SCÈNE V
LA REINE, GILBERT5 puis SIMON RENARD, LORD CHANDOS, et les gardes.
LA REINE, k Gilbert.
As-tu imc arme sur toi ? un couteau, un poignard, quelque chose ?
GU/BERT, tirant de sa poitrine le poignard de lord Clanbrassil.
Un poignard.^ oui, madame.
LA REINE
Bien. Tiens-le à ta main. (Elle lui saisit vivement le bras.) — Monsieur le bailli d'Amont! lord Chandos!
Entrent Simon Renard, lord Chandos et les gardes.
— Assurez-vous de cet homme! Il a levé le poignard sur moi. Je lui ai pris le bras au moment où il allait me frapper. C'est un assassin !
GILBERT
Madame!...
LA REINE, bas, a Gilbert.
Oublies-tu déjà nos conventions ? est-ce ainsi que tu te laisses faire ?
Haut.
— Vous êtes tous témoins qu'il avait encore le poignard à la main. Monsieur le bailli, comment se nomme le bourreau de la Tour de Londres.^
SIMON RENARD
C'est un irlandais appelé Mac Dermoti.
LA REINE
Qu'on me lamcnc. J'ai à lui parler.
SIMON RENARD
Vous-même ?
LA REINE
Moi-même
SIMON RENARD
La reine parlera au bourreau ?
LA REINE
Oui , la reine parlera au bourreau. La tcte parlera à la main. — Allez donc !
Un garde sort.
— Mylord Chandos, et vous, messieurs, vous me repondez de cet homme. Gardez-le là, dans vos rangs, derrière vous. Il va se passer ici des choses qu'il (zut qu'il voie. — Monsieur le lieutenant d'Amont, lord Clanbrassil est-il au palais ?
SIMON RENARD
Il est là, dans la chambre peinte, qui attend que le bon plaisir de la reine soit de le voir.
LA REINE
Il ne se doute de rien ?
SIMON RENARD
De rien.
LA REINE, a lord Chandos.
Qu'il entre.
SIMON RENARD
Toute la cour est là aussi qui attend. N*introduira-t-on personne avant lord Clanbrassil ?
LA REINE
Quels sont, parmi nos seigneurs, ceux qui haïssent Fabiani.^^
SIMON RENARD
Tous.
LA REINE
Ceux qui le haïssent le plus ?
SIMON RENARD
Clinton, Montagu, Somerset, le comte de Derby, Gérard Fitz-Gerard, lord Paget, et le lord chancelier.
LA REINE, k lord Chandos.
Introduisez ceux-là, tous, excepte le lord chancelier. Allez. (Chandos sort. A Simon Renard.) — Le digne évcque chancelier n'aime pas Fabiani plus que
les autres, mais c'est un homme à scrupules. (Apercevant les papiers que Gilbert
a déposés sur la uble.) — Ah! il faut pourtant que je jette un coup d'œil sur ces papiers.
Pendant qu'elle les examine, la porte du fond s*ouvre. Entrent, avec de profonds saluts, les seigneurs désignés par la reine.