‹ OEuvres complètesChapitre 641 sur 655 · SONNET ADRESSÉ A M. MALLARMÉ LE JOUR OÙ IL EUT CINQUANTE ANS · texte numérisé non relu

SONNET ADRESSÉ A M. MALLARMÉ LE JOUR OÙ IL EUT CINQUANTE ANS

Cinquante heures de nuit préparatoire, ô Maitre ! Demain s’éblouiront d’aurore, et nous saurons A l’ombre magistrale errante sur nos fronts.

Qu’on a vu sourdre l’or et la lumière naître.

Eux aussi vont jurer que pas un ne fut traître Au doigt qui désignait l’aube rouge des troncs.

Te jour croît. Vous verrez tous les mauvais larrons.

Qui fuyaient de vous suivre au désert, reparaître.

NOTES ET VARIANTES

Ils donneront à qui méprisa leur troupeau

La gloire qu’ils rêvaient de pourpre sur leur peau '

Et les lauriers d’argent piqués aux fers de lance ;

Mais nous n’ entendrons pas ces voix soûles de bruit ,

Car nous aurons coupé pour le plus pur silence

Sous vos pas créateurs les roses de la nuit. P

17 mars 1892. Pierre LOUŸS. ,

En 1899 parut le Tombeau de Stéphane Mallarmé , poëme, par 1 Emmanuel Signoret. (Bibliothèque du Saint-Graal, à Puget- Théniers.) Il fut réédité dans Poésies complètes d’Emmanuel Signoret , préface d’André Gide ( Mercure de France, 1908). Ce poëme com- 1 porte deux parties : « Symphonie à la mémoire de Beethoven » 1 et « La Fontaine des Muses » à la mémoire de Michel Ange et de ' Benvenuto Cellini.

En 1906, Francis Vielé-Griffin publia un recueil, Plus loin, | contenant un poëme intitulé In memoriam Stéphane Mallarmé (Paris, Soc. du Mercure de France).

Il existe aussi un Tombeau de Mallarmé par Plenry Charpentier.

Page 1