XLI
Pour être mis en musique par Gabriel Fabre.
Au solennel champ de blé Quand la brise se déroule Sourit l’espoir assemblé De pain pour toute la foule.
Notre ami Monsieur de Jouy Sur qui les ans ne peuvent mordre, O mes chers hôtes ! qu’ai-je ouï.
Est nommé Conseiller de l’Ordre.
Paon*, je n’aurais pas osé croire Que cet été-ci m’octroyât O délice mieux que la gloire De porter ce livre à Royat.
Paon, du souci qui m’éloignait Je suis quitte aujourd’hui Dimanche,
Surnom donné à Mme Méry Laurent.
Et je vous baise le poignet Si vous écartez votre manche.
Avant que six heures ne sonne A la gaine du corridor J’apparaîtrai chez la personne Qui porte une coiffure d’or.
Feuilletez, et l’un comme l’une Avouez que je m’y connais,
Moi, personne peu clair de lune En très-vieux albums japonais.
Exemplaire de la Conférence sur Villiers de VI sle-Adam offert à M”“ Berthe Manet.
Vous me prêtâtes une ouïe Fameuse et le temple; si du Soir la pompe est évanouie En voici l’humble résidu.
Envoi au Salon des XX, à Bruxelles, de ta Conférence sur Villiers.
Tant que tarde la saison De juger ce qu’on fait rance,
Je voudrais à sa maison Rendre cette conférence.
VERS DE CIRCONSTANCE
A des amis de Liège, à la suite d'une Conférence.
Orateur, comme à mes débuts Vous tendîtes un charmant piège !
Je rêvai, je parlai, je bus Avant que d’endoctriner Liège.
Pour F « Ouvreuse du Cirque d'Été ».
Amandine envers vous ou Jeanne Comme je me sens endetté Que nul de mes vers n’enrubanne L’Ouvreuse du Cirque d’Été.
LU
Sur des livres de prières.
Ceci, Seigneur, est mon livre de messe Où je vous nomme et vous prie en latin Afin qu’au ciel, dont je fus la promesse Triomphe tard mon regard enfantin.
LUI
Pieux livre qui ne sermonne Mais il dit : Priez et joignez Vos mains de petite Simone Vers les cieux jamais éloignés,
Ployé devant la Vierge élue Un ange autrefois la pria
VERS DE CIRCONSTANCE 161
Avec ces mots je vous salue Marie, en latin Maria.
Mon regard songeur au-dessus Du saint texte qu’il abandonne Pour séduire l’enfant Jésus Je lève un profil de madone.
Quatrain écrit pour un ami (Édouard Manet ) qui voulait mettre deux ou quatre vers au-dessous d'un Polichinelle peint par lui.
Polichinelle danse avec deux bosses, mais L’une touche le sol et l’autre l’Empyrée :
Par ce double désir âme juste inspirée,
Vois-le qui toujours tombe et surgit à jamais.
Improvisé en écoutant la musique de Léopold Dauphin.
... Ainsi qu’une fontaine à la fois gaie et noire Étincelle de feux, se cache sous le pin Coule et veut être celle où la brise ira boire, Un sanglot noté par Chopin.