SEPTIÈME LIVRAISON
Chronique de Paris. — La Haine, de Victorien Sardou. Dans cette chronique paraît le premier témoignage du wagnérisme de Mallarmé. Wagnérisme qui ne devait guère, à cette époque, être que platonique et sans autre fondement qu’un écho de l’admiration manifestée, treize ans plus tôt, par Baudelaire.
NOTES
(Avignon, 1869.)
Ces Notes ont été publiées par le Dr Edmond Bonniot, en tête du N° 6 de la revue Latinité (juin 1929) sous le titre général Diptyque 11 (en même temps que des notes datant de 1895) et le titre particulier T. 1865.
« Vers les années 1865-1869 », disait le Dr Bonniot dans une note explicative, « Mallarmé préoccupé des questions de linguistique, avait élaboré sur ce sujet un petit traité dont il ne reste que les notes cursives données ici, telles que nous les avons retrouvées. »
On a suivi la disposition adoptée par le premier éditeur qui avait précisé avoir séparé par des blancs les notes qui ne semblaient pas, sur le manuscrit, provenir d’un même jet.
« Ce travail, ajoutait le Dr Bonniot, avait été préparé vraisemblablement en vue d’une thèse d’agrégation. En effet, nous avons retrouvé en même temps un en-tête de chapitres ainsi libellé :
« III. Conclusions. — Vieil esprit [et il aboutira encore en autre chose dans la thèse latine, en divinité de l’Intelligence (ou spiritualité de l’âme)] devenant Intelligence (qui sans son germe final se fût égarée) • — et avant tout cette intelligence doit se tourner vers le Présent.
« Et plus loin :
« La thèse Latine. — De divinitate. »
Ces notes ne sont pas de 1865, mais très certainement de la fin de 1869. A cette époque en effet, Mallarmé fait part à son ami Henri Cazalis de son intention de préparer une licence et un doctorat, et demande des renseignements sur les Leçons de Physiologie élémentaire de Huxley, pour des études linguistiques. (Lettre du vendredi 31 décembre 1869.)
La préparation d’un cours d’anglais pour les jeunes filles d’Avignon, puis la guerre et le retour à Paris du poète, en 1871, le firent renoncer à ces ambitions universitaires, et il poursuivit ses méditations sur la linguistique de façon moins doctrinale et plus efficace pour son œuvre.
Au sujet de ces Notes, le Dr Bonniot a encore remarqué que
NOTES ET VARIANTES
l’allusion au Discours de la Méthode se rapporte aux règles de morale provisoire exposées dans la troisième partie, et particulièrement aux seconde et troisième maximes.
Dans les notes intitulées « Méthode », au paragraphe numéroté i°, le Dr Bonniot ajoutait : « Il s’agit probablement d’ « équivalence » dans les différentes langues : car un fragment retrouvé ailleurs dit ceci : « ... que tels équivalents à telle idée, modifiée de telle et telle façon, que tels sons signifient ceci, et, trouvant une langue neutre, s’il en est une, que tel son par excellence signifie ceci, a telle valeur.
« Tirer des lois phoniques qui permettent de reconnaître l’antériorité. »
Très justement, le Dr Bonniot a rapproché le dernier groupe de ces Notes du passage de Crise de Vers : « Les langues imparfaites en cela que plusieurs, manque la suprême : penser étant écrire sans accessoires, ni chuchotement mais tacite encore l’immortelle parole, la diversité sur terre, des idiomes, empêche personne de proférer les mots qui, sinon, se trouveraient, par une frappe unique, elle-même matériellement la vérité. »
PRÉFACES