ACTE I. — DON SALLUSTE
A tout hasard. Peut-il me servir? Je Tignorc.
Ici jusqu'à ce soir je suis le maître encore. /Je me vengerai, va! Comment? je ne sais pasj \MAis je veux que ce soit effrayant! — De ce pas y^ .' Va faire nos apprêts, et hâte-toi. — Silence!
Tti pars avec moi. Va.
^-\ ^ * ,'' Gudicl salue et sort. — Don Sailustc appelant.
— RuyBlasI
RU Y BLAS, se présentant k la porte du fond.
Votre excellence?
DON SALLUSTE
Comme je ne dois plus coucher dans le palais. Il faut laisser les clefs et clore les volets.
RU Y BLAS, s*inclinant.
Monseigneur, il suffit.
DON SALLUSTE
Écoutez, je vous prie.
La reine va passer, là, dans la galerie. En allant de la messe à sa chambre d'honneur, Dans deux heures. Ruy Blas, soyez là.
Monseigneur, J'y serai.
DON SALLUSTE, k la fenêtre.
Voyez- VOUS cet homme dans la place Qui montre aux gens de garde un papier, et qui passe r Faites-lui, sans parler, signe qu'il peut monter. Par l'escalier étroit.
Ruy Blas obéit. Don Salluste continue en lui montrant la petite porte ï droite.
— Avant de nous quitter.
Dans cette chambre où sont les hommes de police. Voyez donc si les trois alguazils de service Sont éveilles.
11 va a la porte, Tentr'ouvrc et revient.
Seigneur, ils dorment.
DON SALLUSTE
Parlez bas.
J'aurai besoin de vous, ne vous éloignez pas. Faites le guet afin que les fâcheux nous laissent.
{ Entre don C^ar de Bazan. Chapeau défoncé. Grande cape déguenillée qui ne laisse voir de sa toilette que des, bas mal tirés et des souliers crevés. Épée de spadassin.
Au moment où il entre, lui et Ruy Blas se regardent et font en même temps, chacun de son côté, un geste de surprise.
DON SALLUSTE, les observant, a part.
Ils se sont regardés ! Est-ce qu'ils se connaissent 't
Ruy Blas sort.