‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 150 sur 336 · DE JUSTICE · texte numérisé non relu

DE JUSTICE

CHŒUR

A Notre-Dame

\fcnez tous voir

La jeune femme

Qui meurt ce soir!

Cette bohémienne A poignardé, )e croi.

Un archer capitaine.

Le plus beau qu'ait le roi !

Eh quoi ! si belle

Et si cruelle!

Entendez-vous ?

Comment y croire ?

L'âme si noire

Et l'œil si doux !

C'est une chose affreuse! Ce que c'est que de nous!

La pauvre malheureuse !

YcncZy accourez tous!

312 LA ESMERALDA

A Notre-Dame Venez tous voir La jeune femme Qui meurt ce soir !

La foule grossit. Rumeur. Ua cortège sinistre commence i déboucher sur la place du Parvis. Files de. pénitents noirs. Bannières de la Miséricorde. Flambeaux. Archers. Gens de justice et du guet. Les soldats écartent la foule. ParaU la Esmeralda, en chemise^ la corde au cou, pieds nus, couverte d'un grand crêpe noir. Près d'elle, un moine avec un cruciBx. Derrière elle, les bourreaux et les gens du roi. Quasimodo, appuyé aux contre-forts du portail, observe avec attention. Au moment où la condamnée arrive devant la façade, on entend un chant grave et lointain venir de l'intérieur de l'église, dont les portes sont fermées.

CHŒUR, dans l'cglisc.

Omnesflu£bts ftuminis Transierunt super me In imo voraffnis JJhi plorant anima.

Le chant s'approche lentement. Il éclate enfin près des portes, qui s'ouvrent tout à coup et laissent voir l'intérieur de l'église occupé par une longue procession de prêtres en habits de cérémonie et précédés de bannières. Claude Frollo, en costume sacerdoul, est en tête de la procession. Il s'avance vers la condamnée.

LE PEUPLE

Vive aujourd'hui, morte demain!

Doux Jésus, tendez-lui la main!

ENSEMBLE

C'est mon Phœbus qui m'appelle Dans la demeure éternelle Où Dieu nous tient sous son aile.

Béni soit mon sort cruel !

Au fond de tant de misère.

Mon cœur qui se brise espère.

Je vais mourir pour la terre.

Je vais naître pour le ciel!

CLAUDE FROLLO

Mourir si jeune, si belle!

Hélas! le prêtre infidèle Est bien plus condamné qu'elle !

Mon supplice est éternel.

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