‹ OEuvres complètesChapitre 83 sur 655 · STÉPHANE MALLARMÉ · texte numérisé non relu

STÉPHANE MALLARMÉ

A. la mémoire d'Edouard Manet ces feuillets que nous lûmes ensemble

LE TOMBEAU D’EDGAR POE

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,

Le Poète suscite avec un glaive nu

Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu

Que la Mort triomphait dans cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange Donner un sens plus pur aux mots de la tribu. Proclamèrent très haut le sortilège bu Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !

Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne,

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur,

Que ce granit du moins montre à jamais sa borne Aux noirs vols du Blasphème épars'dans le futur.

LES POEMES D’EDGAR POE

POÈMES

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