.

A Ml,‘ Missia Godebska.

Aile que du papier reploie Bats toute si t’initia Naguère à l’orage et la joie De son piano Missia.

O Japonaise narquoise Cache parmi ce lever De lune or ou bleu turquoise Ton rire qui sait rêver.

A Mmc Léopold Dauphin.

Spirituellement au fin Fond du ciel avec des mains fermes Prise par Madame Dauphin Aile du Temps tu te refermes.

VERS DE CIRCONSTANCE

A Mme Gravollet.

Palpite,

Aile,

mais n’arrête

Sa voix que pour brillamment La ramener sur la tète Et le sein

en diamant.

A Mme Ponsot.

Aile, mieux que sa main, abrite Du soleil ou du hâle amer Le visage de Marguerite Ponsot, qui regarde la mer.

Juillet 93.

A Mme de R.

Fermé, je suis le sceptre aux doigts Et, contente de cet empire.

Ne m’ouvrez, aile, si je dois Dissimuler votre sourire.

Heureux pour qui, souriante et farouche Méry Laurent met le doigt sur la bouche.

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