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DONS DE FRUITS GLACÉS AU NOUVEL AN

A Mmt Léopold Dauphin.

Hier, voyez-la ! demain Du clavecin elle écoute Chanter le bois surhumain Et, songeuse, ne se doute Qu’un fruit d’or tombe en sa main.

Ces vils fruits ne sont que mensonge Pour un œil ravi d’épier Tout l’éclatant jardin du songe Qui mûrit sur votre papier.

A Augusta Holmes.

A courber le rameau superbe Vers votre front au pur souci,

Vous laissâtes choir parmi l’herbe Le fruit ramassé que voici.

VERS DE CIRCONSTANCE

A la même.

O belle chanteuse, ces pommes Que l’Aube aime à colorier.

Il faut, absurdes que nous sommes,

Pour vous les cueillir au laurier !

A la même.

Elle a beau faire la chouette Et claquer de son bec d’enfant Augusta sait qu’on lui souhaite Ce qu’aux autres elle défend.

A M"“ Madier de Montjau.

Sous un hiver qui neige, neige,

Rêvant d’Edens quand vous passez !

Pourquoi, Madame Madier, n’ai-je A donner que des fruits glacés...

A la même.

Sur l’An j’ouïs une alouette Éparpiller comme un joyau Des rires que je vous souhaite Madame Madier de Montjau.

A Madame Seignobos.

Avec mon souhait le plus tendre,

Comme il sied entre vieux amis,

Dans cette main qu’on aime à tendre Je dépose le fruit permis.

VERS DE CIRCONSTANCE

A la même.

Malgré la neige qui me fouette

Le front, comme aux temps les plus beaux

Je viens en ami qui souhaite.

Chère Madame Seignobos.

A la même.

Vite renoncez l’Ardèche Autrefois qui nous fit siens Le cher vent, la branche sèche Pour les fruits parisiens.

A une dame polonaise, femme d’un médecin.

Le médicament le meilleur Qu’un « oïczé »* puisse prescrire A mes yeux las de vieux veilleur Est de revoir votre sourire.

L’an nouveau qui vous caressa Toujours la même sans rature Apporte aussi ce fruit et sa Monotone littérature.

* Père, en polonais.

Si par un regard de fée haute Ou lasse seuls voilà mangés Mes fruits constants, c’est votre faute A vous qui non plus ne changez.

Ces vers qui se ressembleront !

Prêtez-leur la voix spontanée De dire, moins que votre front, Le mensonge de toute année.

A M"'e Léopold Dauphin.

Ce papier, comme si Dauphin Y piquait mainte tache noire !

Pour vous, témoin discret et fin,

Cache le fruit couleur de gloire.

A la même.

Je ne crois pas qu’une brouette D’espoirs, de vœux, de fleurs enfin Verse à vos pieds ce que souhaite Notre cœur, Madame Dauphin.

A la même.

Ces fruits ! Aimez que je les cueille Désignés par votre doigt fin Comme ceux dont la verte feuille Sied au front sacré de Dauphin.

VERS DE CIRCONSTANCE

A la même.

Ce même fruit d’aucun automne Il porte à Madame Dauphin Encore notre monotone Souhait et ce n’est pas la fin.

Loin d’aucuns palmiers ou du cierge Que l’aloës érige fin Ce fruit tombe chez la concierge Des houris et dames Dauphin.

Ce bon Dauphin ne s’embarrasse Deux peignent

une chante mais La maman partage la grâce A table comme un entremets.

Trois sœurs, chacune se dispute A son tour que vous la baisiez.

Votre rire est la même flûte Que jadis venant de Béziers.

A la même.

Je regrette les quatre ensemble La maman subtile à ranger Son trio dont elle est l’exemple Non loin de la fleur d’oranger.

VERS DE CIRCONSTANCE

A la même.

Le piano tendra son aile Suave d’ample séraphin Que chaque fille maternelle Y berce Madame Dauphin.

A 'Léopold Dauphin.

Berger de deux seules ouailles Dauphin, ramasse pour leurs jeux Souriant partout que tu ailles Ces fruits sur le givre outrageux.

Avec ta queue en girouette, Léo*, pendant que tu t’assois, Dis les choses que je souhaite De loin à Madame François.

A celles dont il se moquait Quand il s’évada pour être ange Le défunt petit perroquet Jette de là-haut cette orange.

Léo, chien de Madame François.

VERS DE CIRCONSTANCE

Les seuls fruits d’or sont où vous êtes N’allez pas vous enfuir demain Et le ciel reprendra ses fêtes Sur un geste de votre main.

Grâce aux fruits humble stratagème.

Amie on peut nous envier Un souhait proféré le même Depuis tant de premiers Janvier.

Que ce fruit toute la Provence A Paris goûté par Gina Lui semble quelque redevance Au beau ciel qui l’imagina.

Ce fruit à quelque arbre confit Cueilli par un sylphe ou tout comme Exprime les souhaits qu’on fit Pour vous rue ici près de Rome.

A. Mme Gravollet.

Votre jardin. Mai me l’apprit Et malgré que la brume y traîne.

J’aime les retours en esprit A Bourg dont vous êtes la Reine.

VERS DE CIRCONSTANCE

A Mlu Paule Gobillard.

Tors et gris comme apparaîtrait Miré parmi la source un saule Je tremble un peu de mon portrait Avec Mademoiselle Paule.

A la même.

N’allez pas, en le fuyant, Paule,

Même par vagabonde humeur Tourner une jolie épaule Au vieil hommage du rimeur.

A la même.

Notre demoiselle Patronne*

Le regard limpide et rieur Verse dans ce qui l’environne Son charmant être intérieur.

Julie avec un front neigeux Enfant porte la double étoile Elle qui délaisse en ses jeux Le violon pour une toile.

L’aînée de trois jeunes filles.

VERS DE CIRCONSTANCE

Fuir la banquise et l’avalanche Julie ou les froids imprudents Il suffit pour demeurer blanche De votre candeur au dedans.

Le noble berger qu’on attend Louera Julie en fin de compte De ne s’informer s’il a tant Ou même les perles de Comte.

Mademoiselle Jeannie est Avant même que j’ose écrire Celle-là qui me rend niais Par le silence de son rire.

Sur le chignon blond de Jeannie Un diamant scintille à nos Regards quand avec le génie Elle dompte les pianos.

Comme elle casqué de lumière Quand viendra l’Archer pour Jeanny Des trois je la sais la première A ne pas répondre nenni.

VERS DE CIRCONSTANCE

Se souvenir désaltère Comme un fruit tard enfermant L’émoi de notre parterre Avec Madame Normant.

Soyez la Prieure obéie

Dans ce gré charmant que plusieurs

Vous érigent une abbaye

De leurs élans intérieurs.

L’hiver qui brille aux châtaigniers Sème les marrons froids s’il vente Sans que vous-même n’éteigniez Les feux de l’Amitié fervente.

Mieux vaudrait ne pas écrire Sur des bonbons vils qu’on sert A celle-là dont le rire Franc est lui seul un concert.

Succède-nous improvise Congrûment Monsieur Tintin A ces bonbons leur devise Autre rimeur galantin.

VERS DE CIRCONSTANCE

Mil huit cent quatre vingt neuf Ne saurait sans un blasphème Exprimer de souhait neuf A vous. Madame, la même.

Qu’une année au léger vol Comme étrennes, apparie Repos ou santé pour Paul Et le rire de Marie.

Le souci qui toujours varie L’an nouveau saura l’apaiser Si Claire aux deux fronts de Marie Et de Paul met son clair baiser.

L’hiver

vous bravez la neige Glace les fruits imprudents Que contre elle ne protège Pas une flamme au dedans.

A M"“ Georges Kodenbacb.

Mûris en azur barbaresque *

L’envoi n’est pas ce que je veux Acceptez des fruits couleur presque De la gloire et de vos cheveux.

A la même.

Vanité le verger qui dore Tel fruit ou le glace aux hivers L’heureux Rodenbach sait enclore Sa vie entre vous et des vers.

LU

A M’"e Normant.

Touchez à l’heure poursuivie Fructidor avec Messidor Où Qui fut constante à la vie En devine choir les fruits d’or.

LUI

A M”“ Vonsot.

Le Temps

nous y succombons Sans l’amitié pour revivre Ne glace que ces bonbons A son plumage de givre.

Aujourd’hui l’amitié triche Comme un crabe nous voulons Que cet An de la bourriche Pour vous sorte à reculons.

VERS DE CIRCONSTANCE

A Madeleine.

Pâris qu’un jugement décore Présenterait sur le chemin Vers vous belle et plus simple encore Une pomme de chaque main.

A Mme Seignobos.

Comme un délicieux effet Ou, je dirai plus, en échange Du soleil que votre cœur fait Considérez la fauve orange.

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