‹ Œuvres complètes. Texte de 1578 publié avec compléments, tables et glossaireChapitre 9 sur 68 · PIERRE DE RONSARD XI · texte numérisé non relu

PIERRE DE RONSARD XI

de notre pays. Si chacune de ces publications est attendue avec curiosité, célébrée avec enthousiasme, c'est que ce génie se renouvelle en pleine conscience de soi-même, s'inquiète de son propre perfectionnement et n'épuise pas sa fécondité.

Dès son début, Ronsard s'est placé très haut. Ce n'est pas par un recueil de vers d'amour, comme la plupart des poètes du temps, qu'il a voulu s'imposer. En dépit d'une inexpérience, qui n'est point si visible, et d'erreurs, qui ne sont point si nombreuses, les Odes de 1550 introduisent chez nous, et du premier coup, le grand lyrisme. L'Antiquité en offrait le modèle sous deux formes, auxquelles, pour simplifier, nous attachons le nom de Pindare et celui d'Horace. Le chantre de Lydie et de Phidylé apparaît comme le premier maître de Ronsard et celui dont l'influence fut le plus durable. Des affinités profondes les rapprochaient ; ils avaient en commun leur façon d'envisager le plaisir, leur enchantement de la nature et les formes mêmes de leur mélancolie. Notre poète montrait pourtant déjà un sentiment rustique plus frais et plus coloré, pris à son cher pays de Vendômois. Mais ses odes « horatiennes », quelque parfaite qu'en fût la forme, n'apportaient point d'essentielles nouveautés. Tout autres furent les « pindariques », qui s'étalent au seuil

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