‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 132 sur 336 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ENSEMBLE

PHŒBUS

inéki

Oh! la divine créature! j

Amis, de ce bal enchante Elle est la reine, je vous jure.

Sa couronne, c'est sa beauté!

Il se tourne vers MM. de Gif et de Chevreuse. |

Amis, j'en ai Tâme échauffée! i

Je braverais guerre et malheur, ^

Si je pouvais, charmante fée, Cueillir ton amour dans sa fleur! !

M. DE CHEVREUSE

C'est une céleste figure ! I

Un de ces rêves enchantés i

Qui flottent dans la nuit obscure

Et sèment l'ombre de clartés !

Dans le carrefour elle est née.

O jeux aveugles du malheur!

Quoi ! dans l'eau du ruisseau traînée ,

Hélas! une si belle fleur!

LA ESMERALDA, Tœil fix^ sur Phœbus dans la foule.

C'est mon Phœbus, j'en étais sûre.

Tel qu'en mon cœur il est resté!

Ah! sous la soie ou sous l'armure.

C'est toujours lui, grâce et beauté!

Phœbus, ma tête est embrasée!

Tout me brûle, joie et douleurs.

La terre a besoin de rosée.

Et mon âme a besoin de pleurs!

FLEUR-DE-LYS

Qu'elle est belle! j'en étais sûre.

Oui, je dois être, en vérité.

Bien jalouse, si je mesure Ma jalousie à sa beauté!

Mais peut-être, prédestinées.

Sous la rude main du malheur.

Elle et moi , nous serons fanées Toutes les deux dans notre fleur !

* IMPIIIIIEIIIB niTIOtAlC.

290 LA ESMERALDA

MADAME ALOÏSË.

C'est une belle créature!

Il est étrange, en vérité.

Qu'une bohémienne impure Ait tant de charme et de beauté !

Mais qui connaît la destinée ?

Souvent le serpent oiseleur Cache sa tcte empoisonnée Sous le buisson le plus en fleur.

TOUS, ensemble.

Elle a le calme et la beauté

Du ciel dans les beaux soirs d'été !

MADAME ALOÏSE, k la Esmeralda.

Allons, enfant, allons, la belle, Venez, et dansez-nous quelque danse nouvelle.

La Estncralda se prépare ï danser et tire de son sein i'écharpe que lui a donnée Phœbus.

FLEUR-DE-LYS

Mon écharpc!... Phœbus, je suis trompée ici, Et ma rivale, la voici!

Fleur-de-Lys arrache Técharpe \ la Esmeraida, et tombe évanouie. Tout le bal s'ameute en désordre contre l'égyptienne, qui se réfugie pr^ de Phœbus.

TOUS

Est-il vrai ? Phœbus Taimc !

Infâme! sors d'ici.

Ton audace est extrême De nous braver ainsi !

O comble d'impudence !

Retourne aux carrefours Faire admirer ta danse Aux marchands des faubourgs !

Que sur l'heure on la chasse!

A la porte ! il le faut.

Une fille si basse Élever l'œil si haut!

LA ESMERALDA

Oh'! défends-moi toi-même, Mon Phœbus, défends-moi!

L'humble fille bohème N'espère ici qu'en toi.

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