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AUTRES DONS DE NOUVEL AN

Théière

Eva, princesse ou métayère Allumeuse du divin feu En y posant cette théière Saura le modérer un peu.

Miroir

Clair regard furtif sur soi-même Ce miroir vous l’enfouirez Dans quelque robe rose ou crème Sitôt vos cheveux admirés.

VERS DE CIRCONSTANCE

Miroir

Cet humble miroir s’ennuyait De ne refléter ton visage Ou, par la fenêtre, en Juillet Quelque autre moins doux paysage.

« Verre d’eau »

A Mme Méry Laurent.

Ta lèvre contre le cristal Gorgée à gorgée y compose Le souvenir pourpre et vital De la moins éphémère rose.

Au COL d’un chat de faïence noir*

A la même.

Lilith confie à votre soin Ce rejeton qu’elle fit naître Pour qu’assis en un petit coin Ainsi vous revoyiez son maître.

Indication de l’Auteur.

IJ2 VERS DE CIRCONSTANCE

Chaufferette ancienne

A. la même.

Mon très vieux cœur ne dissimule Ici l’espoir que vous groupiez Au gré de l’une ou l’autre mule La braise éparse sous vos pieds.

Dons de mouchoirs

Acclamez d’un petit bruit d’aile Son nez qui jamais ne prisa.

Mouchoirs, sans cacher le fidèle Sourire de notre Élisa.

Quand s’approchera de son nez La batiste qu’elle déploie, Mouchoirs, pour Élisa sonnez Toute une fanfare de joie.

Si vous faites naufrage, Élisa, tout nous sert. Agitez ces mouchoirs sur un îlot désert.

Celle ici qui ne prisa Que l’amitié simple et franche

VERS DE CIRCONSTANCE

Veut pour son nez

Élisa

Une pure toile blanche.

Mieux vaut sécher le coryza Que des larmes, bonne Elisa.

Lisa

que votre nez répète Le salut dans chaque mouchoir D’une impartiale trompette A l’an qui se lève ou va choir.

Quoique à ses pieds une sultane Ensemble n’en voie autant choir Lisa, recevez de Stéphane Mallarmé maint et maint mouchoir.

Ces mouchoirs un peu trop donnés Lisa souriante sans cesse Ne les approchez pas du nez Qui manque à la jeune Princesse*.

* Princesse, petite chienne japonaise.

VERS DE CIRCONSTANCE

Gateau de marrons

Respirer à chaque bouchée De ce gâteau qu’on entama Si l’on ne veut être couchée Avec du mal à l’estomac.

Livres aux Étrennes

A Julie.

Ce poëme devenu prose.

Comme tout se passe à l’envers !

Moi qui devrais pour chaque rose Ne vous envoyer que des vers.

A la même.

Sur Pégase si bien en selle Où que vous jette son élan Restez Bibi, Mademoiselle Julie, avec le nouvel an.

A la même.

Ici même l’humble greffier Atteste la mélancolie Qui le prend d’orthographier Julie autrement que Jolie.

VERS DE CIRCONSTANCE

A la même.

Julie ou Bibi du Mesnil Rêvant à l’endroit nommé deux Ne méprisez ni le nez ni 1’ Hommage ému de vieux messieurs.

A la même.

Le rire trop prompt à se taire Dont votre air grave est diverti L’ombrage d’un autre mystère Que le seul chapeau Liberty.

A sa pupille.

Celle qui sous le ciel si vite Atteint une exacte hauteur.

Fleurit, svelte lys et n’évite Qu’à son pied reste le tuteur.

A Jacques Roujon.

Sois correct, une étude sûre Y mène, Jacques, ô farceur,

Tu tireras avec mesure

Les cheveux naissants de ta sœur.

MAI.LARMF.

Au même.

Jacques le compagnon, superbe, aîné, chasseur Ne médis pas du Ciel qui commande : Et ta sœur

Au même.

Avec un livre d’images.

Je te donne, Jacques, l’ami Les premiers ans de Franc Lamy.

A Méry Laurent.

L’an a changé de chemise Ainsi dans un geste fier Méry garde la main mise Sur tous ses trésors d’hier.

A la même.

Tu changes d’an comme de robe A ta toilette met la main Ce quatre-vingt-seize dont l’aube N’est pas celle d’un lendemain.

A la même.

Sans les mettre dans vos souliers Comme Noël aux châtelaines Déesse, il sied que vous fouliez Plutôt d’un pas nu ces fleurs vaines.

VERS DE CIRCONSTANCE

A la même.

Ne t'inquiète pas ! souci Hasard, tout un an je souhaite Que rien n’étonne ton sourcil Vaste comme un vol de mouette.

A Mme Normant.

Sois chez Madame Normant Peut-être un parfum qu’elle aime Humble bouquet ne formant Ce souhait que pour toi-même.

A Mme Whistler.

L’an s’en va quoique Wistler nie Ou par Vous on sache oublier Sourire

grâce

autre génie De renverser le sablier.

A la même.

Nos vœux

flûte vaine ou le vent Je les tairai

Whibley préfère Vous veniez joyeuse au devant Du seul souhait que je peux faire.

VERS DE CIRCONSTANCE

Quelque hiver sur mon front morose Un flocon de neige creva Que de l’ongle mutin et rose Vous seule dispersez, Eva.

Année attends pour y naître Ses mains réchauffant ton vol Madeleine à la fenêtre Du somptueux entresol.

Sourire et jeunes parfums Vous dites très haut : Que n’ai- je ?

Et des almanachs défunts Aussi faites une neige.

A une enfant.

Qui vogue sur les flots ? ohé !

C’est l’Arche de Monsieur Noé.

A M'"e Odilon Redon.

Roses, je deviens Céladon Aux pieds de Madame Redon.

VERS DE CIRCONSTANCE

A M"“ Henry Calait s.

Chaque fleur rêve que Madame Alice Cazalis va respirer son calice.

Je fais ce don, si votre amitié l’accueillait.

Que mon sourire ici brille dans chaque œillet.

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